À tu et à vous

Claude Duneton (1935-2012) chroniqua délicieusement sur cette particularité française…

Remarquons que les couples voussoyants disposent d’un avantage dont les autres sont dépourvus: au moment des effusions intimes le soudain passage au tu amplifie délicieusement l’érotisme (cela étant, on ne dispose pas de données précises, car peu de linguistes se glissent en tiers dans un lit conjugal).

Le dilemme de l’huile de palme

Seule solution : arrêtons de manger gras ! Analyse du rapport de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature :

Terrible dilemme que celui de l’huile de palme. Ses méfaits sont bien connus. La déforestation qu’elle entraîne affecte la qualité de l’eau et accélère l’érosion des sols, assèche des tourbières riches en matière organique, provoque d’importantes émissions de gaz à effet de serre, et rien ne montre à ce jour l’efficacité des exploitations dites durables. mais… du seul point de vue de la biodiversité, l’UICN est catégorique: interdire l’huile de palme ne ferait que déplacer le problème…

John Milbank, La politique de la vertu

Entretien protéiforme, avec une conclusion inattendue :

Tout le monde devrait avoir un rôle dans son quartier, sa rue, son village, son lieu de travail. Dans l’Angleterre médiévale, une personne sur dix avait une sorte de rôle représentatif, aussi minime soit-il : vous pouviez être le gardien de la bière de votre village. Contrairement aux apparences, le Moyen-Âge était peut-être plus démocratique qu’aujourd’hui, dans le sens où les gens avaient plus de prise sur la vie ordinaire !

Mardi gras ?

« L’équivalent italien carnevale provient du latin carnis levare (ôter la viande). Il fait référence aux derniers repas gras pris avant le Carême (on parlait au XVIIIe siècle de Dimanche gras ou de Lundi gras avant Mardi gras). Autrefois, cette saison correspondait, dans une société encore majoritairement agricole, à l’une des périodes les plus critiques. En effet, en février et en mars, les paysans puisaient dans leurs dernières réserves de nourriture stockées avant ou pendant l’hiver… »

Lire dans Le Figaro

Iran : les ressorts d’une révolte

« Le nerf de la révolte est économique. Les gens sont épuisés d‘être des victimes de la corruption. Certaines personnes ne sont pas payées depuis des mois. Je connais des gens titulaires de doubles doctorats, sans travail, qui vivent avec 200 euros par mois. La différence avec 2009, c’est que tous ceux qui avaient les moyens d’émigrer sont partis ».

Amélie Myriam Chelly dans Le Figaro

Le pape à la rencontre des… Rohingyas ?

Le Figaro décrit bien les difficultés que devra affronter le Pape François pour porter un message de Paix lors de son voyage en Asie :

« Le pape François entendra des témoignages de membres de la communauté musulmane des Rohingyas à Dacca durant son voyage au Bangladesh prévu du 30 novembre au 2 décembre, a précisé aujourd’hui le porte-parole du Saint-Siège Greg Burke. Le souverain pontife argentin enchaîne à partir de lundi deux visites délicates, dans la Birmanie bouddhiste et le Bangladesh musulman, où ses paroles seront particulièrement scrutées sur l’éviction des Rohingyas par l’armée birmane ».

Dans La Vie, Mgr Charles Maung Bo, cardinal-archevêque de Rangoun, avait tenté de nous faire entrer dans cette complexité en insistant sur les précautions d’usage du terme de « Rohingya » :

« Le Pape ne devra pas utiliser le mot Rohingya, cela choquerait les Birmans, le gouvernement et les militaires. Cela voudrait dire qu’ils sont une ethnie birmane, qu’ils appartiennent à ce pays, ce qui n’est pas le cas. Je vais lui dire qu’il devra s’exprimer en utilisant le mot musulman. Rohingya est un terme très politique ».

Magasin de paysans

« L’enseigne Cœur Paysan est gérée par 34 fermiers fondateurs qui font le pari de la qualité et fixent eux-mêmes les prix des produits. Ouvert l’an dernier, le magasin réalise ses premiers bénéfices et fait des émules ».

Mathilde Golla dans Le Figaro

Défendre les femmes intégralement

« Le féminisme intégral que nous défendons intègre tous ces combats et veut défendre les femmes intégralement, sans nier leurs spécificités et leurs vulnérabilités particulières. En effet, intègre signifie aussi bien honnête qu’entier. Le féminisme intégral considère la femme dans son entier : il n’évacue pas ses hormones et son utérus du champ politique, sous prétexte qu’ils seraient un facteur d’aliénation, ou en alléguant une égalité abstraite et désincarnée entre les sexes ».

Marianne Durano dans Le Figaro

Hep garçon, un enfant !

« En avril 2014, la couverture de l’hebdomadaire américain Bloomberg Businessweek affichait le slogan Freeze your eggs, free your career — Congelez vos ovocytes, libérez votre carrière. Une manière de plier la biologie aux exigences sociétales. La même année Facebook et Apple annonçaient leur intention de proposer à leur personnel féminin la prise en charge financière d’une telle congélation — histoire de permettre d’optimiser les carrières en mettant en veilleuse le projet d’enfant. Une pression douce qui en dit long sur la conception 2.0 de la vie privée dans la Silicon Valley… »

Entretien Jean-François Bouvet – Eugénie Bastié

Nous sommes une génération d’abandonnés

« ‘Nous sommes une génération d’abandonnés, orphelins de nos origines’… À l’heure où la question de la procréation médicalement assistée revient sur le devant de la scène médiatique, la première génération d’enfants issus d’un don de gamète anonyme veut faire entendre sa voix. ‘Nous avons à présent un recul de plus de 40 ans sur ces techniques. L’ouverture de l’assistance médicale à la procréation implique au préalable le devoir impérieux de prendre en compte notre expérience, celle des parents et des donneurs’, scandent les membres de l’association Procréation médicalement anonyme (PMA) qui militent pour l’accès aux origines.

Agnès Leclair dans Le Figaro

Le Pape est-il de gauche ?

« Je voudrais faire auparavant un petit reproche à mes collègues du Figaro magazine. Pourquoi ont-il titré à la une : Le pape est-il de gauche ? La formule fait choc, c’est indiscutable, mais elle a pour moi le défaut de donner une traduction partisane et presque polémique de la personnalité et des engagements du Pape. Lire la suite

Baudelaire, la tentation de la chute

« Une œuvre innommable, maintes fois recopiée, sans succès, où viendront se rejoindre avec haine autant que tendresse ses inspirations et ses désillusions. Son spleen. Cette tentation de la chute, prométhéenne, que le poète, déchiré, représenta autant dans la figure du Mal : ‘Le diable, je suis bien obligé d’y croire, car je le sens en moi !’ que dans ses tentatives d’élévation : ‘Là-bas… là-bas… [vers] les merveilleux nuages !' ».

Alice Develay sur lefigaro.fr

Ils attendent de vous l’espoir d’une guérison, pas un surcroît de malheurs

« Mon fils ne peut pas comprendre ces querelles de mandarin, mais il sait une chose ou deux : c’est bien la consultation médicale spécialisée de la Fondation Lejeune qui l’a accueilli avec ses parents il y a dix-huit ans, c’est là qu’il trouve depuis médecins, psychologues ou orthophonistes comme huit mille cinq cent autres familles.

Il n’y a pas en France ni en Europe d’autre solution comparable.

C’est de cette Fondation que vient aussi la plus grande part de la recherche pour vaincre une maladie que l’État a abandonnée depuis longtemps ».

Alexandre Varaut, sur lefigaro.fr

Disparition du cacozèle, de l’écrenne et du gibelet

Capture« Une idée simple et efficace consiste à ouvrir un dictionnaire ancien, et à cocher les mots qui sont complètement ignorés de nos jours. Les pertes, les oublis, les changements de sens que l’on constate alors témoignent à l’évidence de la marche de la langue au fil des siècles. C’est l’exercice auquel s’est brillamment livré Jean-Marc Mandosio avec le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière publié pour la première fois en 1690, sous le règne de Mme de Maintenon. Le résultat s’intitule Les Mots obsolètes ; il marque clairement, avec humour, le chemin parcouru par le lexique français au cours de ces tumultueux trois cents ans ».

Claude Duneton, dans Le Figaro

Cette fatigante psalmodie sur les valeurs évoque les récitations funéraires

capture« De trop nombreux politiciens sombrent dans l’illusion suivante: les valeurs sont les buts de l’action politique. Pourquoi faire de la politique? Pour les valeurs! C’est-à-dire pour du vide! Funeste erreur! On fait de la politique pour la nation, pour la France, pour le peuple, pour le social, pour l’histoire, jamais pour des valeurs. Les valeurs ne constituent ni la réalité d’un peuple ni un projet de société, ces objets de la politique. Elles sont trop inconsistantes pour définir un projet de cette nature. Les valeurs ne sont que le cadre à l’intérieur duquel la politique peut se déployer. Elles ne sont pas un programme, elles sont des bornes. Les valeurs sont hors politique, elles sont extra-politiques. Loin d’avoir affaire aux valeurs, la politique rencontre les projets, les réalités et, par-dessus tout, la nation et le souci du bien commun ».

Robert Redeker dans Figaro Vox…