« Un chrétien est plus un prophète qu’un militant »

– Avons-nous le droit de perdre l’espérance ?

Martin Steffens – L’espérance est une vertu. Elle s’exerce donc chez nous au moment où nous sommes sur le point de la perdre. Nous ne sommes pas courageux si nous n’avons pas d’abord peur. Cela signifie qu’il y a un combat. Un combat, ici, contre le désespoir. L’espérance alors est de se dire que, de la même façon que Jésus a bien voulu « tomber » dans une crèche, Dieu « tombera » dans cette plaie-là, dans cette société-là, dans cette réalité-là. Il nous faut chercher la vie dans les démarches de mort. Peut-être en s’inspirant de la posture du prêtre confesseur qui apporte la lumière de la miséricorde de Dieu et vit quelque chose de la Passion. En acceptant de souffrir de ce dont notre monde souffre. » Une très belle interview à découvrir dans Paris Notre-Dame >>

John Milbank, La politique de la vertu

Entretien protéiforme, avec une conclusion inattendue :

Tout le monde devrait avoir un rôle dans son quartier, sa rue, son village, son lieu de travail. Dans l’Angleterre médiévale, une personne sur dix avait une sorte de rôle représentatif, aussi minime soit-il : vous pouviez être le gardien de la bière de votre village. Contrairement aux apparences, le Moyen-Âge était peut-être plus démocratique qu’aujourd’hui, dans le sens où les gens avaient plus de prise sur la vie ordinaire !