Pour le vote des plus fragiles !

logo_03-1.pngDepuis les dernières élections européennes (2019), la loi a ouvert le droit de vote aux personnes en situation de handicap mental sous tutelle, rejoignant ainsi la situation des populations fragilisées par l’âge ou la maladie, confrontées à des difficultés comparables. Toutefois, ce nouveau droit ne va pas de soi et le nombre de destinataires en usant demeure relativement faible.

À l’occasion des élections municipales, le Cercle Vulnérabilités & Société et ses 33 membres partenaires (dont des tas d’amis !…) proposent un « kit pour remettre en mouvement les personnes », propre à renforcer la motivation des personnes en situation de handicap mental ou de fragilité mentale.

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Voter c’est discerner

Un article publié dans La Croix hier rappelle l’apport de la doctrine sociale de l’Eglise pour les chrétiens en période électorale.

La DSE n’est évidemment pas un critère de vote unique invitant à se tourner vers un candidat et un programme. L’article resitue bien la notion de « points non négociables » dans les textes dont elle est issue : la liste de ces points recoupe différents aspects de la dignité humaine, en matière d’éthique comme en matière d’économie. Plus largement, le Pape Benoît XVI avait invité, dans les textes concernés, au « respect du bien commun ». Comme a pu le dire Mgr Jean-Luc Brunin, « voter, c’est discerner ».

En resituant la doctrine sociale sous cet angle, l’article nous invite à trois actes concrets : le discernement n’est évidement pas sans lien avec la prière, véritable nourriture du discernement. Mais ce dernier nous tourne aussi vers le dialogue, notamment entre catholiques, afin de confronter nos réflexions et d’enrichir ce temps de discernement. Enfin, on peut se demander jusqu’où doit aller le discernement autour de candidats que l’on considèrerait comme « les moins pires » et si le discernement ne doit pas se porter aujourd’hui sur l’acte du vote en tant que tel, en tous cas sur la crise politique et l’urgence d’un engagement renouvelé des chrétiens. Ces élections nous invitent à nous demander, pour reprendre les mots du Pape François, que faire pour ne pas se contenter de regarder « du balcon » ? Comment répondre autrement que par le vote à notre insatisfaction politique ?

Voter en chrétien : oui mais comment ?

Un long article publié dans la Vie par Marie-Lucile Kubacki fait état des réflexions actuelles des chrétiens sur leurs critères de vote, à l’approche de la présidentielle.

Bien entendu, si plusieurs points d’attention restent partagés par les chrétiens (respect de la vie, attention au plus faible, au bien commun, à la dignité humaine et à la paix), on constate que les désaccord apparaissent dès lors qu’il s’agit de hiérarchiser ces points, notamment pour évoquer des « points non négociables ». Les constats posés par cet article nous rappellent que les chrétiens appartiennent aussi, chacun, à une sociologie, à une histoire familiale. Lire la suite

Nouvelle mise au point sur les catholiques et le vote FN

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Une étude publiée par le Cevipof (Sciences Po) illustre la pertinence de la variable de la pratique religieuse dans l’analyse du vote. Contrairement à d’autres études récentes, rapporte La Croix, cette dernière étude montrerait que les catholiques pratiquants voteraient moins pour le FN que la moyenne des Français, contrairement aux catholiques pratiquants occasionnels et non-pratiquants.

Il serait particiculièrement intéressant de compléter ces études par une approche géographique, la sociologie française – et plus spécialement la sociologie catholique – ayant tendance à évoluer vers une homogénéisation des groupes selon les espaces géographiques (urbains, périurbains, périphérie urbaine lointaine, rural, …). Non seulement les catholiques ne sont sans doute pas étrangers à cette tendance à la fragmentation spatiale, mais les récentes évolutions qu’a connu l’Eglise pourraient encore accentuer la tendance (émergence des communautés nouvelles et renouveau associatif en milieu urbain, recul des espaces d’engagement et de sociabilité traditionnels en milieu périurbain et rural, …). Le catholique des champs vote-t-il comme le catholique des villes ? Cette donnée pourrait être à l’origine de brouillages dans la perception de l’ancrage politique des catholiques, agissant par effets de concentration atténués dès lors que l’on considère les données à l’échelle nationale.

Source photo : Un bureau de vote à Evry, au second tour des élections départementales le 29 Mars 2015. Martin Bureau/AFP

Radiographie du vote catholique à la mi-janvier

ifop FC

Famille Chrétienne expose les résultats d’un sondage Ifop sur le vote des catholiques à la présidentielle, effectué à sa demande.

Si la dynamique en faveur de François Fillon semble se confirmer, il est intéressant de constater que le vote FN des catholiques pratiquants s’est considérablement rapproché de la moyenne des Français et qu’Emmanuel Macron mobilise beaucoup moins chez les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population (9% d’un côté, 17% de l’autre).

A ce stade, plusieurs facteurs amènent à prendre avec des pincettes ces intentions de vote des catholiques, comme les intentions de vote en général. Les catholiques ne sont pas plus épargnés que l’ensemble des Français par une lassitude à l’égard de la classe politique, une tendance au vote « flottant », incertain, évoluant au gré des mois et des semaines. A gauche, le champ reste encore très ouvert dans l’attente des résultats des Primaires et, plus encore, de ses suites : dans quelle mesure se dirige-t-on vers une dispersion des votes à gauche ? Les catholiques ont sans doute des positions plus arrêtées que la moyenne des Français sur les différents candidats de la Primaire de gauche, selon leur rapport au fait religieux, ce qui pourrait les amener à dédaigner le candidat socialiste, selon la personalité élue.

Vote : un catho peut en cacher un autre (ou plusieurs) …

ffDans un excellent article dans la Revue Esprit, Yann Raison du Cleuziou s’interroge sur la part du vote catholique dans le succès de François Fillon aux primaires des Républicains. Il estime entre autres que n’y voir que la trace d’un catholicisme identitaire sur le retour est au moins une surévaluation et que le vote des catholiques est beaucoup plus dispersé que certains tendant à le faire croire, en donnant des éléments de compréhension sur le moyen terme.

Interpréter le vote en faveur de François Fillon comme un signe inquiétant de la montée en puissance d’un catholicisme identitaire et réactionnaire est donc très abusif. C’est se soumettre à une déclinaison du storytelling élaboré en 2012-2013 pour mettre en récit La Manif Pour Tous.

Et autre élément intéressant, il explique comment certains catholiques réussissent d’autant mieux qu’ils sont discrets sur leur ancrage confessionnel. Un pied de nez par les faits à certains identitaires ?

On peut retrouver l’auteur ainsi que d’autres contributeurs de qualité une soirée à Saint-Merry à Paris le 24 janvier sur le thème : « Elections 2017 : des chrétiens s’interrogent ». A suivre sur le site du Centre pastoral Saint-Merry

 

 

Trump et le vote catholique

image1Donald Trump a-t-il été élu avec le vote des catholiques ? Contrairement à certains sondages pré-scrutin, il semble que cela soit confirmé, en tous cas « la droite religieuse américaine » comme l’indique Stéphanie Le Bars dans les colonnes du Monde, voire « le plus grand vote évangélique de l’histoire et aussi une majorité du vote catholique » comme l’affirme dans un très intéressant papier Maurice Page sur le site d’information catholique suisse.

Sans doute ne saura-t-on pas précisément mais il est assuré que des Américains croyant en Jésus-Christ ont permis l’élection du nouveau Président des Etats-Unis, alors que certaines de ses positions battent violemment en brêche des points clairs de la Doctrine sociale de l’Eglise entre autres (pour mémoire les paroles du Pape à son endroit). Mais du coup,  ces catholiques peuvent formuler à l’intention de Donald Trump des exigences ! Entre autres « Les défenseurs de la paix vous mettent au défi de prévenir et de désamorcer les conflits et de soutenir les institutions locales qui peuvent créer une paix durable et juste. Les défenseurs de la justice exigent que vous vous détourniez de toute forme d’intégrisme. Cela inclut une association simpliste de l’islam au terrorisme. » De nombreuses demandes qui redonnent de l’espérance, même si on peut rester perplexes sur le fait qu’elles soient entendues.

En France, Dominique Quinio le dit utilement dans les colonnes de la Tribune des Semaines Sociales, cette élection renforce elle-aussi certaines exigences : « En France, candidats potentiels et électeurs ont quelques mois pour balayer devant leur porte. Non pour faire du « copier-coller », du pseudo-Trump,  mais pour trouver des réponses claires à l’inquiétude de la population, des réponses qui ne flirtent pas avec l’extrémisme, le rejet de l’autre, l’enfermement sur soi. »