Des Dominicains, bêtes de (s)cène ?

Deux religieux en robe blanche dans les rues d’Avignon, un costume de scène ? Absolument pas pour les frères Charles et Thierry, missionnés pour être critiques dramatiques lors du festival ! Cela peut sembler tellement surprenant que Libération leur consacre tout un fort bel article, rappelant les liens unissant spiritualité et théâtre, les rencontres ainsi permises mais aussi les liens historiques entre la religion catholique et le festival d’Avignon.

« On se rappelle avec lui que l’histoire de ce lien entre le Festival d’Avignon et les religieux remonte à la naissance de la manifestation elle-même. On le doit à la relation qu’entretenaient Père Chave, aujourd’hui 98 ans, et Jean Vilar. Le premier incita le second à investir l’ensemble de la ville, en particulier les nombreux couvents. Et l’encouragea à dégager au cœur du Festival un espace pour questionner la spiritualité, «sans doute au vu des textes dramatiques anciens, travaillés par l’histoire biblique, et aussi parce que les arts contemporains posent sans cesse la question du tabou religieux». Les rencontres «Foi et culture» naissent ainsi en 1961. Elles n’ont aucun mal à être alimentées aujourd’hui, si l’on considère que les créations actuelles «répondent à la montée en puissance de la question spirituelle depuis quinze ans, après une période d’évacuation. On a cru qu’on pouvait maîtriser cette question sans la connaître. Or on voit bien aujourd’hui à quel point il faut y faire face». » 

Un article à lire par ici >>

Silence, on croit ou on croît ?

Le blog cinéma de Narthex s’interroge sur la présence importante de films à dimension religieuse ces derniers mois dans les salles obscures. C’est en ces termes que Pierre Vaccaro s’interroge : « Les chemins de la foi semblent aujourd’hui passer par ceux des salles de cinéma. Mais depuis le succès « des Hommes et des Dieux », le curseur a bougé : fini le « catho bashing », moins de moqueries, plus d’ouverture et d’écoute. Une nouvelle manière de parler de la foi s’impose au cinéma. Il y a de quoi s’interroger sur toutes ces fictions plus que bienveillantes avec le sujet. Attestent-elles d’une réelle démarche spirituelle ? D’une volonté de relater l’expérience de la foi chrétienne ? Ou prennent-elles le chemin des croisades pour nous faire le catéchisme ? » L’occasion d’un très beau billet, tant sur le plan historique que sur le plan de la représentation de la foi, à découvrir par ici >>

Le travail de St Joseph

En ce 1° mai, fête du travail et fête de St Joseph artisan, ce jour férié et chômé (= non travaillé) est l’occasion de faire une pause pour réfléchir au sens du travail : faut-il vivre pour travailler ou travailler pour vivre?

Nous pouvons méditer à partir de la prière de la messe de ce jour :

Dieu créateur de l’univers, tu veux que l’homme, par son travail te rende gloire en continuant ton oeuvre. Permets, en ta bonté, qu’à l’exemple de St Joseph et sous sa protection, nous accomplissions les tâches que tu nous donnes, et recevions la joie promise au bon serviteur.

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2018, année catholique ?

La Vie sort un numéro que la gueule de Beigbeder en Une vient parachever. Si vous êtes férus de rentrées littéraires, vous y trouverez tout un dossier sur une production de début d’année remarquable, où l’on croise bien des auteurs amis, de François Huguenin à Denis Moreau, en passant par Patrice de Plunkett et Julien Leclercq.

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Après Simone à Lyon, Dorothy à Paris !

Dorothy-Day-fondatrice-journal-The-Catholic-Worker_0_729_554Vous connaissez peut-être Le Simone, « café culturel au cœur de Lyon », inauguré par Les Altercathos (« Les alternatives catholiques » en texte plein), « association de laïcs lyonnais qui n’a pas une vocation cultuelle mais culturelle ». L’initiative vaut le détour, d’autant qu’une de nos fidèles amies du Samaritain en est de mémoire l’une des co-fondatrices et un pilier …

Mais voilà que Simone à Lyon semble envoyer sa cousine Dorothy à Paris ! Projet de « café-atelier catholique » à venir dans la capitale, Foucauld Giuliani, son coordinateur, explique dans les colonnes de La Croix l’attachement à Dorothy Day, journaliste et militante catholique, dont le procès en béatification a été ouvert en 2000, aussi bien que l’essence du projet :

L’idée, c’est de proposer un lieu qui prenne en compte toutes les dimensions de la personne humaine : la sociabilité, le travail, la vie politique et spirituelle.
Bien que créé par des chrétiens, ce lieu ne leur sera pas réservé. Nous sommes plutôt convaincus qu’assumer nos convictions sera la base d’un dialogue sincère avec les autres clients du café.

[…] Nous avons choisi Dorothy Day car cette Américaine catholique engagée incarne des choses essentielles : le souci du bien commun, la défense des plus faibles et la vie spirituelle.

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Carême : J-7

C’est le moment de s’inscrire pour vivre le carême, avec quelques propositions :

Avec les Dominicains pour Carême dans la Ville (un mail par jour)

Avec L’Oeuvre des vocations qui propose chaque jour une méditation de Mgr Jérôme Beau (trois mails par semaine)

Avec Notre-Dame du Web pour une retraite ignacienne (deux mails par semaine)

Avec les Carmes et Ste Elisabeth de la Trinité (un mail par semaine)

 

Et une autre solution pour vivre le carême, pas incompatible avec ces différentes retraites : pensez à déconnecter un peu !

Emploi fictif

La spiritualité n’est pas entrée en moi par effraction

9265Besoin d’une petite lueur dans des perspectives trop sombres ? Yves Duteil a publié un billet évoquant son livre à paraître. Et rien que l’extrait qu’il choisit offre quelques promesses. Quand bien même l’on souhaiterait aller au-delà que la seule spiritualité, du nom des rayons fourre-tout en librairie, le seul fait de s’échapper du matérialisme et du consumérisme est déjà une heureuse dissidence.

La spiritualité n’est pas entrée en moi par effraction : j’ai compris qu’elle était déjà là, qu’elle attendait le moment opportun pour me proposer son bras, comme on aide le malvoyant à traverser la rue aux mille dangers… Attendrie par notre ignorance, elle nous offre un espace de vérité. Irrationnelle à première vue, elle parvient à s’imposer par son évidente simplicité. Une intime conviction, étayée par des signes, sans apprentissage, quand l’élève est prêt, le maître arrive. Sous la forme de rencontres, elle nous invite à une affinité intuitive avec des êtres dont la voix, le visage ou la lumière nous éclairent un instant la route. Un service de phares et balises qui s’allume au passage comme pour nous dire « c’est par là »… La spiritualité joue avec nos nerfs, mais elle attend son heure, accoudée au balcon de notre existence, comme l’inconnue d’une équation qu’on ne calcule pas mais qui détient la clé de notre identité remarquable… Puis un jour, elle avance dans la lueur de notre désespoir, et nous dit en silence: « bon, on y va ? ». Et si la clé était ailleurs ? Une petite boussole de voyage dort toujours dans notre poche intérieure. C’est notre kit de survie…