La crise écologique se dessine comme une crise de la limite

Une réflexion du groupe de travail Laudato si’, dans Limite :

La crise écologique se dessine comme une crise de la limite. Cela vaut en particulier des limites temporelles de la vie humaine. De manière assez révélatrice, notre époque vient ainsi interroger les extrémités de la vie, avec les débats sur l’avortement et l’euthanasie. Le récit transhumaniste propose de mettre fin à la mort. Dans ces réflexions est totalement évacuée la pensée des fins dernières et de l’éternité. Or celles-ci offrent à notre temps sur terre un perspective et une qualité nouvelles.

Notre société cherche en permanence à réduire notre liberté

Dans Limite, un article sur nos limites exploitées par les entreprises… et sur nos possibilités de protection

L’ennemi de la société marchande est la liberté, ou pour être plus précis, le libre arbitre de l’Homme, c’est à dire sa capacité à prendre des décisions, faire des choix en conscience. Notre société cherche en permanence à réduire notre liberté. La société moderne est une « conspiration contre toute forme de vie intérieure » nous prévenait déjà Bernanos. Cette liberté est une des caractéristiques propres à l’Homme qui fonde sa valeur et qui révèle sa dignité ; elle est « une nourriture indispensable à l’âme humaine » nous rappelle Simone Weil. Ainsi, la société moderne déteste la liberté humaine, elle veut la détruire pour n’avoir que des consommateurs guidés par leurs pulsions. La question de la liberté se pose de manière encore plus forte concernant les nouveaux appareils connectés…

Conversion écologique et sauvegarde de la Création

Par Mahaut & Johannes Herrmann :

Ce que nous retenons surtout, ce sont les paroles d’encouragement à l’assemblée réunie dans la salle Clémentine. « Votre présence ici est le signe de votre engagement à mettre en œuvre des mesures concrètes pour sauver la planète et la vie qu’elle supporte », a-t-il déclaré. « J’exprime ma gratitude sincère pour vos efforts au service de la création et d’un avenir meilleur pour nos enfants et nos petits-enfants. » Nous étions plus de quatre cents, et le Pape a tenu à prendre le temps nécessaire pour que chaque participant vienne le saluer et lui offre ce qui représentait sa propre action. La joie de la rencontre se lisait sur les visages de François, mais aussi de Delio Siticonatzi, de Joe Moeono-Kolio et de tous les écologistes rassemblés pour se fortifier dans leurs actions. C’est avec le souvenir du bonheur de ceux qui sont trop souvent oubliés que nous repartons de Rome, prêts à continuer à agir pour la conversion écologique et la sauvegarde de la Création.

Tiphaine chez les écolos

Bilan du week-end par la jeune inconsciente :

Nos hôtes plantent le décor : non, le shampoing et les tomates d’Espagne ne sont pas indispensables à l’épanouissement de notre civilisation. Et oui, on peut se laver les cheveux avec du bicarbonate de soude (je suis choquée !) et du savon de Marseille ! on peut manger équilibré en plein hiver avec des blettes et des poireaux. Bye bye les salades de concombres – je n’ai plus besoin d’en acheter pour me convaincre de manger équilibré l’hiver- exit les fraises sous une neige de sucre.

Une Académie pour une Écologie Intégrale !

À Vion, au sud de la Sarthe, le sanctuaire de Notre-Dame-du-Chêne attire depuis le XVIe siècle de nombreux pèlerins. Les frères de Saint-Jean, chargés du lieu, viennent de lancer une Académie pour une écologie intégrale dont Limite est partenaire. De retour du colloque du lancement auquel il a participé avec Marianne Durano, Gaultier Bès a interrogé le frère Marie-Benoît sur cette nouvelle école écolo.

Voyage au centre de la Zad

Jacques a passé 22h à Notre-Dame-des-Landes, quelques jours après les affrontements. Son témoignage dans Limite :

Deux remarques avant de relater mon passage sur la ZAD : sympathisant de l’anarchisme, je suis  pourtant tout à fait non-violent, et même non-puissant. Je suis aussi convaincu que les modes de vies normaux en France aujourd’hui sont insoutenables. Mon opinion sur la ZAD est bien sûr nourrie, entre autres, de ce fond de convictions.

Vers un écologisme chrétien ?

La revue Limite nous présente une recension de l’ouvrage Vers un écologisme chrétien :

C’est l’histoire de cette élaboration d’une pensée chrétienne de l’écologie que Frédéric Dufoing conte brièvement mais précisément dans cette manière d’introduction à l’écologisme chrétien, à mettre entre toutes les mains – vertes ou non.

 

Système idéal ? Pas complètement, mais pourquoi pas tenter l’expérience…

« Dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, il n’y a pas de PV de stationnement, pas de contrôleur sanitaire, pas de distributeur Monsanto, pas d’huissier de justice, pas de contrôleur des vaccins. Personne ne viendra emmerder le paysan qui ne traite pas ses bêtes ou ses cultures à coup de produits chimiques, personne ne viendra mettre une amende à celui qui bâtit un abri à outils sans permis de construire ou qui vend ses haricots sans s’être déclaré en préfecture. Ici, nous sommes dans une zone libre, comme il n’en existe presque plus en France et peut-être même en Occident. Paradis sur terre ? Sûrement pas. Mais cela n’existe pas pour nos pommes, il faut s’y faire.

Système idéal ? Pas complètement, mais pourquoi pas tenter l’expérience ? »

Mayeul Jamin dans Limite

Une nouvelle espérance post-libérale

« Il est bien évident qu’au jeu de la verticalité, les hobbits seront toujours perdants. C’est en grignotant patiemment les pieds d’argile de ces colosses mondiaux, notamment par notre manière de consommer, par une capillarité horizontale, et enracinés dans une slow politics qui retissera des liens à tous les niveaux, qu’émergeront les futurs leaders venus du Shire. Faudra-t-il que certains hobbits en payent le prix eux-mêmes, librement, dans les pas de Roberto Saviano, Rigoberta Menchu, Oscar Romero et de tous les anonymes pour qui l’Espérance consiste à faire de l’histoire quand il n’y a plus d’histoire possible (Ellul) ?  Dans cette adversité partagée, nous espérons que la non-violence sera contagieuse. L’histoire ne fait que commencer… »

Philippe de Roux dans Limite

L’autre pollution

« Je crois n’être pas le seul à commencer à trouver l’air du débat irrespirable. On avait déjà suffisamment à faire en France pour améliorer la qualité de l’air, il va falloir aussi restaurer la qualité du débat. C’est un travail de titan, de Sisyphe précisément : jamais fini, toujours à faire !
Commençons par éviter les assignations à résidence idéologique ».

Gaultier Bès, dans Limite

Nadia Daam, au fond de vous, vous savez cela !

« Faisant preuve de ‘malhonnêteté intellectuelle, voire de bêtise crasse’, les opposants à la GPA sont, selon la spécialiste du sujet Nadia Daam, des dingues, ‘peu structurés intellectuellement’. En tant que prof de philo, mère et opposante à la GPA, je me sens triplement agressée par ces accusations, que je ne peux laisser sans réponse. Puisque Nadia Daam se pique de rigueur intellectuelle, étudions un peu son raisonnement… »

Marianne Durano dans Limite

Les cathos de gauche bougent encore

« On les dit souvent inaudibles, menacés d’extinction face au réveil des courants conservateurs. Mais les catholiques engagés à gauche n’ont pas dit leur dernier mot, regonflés par le message d’ouverture du pape François et ses prises de position sur l’écologie, les inégalités, les réfugiés ».

Sur France Soir

Limite, limites, Limite…

« Le souci des limites reviendrait-il en catimini dans le débat ? Bien sûr que oui, et c’est une bonne nouvelle. Ajoutons que cette volonté de retrouver un minimum de sagesse ne concerne pas seulement le sociétal. Elle caractérise tout autant la folie du néolibéralisme, ce capitalisme devenu fou dont s’alarment désormais nombre d’économistes ».

Jean-Claude Guillebaud

José Bové, démonteur de cyborgs

« Un rapport sur la robotisation a été débattu au Parlement européen le 14 février…
Le rapport est fou. L’objectif de ce texte est de considérer comme une personne électronique tout robot qui prend des décisions autonomes et qui agit de manière indépendante avec des tiers. Il faudrait donc créer une identité juridique pour les robots ! On crée de toute pièce un droit pour des personnes électroniques afin de pouvoir débattre de ces questions avec eux. C’est assez extraordinaire : on ne considère plus le robot comme un outil appartenant à une technologie nouvelle, mais comme une personnalité juridique ».

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Un chantier Limite…

« Le tilleul est pour moi un arbre très généreux. Il couvre un très large spectre d’action. Il est à la fois un remède par ses bourgeons, ses fleurs et son aubier, et un comestible : on peut manger ses feuilles, ses fleurs, ses boutons floraux comme des carpes et ses graines qui ont un goût d’amande. Il vit mille ans et peut atteindre trente mètres. Je suis toujours impressionné de voir qu’une telle surface aérienne gigantesque a des quantités industrielles de salades, de soupes, de pesto et de remèdes pour éliminer les toxines, pour mieux dormir et pour régénérer le système neveux ».

Entretien Limite avec Christophe de Hody, naturopathe

Ainsi, si je devais définir un imbécile…

 » – Pourquoi s’intéresser à la bêtise dans un monde qui ne cesse de louer l’intelligence rationnelle ?
– Précisément pour m’opposer à ce qu’on appelle l’intelligence rationnelle. Cette conception me semble extraordinairement limitative. Dans mon livre, je cite Vauvenargues qui distingue dans son Introduction à la connaissance de l’esprit humain une trentaine d’intelligences différentes. Et nous ne considérons aujourd’hui que deux catégories : ‘il est très brillant’ ou ‘c’est un con' ».

Entretien avec Denis Grozdanovitch

Sacré Debray !

« On connaissait son art du calembour et sa capacité de bâtir sur ce meuble édifice une pensée rigoureuse et à rebours. Avec son dernier livre, Régis Debray confirme tout à la fois son talent d’écrivain et d’empêcheur de croire en rond. Sous un titre au chiasme audacieux, Croyances historiques et vérités religieuses, le philosophe rassemble une série d’émissions données sur France Culture à l’été 2016, et dans lesquelles il s’amuse à renverser la table des préjugés partagés ».

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La révolte des Hobbits

« Face à ces impasses dans le champ politique, une quatrième force est déjà présente, même si elle a peu émergé dans les radars des médias main stream. Elle fait vivre, à travers un tissu de liens innombrables, une mosaïque d’entreprises d’un nouveau genre, d’associations, de groupes de réflexions, d’amitié et de voisinage. Plutôt que de se plaindre, ou d’attendre des solutions du monde nomadisé d’en haut, ces Hobbits des temps modernes s’organisent, enracinés dans leur territoires et curieux du monde, aimant tout autant la culture de l’échange que la chaleur de leurs foyers ».

Philippe de Roux, dans Limite

Le temps de vivre

Éloge du silence par le cardinal Sarah, éloge du Festina lente par Limite… les abus créent-ils la réaction ?

« Festina lente ! Hâte-toi lentement ! On connaît l’adage dont l’empereur Auguste fit sa devise. Notre agitation contemporaine est bien loin du mouvement tranquille prôné par Auguste. La devise des gesticulateurs qui nous gouvernent serait plutôt ‘Traîne-toi plus vite !’. Les oligarques passent, mais le système qu’ils dirigent n’en finit pas de mourir. On saute de meeting en meeting, d’avion en avion, de discours fracassants en tweets lapidaires, mais au fond rien ne change ».

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Chez les Romains, la démesure était considérée comme un crime et portait un nom : l’Hubris.

D’EuropaCity…

« Que nous vante ainsi  le projet ?  De la pop-emotion avec des parcs d’attraction, de la show emotion avec des salles de spectacle et, enfin, de la hype émotion avec des boutiques de luxe…  Un grotesque emballage très vaguement culturel pour  un produit à l’arrière-goût artificiel dont le seul but est d’engranger, au détriment de tout bon sens,  un maximum de revenus.Lire la suite

Nous ne connaissons que trop bien la camisole de moche qui entoure nos villes

« Le constat est unanime, évident, si flagrant que l’on cesse presque de s’en étonner : nos entrées de ville sont défigurées… et uniformes. Si Brel revenait, il ne chanterait plus la « laideur des faubourgs » mais la laideur des Carrefours©. Je ne vais pas nous imposer la trop longue litanie des enseignes – Auchan, Castorama, Ikéa, etc. – nous ne connaissons que trop bien la camisole de moche qui entoure nos villes. Du fait de cette frénésie des grandes surfaces, de leurs immenses parkings et de l’extension sans limite des banlieues pavillonnaires standardisées, l’étalement urbain représente l’équivalent d’un département français enseveli tous les sept ans sous le béton. La richesse des sols est à jamais perdue, nous ne cesserons jamais de dénoncer ce scandale écologique et esthétique. Mais alors pourquoi un tel saccage, qui plus est uniforme, dans toutes les villes françaises ? »

Éléonore de Noüel dans Limite

 

Kévin Victoire : Gauchiste mais pas progressiste

« Ce n’est pas tant pour obtenir l’adhésion des classes populaires que la gauche alternative doit rompre avec ce que le théoricien anarcho-syndicaliste Georges Sorel nommait les illusions du progrès, mais c’est pour combattre efficacement le capitalisme. En effet, la croissance économique et le progrès technique sont depuis le XIXe siècle des armes au service des classes possédantes contre les classes exploitées. Ainsi, dans ses Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale (1934), Simone Weil explique aux marxistes que ‘le progrès technique semble avoir fait faillite, puisque au lieu du bien-être il n’a apporté aux masses que la misère physique et morale où nous les voyons se débattre’.

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Radicalisons-nous !

« Avec Radicalisons-nous, un livre authentiquement politique, Gaultier Bès nous offre des  ‘variations sur la racine’. En puisant dans Simone Weil comme dans la philosophie grecque, l’auteur de Nos Limites appelle à un enracinement ‘contre l’ubérisation du monde’. Coup de poing sur la table, branle-bas de combat à quelques jours des élections. Ce petit livre doit désormais devenir votre guide  en cas d’urgence politique ».

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Et c’est vrai : nous sommes des rabougris !

Intéressant entretien avec Paul Piccarreta, directeur de « Limite », qui aborde de multiples sujets : transhumanisme, écologie de gauche, retour à la nature, politique, macronisme, religion, démarche du bas vers le haut, mythe du progrès, oikophilia, morale, relativisme, potager, vélo, dépendance, temps de vivre, néo-capitalisme, Ellul, Michéa, Tolstoï…

Extrait :

« Les partisans absolus du transhumanisme ne manquent jamais de critiquer l’homme en disant qu’il n’est qu’un rabougri. Et c’est vrai : nous sommes des rabougris. Par rapport à la performance des machines, nous ne sommes rien. Le fondement de la réflexion sur la technique, c’est de dire qu’il y a une autonomie de la technique – on en revient à la pensée de Jacques Ellul. Là réside toute la différence entre une machine et un outil. Si tu prends un couteau, celui-ci a en lui une « puissance passive » – si tu ne l’actionnes pas, le couteau n’est jamais couteau. À l’inverse, à partir du moment où tu allumes une machine, celle-ci évolue de manière autonome, sans que tu comprennes son mécanisme ».

Paul Piccarreta sur vice.com

Si tu continues comme ça, tu vas finir à HEC !

« Telle sont à la fois la misère et la grâce de notre temps. Les grandes entreprises hypertechnologisées aboutissent à travaux si désincarnées et si débiles, qu’elles nous poussent à réévaluer les métiers manuels les plus humbles, et que le père de famille vraiment responsable peut désormais menacer son fils sur la mauvaise pente (qui est peut-être celle d’une certaine réussite) en lui disant : ‘Si tu continues comme ça, tu vas finir à H.E.C. !' »

Fabrice Hadjadj, dans Limite

Journée Mondiale de la Trisomie 21

En cette Journée Mondiale de la Trisomie 21, exhumation d’un billet de 2014…

« Le grand rabbin Abraham Karelitz se levait et se découvrait chaque fois qu’il voyait une personne atteinte de trisomie 21.
— Pourquoi lui accordez-vous des honneurs que vous refusez aux grands de ce monde ? lui demandait-on.
— Parce que, répondait-il, si Dieu ne lui a pas donné une capacité aussi grande d’étudier la Torah, c’est qu’elle est déjà plus parfaite et plus avancée que moi sur le chemin de la sainteté ».

Lire Fabrice Hadjadj dans Limite

Tel est l’individu de la théorie techno-économique : sans âge

Capture« Tel est l’individu de la théorie techno-économique – sans âge. Sa sortie de la diversité des âges de la vie implique la perte de la diversité des fonctions sociales, qui se réduisent dorénavant à une seule : la consommation. Jeunes et vieux se réjouissent ensemble dans l’accès commun aux marchandises. Ce n’est pas en eux, mais dans les produits qu’ils achètent, que se repère encore des âges résiduels. Mais ce qui les motive est la même impulsion. Ils ont le même rapport au monde, qui n’est plus un monde, mais un club de consommateurs ».

Fabrice Hadjadj, dans Limite

Faut-il hâter l’effondrement futur de la société ?

Capture« Henri Pérouze aborda le thème de la cité face au gigantisme. Peut-on encore parler de cités pour nos villes, alors que nous vivons dans des mégalopoles ? Le  même gigantisme gagne aussi, note Henri Pérouze, des associations au départ mutualistes, comme Groupama ou le Crédit Agricole. Face au fétichisme de la démesure, comment revenir à une société plus humaine ? Et Henri Pérouze de poser une question cruciale à Olivier Rey : faut-il pour cela hâter l’effondrement futur de la société ? Olivier commença par revenir sur les problèmes humains fondamentaux relevés par Hegel : avoir de quoi manger, avoir un toit sur la tête, être reconnu par ses semblables.  En ce sens, le système de consommation n’est, pour Olivier, pas matérialiste mais sémiotique. Les objets possédés nous permettent de nous situer à intérieur de la société. Plutôt que de faire s’effondrer les sociétés, il faudrait arriver à ringardiser le système de reconnaissance actuel et faire en sorte que ce soit celui qui a une Rolex à cinquante ans qui ait raté sa vie ».

Une journée de réflexion autour d’Olivier Rey : lire le compte-rendu de Mahaut Herrmann dans Limite

L’idée de détruire ce qui vous exclut

Capture« Mon père, qui était professeur d’école primaire, venait de la classe ouvrière et était animé d’une forme de res­sentiment envers les classes supérieures, la bourgeoisie. Mais il gardait au fond de son cœur l’idéal romantique d’une Angleterre paisible, où subsistaient des liens com­munautaires et fraternels, une certaine beauté du paysage qui transcendait la mythologie du conflit de classe. C’est cela que j’ai hérité de lui : le désir de défendre ce que j’aime, d’en faire un héritage commun. Mais je n’aimais pas en lui ce ressentiment, ce sentiment d’être exclu, cette idée de détruire ce qui vous exclut ».

Entretien avec Roger Scruton, dans Limite

Chut !

Capture« La définition du silence comme absence de bruit entraîne aussi une mutation de la parole, puisque celle-ci émerge du silence, comme l’écriture émerge de la page blanche. On ne sait plus regarder les tableaux de Rembrandt, qui sont des peintures de silence, c’est-à-dire qu’il faut savoir faire silence en les regardant pour gouter et retrouver le silence d’autrefois.

Le silence est aujourd’hui considéré comme un ennui puisque nous avons perdu le sens de l’approfondissement de soi, du retour sur soi et de l’introspection. Nous avons perdu le sens de l’aventure qui est d’être à l’écoute de soi et de ce qui vient à soi ».

Alain Corbin, dans Limite

Capture

Nombreux sont les débats sur la liturgie…

Capture« Nombreux sont les débats sur la liturgie, mais les rubricaires ont eu tendance à filtrer le moustique et engloutir le chameau. Ils ont sauvé leurs dentelles, et laissé se perdre la dentellière. Attention à l’amict, et qu’importe si les ornements sont fabriqués en Chine, si les cierges méprisent les abeilles et que les hosties soient pressées par des machines allemandes – pourvu qu’elles soient bien fines et blanches ! Ils ont gardé les apparences, tout en se laissant envahir par la marchandisation.

Bien sûr, comme tous les appareils technologiques, le micro s’est présenté comme une aide, un coup de pouce, un moyen neutre ; et voilà que tout s’est reconfiguré autour de lui. Le style de la célébration s’en est trouvé changé. On ne donne plus vraiment de grand-messe : on amplifie des messes basses ».

Fabrice Hadjadj en tonton ronchon, dans Limite

Les broyeurs d’existence

Capture« Nous préférons, pour notre part, continuer à défendre, avec Orwell et Michéa, un anarchisme conservateur. Car nous nous méfions tout autant de l’étatisme ventripotent que du libéralisme élastique, de l’inertie du premier que de la flexibilité du second. L’un comme l’autre, à la lumière de l’Histoire, nous paraissent de gigantesques broyeurs d’existence. De même, nous avons déjà soupé de l’ivresse des table rase et de l’hypnose de l’immuable. Nous avons goûté l’amère potion du progrès. Quant aux boîtes de conserve pleines de substances chimiques, nous les digérons mal. La vérité, c’est que nous voulons rester vivants, de chair et de sang, ni liquéfiés par l’Émancipation, ni pétrifiés par la Tradition. Qu’on nous permette de croire qu’entre Charybde et Scylla, il y a une autre voie ».

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La démondialisation ou le chaos ?

captureLes solutions évoquées sont dérangeantes, et même heurtantes. Mais le constat n’en demeure pas moins juste !

Le concept de firme multinationale date des années 1950 et concerne au départ des entreprises américaines qui ont adopté une stratégie de conquête de marché à l’étranger et d’un commencement de délocalisation d’une partie de la production. La frontière du Mexique a été franchie pour employer une main d’œuvre moins chère qui fabriquait des produits ensuite réimportés aux Etats-Unis. Les profits ont progressé très rapidement, et les entreprises ont augmenté en volume.

Aujourd’hui elles gèrent des masses monétaires immenses, elles ont des réseaux de sous-traitance à qui elles dictent leurs conditions. Elles ont, surtout, un poids politique de premier ordre avec l’arme du chantage à la délocalisation, qui leur permet de se soustraire à toute réglementation qui nuirait à leurs intérêts.

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Penser le politique dans le cadre d’une écologie intégrale

capture« Comment sortir de cela ? Non pas en proposant une autre construction sociale, mais en pensant le politique dans le cadre d’une écologie intégrale, c’est-à-dire en repartant du donné des communautés naturelles : la famille (communauté humaine), l’agriculture (communauté de l’homme avec la nature), le culte (communauté de l’homme avec les dieux, car sans cette confiance dans le Créateur et Rédempteur, comment accueillir le donné avec ses drames ?). Si terribles que soient les temps, c’est une providence qui nous y a placés, et c’est là, dans le donné de notre époque, que nous avons notre mission ».

Fabrice Hadjadj dans Limite

Gauche libertaire et droite non conservatrice

capture« Dans tous nos numéros, nous travaillons à faire resurgir cette pensée tue, dissimulée par la gauche libertaire, totalement ignorée par la droite conservatrice (dont on se demande, au reste, ce qu’elle veut réellement conserver). Les courants de fonds ne sont peut-être pas ceux qu’on affiche en Une des magazines. Gageons que ce soit là la bonne nouvelle de l’histoire ».

Paul Piccaretta, dans Limite…

Pour une écologie intégrale

capture« Cet ouvrage est donc un appel à appréhender l’invisible, non pas d’un point de vue théorique, mais bien concrètement en replaçant l’action de l’homme au cœur de cette démarche. L’atteinte des objectifs de l’écologie intégrale dépend donc avant tout de la reconnaissance par l’homme de sa responsabilité dans la conduite du monde. Le témoignage de ces quatre spécialistes provenant de secteurs différents illustre bien le caractère universel de l’écologie intégrale, de sa composante transcendantale, et nous rappelle l’impératif d’œuvrer rapidement à son avènement ».

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Une vie de plus en plus incertaine, suspendue…

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« Grandir avec ses parents, c’est bien ; sous un toit, et dans une maison à la température décente et sans avoir à cracher ses poumons faute d’avoir les moyens de payer le docteur, c’est mieux.

Autrement dit, pour être audible et pour porter du fruit, il me semble que l’engagement en faveur de la famille comme cellule de base de la société, et du droit à la vie de la conception à la mort naturelle, doit être en même temps, indissolublement, un combat pour la justice sociale et environnementale ».

Gaultier Bès dans Limite…