Rester fidèle(s)

Une chronique d’Erwan Le Morhedec, à propos des douloureux événements qui secouent l’Église :

« Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Soigner les blessures […] Il faut commencer par le bas » (Pape François, 2013). Ça ne devrait pas être si difficile car, en bas, nous y sommes jetés. Quand la parole est ainsi discréditée, reste l’humble témoignage.

Conseil d’État versus CESE

Le Conseil d’État vient de se déclarer défavorable à toute évolution législative sur la fin de vie. Dans son rapport, contrairement au CESE, il souligne que les dispositions issues des lois Leonetti et Leonetti-Claeys sont suffisantes et « permettent de répondre à l’essentiel des demandes sociales d’une aide médicale à mourir.  […] Le Conseil d’État estime ainsi qu’il n’est pas souhaitable de modifier l’état du droit qui prohibe l’aide au suicide et l’euthanasie ».

Analyse d’Olivia Elkaïm et Bénédicte Lutaud dans La Vie

Parlons peu, mais parlons fesse

Chronique de notre contributeur Koz :

Tout ne va pas toujours plus mal. Voyez le porno. Cela ne va que lentement mieux, mais la prise de conscience progresse. Pour n’être pas le premier, le coup de gueule annuel des gynécologues et obstétriciens français a, cette fois, rencontré plus d’écho. Et alors qu’il y a 25 ans, Jack Lang déclarait qu’on avait « tort de décrier et de mépriser » le porno, après Laurence Rossignol, Agnès Buzyn s’inquiète désormais de sa diffusion auprès des mineurs. La question est ainsi passée – ce n’est pas un maigre signe – de la Culture à la Santé.

« Et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32)

« Des victimes d’actes de pédophilie au sein de l’Eglise seront reçues lors de la prochaine assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, en novembre, a indiqué mardi soir l’épiscopat. » annonce Le Figaro

L’hebdomadaire La Vie signalait déjà cette information et intéressante  lors d’une rencontre inédite organisée entre Mgr Crépy, évêque du Puy-en-Velay et en charge de la lutte contre la pédophilie et le cofondateur d’une association de victimes. 

Source de la photo : La Vie

Au Chili : des vagues et un double tournant pour l’Eglise entière

La démission de l’épiscopat chilien n’en finit pas de faire des vagues. Marie-Lucile Kubacki revient sur cette affaire en cherchant à décrypter tous les enjeux de ce qu’elle appelle un « double tournant » : un article à lire dans La Vie !

Un extrait : « Avec lucidité, le pape y écrit que le renvoi des évêques dont la responsabilité a été établie est nécessaire mais « insuffisante ». Il fait notamment le lien entre l’abus de pouvoir et les abus sexuels, affirmant qu’à l’origine du scandale, il y a la tentation de l’institution de se croire meilleure que les autres : « Cette psychologie élitiste, écrit-il, finit par générer des dynamiques de division, de séparation, de “cercles fermés” qui conduisent à des spiritualités narcissiques et autoritaires où, au lieu d’évangéliser, l’important est de se sentir spécial, différent des autres, comme si ni Jésus Christ ni les autres ne comptaient vraiment. » Il ajoute : « Le messianisme, l’élitisme, le cléricalisme sont tous synonymes de perversion dans l’être ecclésial. » Cela signifie que, désormais, la désignation de responsables et de coupables ne suffit plus. C’est à tout un système qu’il s’agit de mettre fin. »

 

Rouge dominicain

Du blanc au rouge, du couvent à la lutte, Yann Raison du Cleuziou nous relate le  parcours de certains Dominicains :

Du 4 au 12 janvier 1968, le frère Paul Blanquart participe à un congrès d’intellectuels à La Havane (Cuba) où il signe avec trois autres prêtres un Manifeste pour l’engagement dans la lutte révolutionnaire anti-impérialiste : ‘Nous prêtres catholiques, délégués au congrès culturel de La Havane, nous nous engageons envers la lutte révolutionnaire anti-impérialiste, jusqu’aux dernières conséquences, afin d’obtenir la libération complète de l’homme et de tous les hommes’…

L’autre discours des Bernardins

Peut-être un peu éclipsé par le discours du Président Macron, voici celui du Président Pontier. À l’heure de l’étonnante préconisation-litote de la part de CESE d’une ‘sédation profonde explicitement létale’, voici ce que disait Mgr Pontier sur ce thème de la fin de vie :

On ne peut laisser personne seul. Ce sont nos relations, nos affections qui nous permettent de vivre. Il y va, sans nul doute, du caractère humain de nos sociétés et de nos vies, de celui de savoir puiser en soi les forces de la fraternité vécue.

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Une image de la Vierge, un chapelet et une Bible

Lanterne rouge du Vendée Globe, Sébastien Destremau se raconte et rencontre le Pape François…

Son épopée à quelque chose d’évangélique. Parce qu’il ne faisait pas parti des favoris, l’aristocratie des navigateurs aux « prototypes conçus pour la gagne » : il a vendu sa maison et sa voiture pour acheter son embarcation. Parce que son bateau ressemblait à une cellule de moine : ‘À bord, il n’y avait ni livre, ni photo, ni film ni musique, mais une image de la Vierge, un chapelet et une Bible, décrit-il. La Bible, je ne l’ai ouverte qu’une fois, pour être honnête. Mais elle était là et elle m’a accompagné, avec la Vierge’. Parce que, comme un moine, il était en sandales – en tongs pour être plus précis –, ayant oublié ses chaussures avant de partir…

Qui fuit la Croix fuit la Résurrection

Belle méditation de Mahaut Herrmann sur la difficulté du chemin vers la croix :

« Qui fuit la Croix fuit la Résurrection. » Les comptes Twitter du pape l’ont rappelé hier dans toutes les langues : il n’y aurait jamais eu de matin de Pâques sans le supplice infligé au Christ le vendredi, et pour aller au tombeau vide le premier jour de la semaine, il faut passer par Gethsémani. Mais qu’elle est dure à regarder, cette Croix ! Que nos yeux sont pesants au moment de les lever vers le crucifié ! Pourquoi a-t-il fallu que la souffrance du supplice soit au cœur du mystère chrétien ?

J’ai écrit douze fois des éditoriaux pour Pâques. Ce treizième est différent.

Déchirant et espérant éditorial de Jean-Pierre Denis dans La Vie :

« Ce que je retiendrai, après avoir raccroché, ce sont moins les mots de Marielle Beltrame que ses longs silences, qui expriment l’indicible. J’ai écrit douze fois des éditoriaux pour Pâques. Ce treizième est différent. Je n’ai pas le sentiment de le rédiger, mais de l’accueillir, de le recueillir dans ces silences. Comme le geste de la femme versant le flacon d’albâtre sur la tête du Christ à la veille de la Passion exprime plus que tant de mots. ‘Un parfum très pur et de grande valeur’, note l’Évangile de Marc, entendu le dimanche des Rameaux, au lendemain de la mort du colonel ».

L’économie monastique, une alternative au modèle capitaliste

Entretien avec Benoît-Joseph Pons, par Mahaut Herrmann dans La Vie :

« L’élément essentiel est la dissociation du travail et de la rémunération. C’est une forme de mise en pratique du revenu universel dont il a été question depuis quelques temps. Les moines sont rémunérés selon leurs besoins, sans prise en compte du niveau d’études. Ce mode de rémunération élimine la compétition pour les postes : être abbé ou cellérier n’apporte aucun avantage matériel ».

 

La foi, c’est aller vers le plein

Bel entretien dans La Vie avec Cédric Kahn, réalisateur du film La Prière (accès payant) :

« Je trouve absolument fascinant le chemin de la drogue vers la foi. Ce sont des gens qui viennent de très loin, de très loin de la religion, de très loin de la croyance, car la drogue, c’est presque la définition de la non-croyance. La drogue, c’est une non-foi en la vie, un non-projet. En revanche, la foi, c’est aller vers le plein. Elle peut être religieuse, mais pas uniquement. La foi est vitale. Il n’y a pas de chemin, il n’y a pas de projet de vie sans foi. Par la suite, en réalisant le film, j’ai trouvé des points de convergence entre la drogue et la prière : le besoin de transcendance ».

L’obscurantisme d’Occident

Les nouveaux refus que fait émerger partout dans le monde la perspective de la ‘casse des montages qui font tenir le sujet humanisé’ – et dont les fondamentalismes terroristes sont l’expression ultime – témoignent d’un durcissement planétaire redoutable. ‘L’économie est devenue la nouvelle et unique raison de vivre’. On est bien au-delà du religieux et des affrontements confessionnels. Sous la frivolité du message managérial, consumériste, publicitaire et distractif, Legendre croit distinguer un péril d’un nouveau genre : cette fois, l’obscurantisme émane du Centre, c’est-à-dire de l’Occident.

L’actualité de la pensée de Pierre Legendre, par Jean-Claude Guillebaud

Les Évangiles à l’épreuve de l’Histoire

« La question que je me pose est de savoir si, oui ou non, cette foi peut reposer sur des faits ou seulement sur une appréciation personnelle. Je considère que la foi est beaucoup plus qu’un sentiment, qu’un élan du cœur qui nous pousse à croire sans vraiment chercher à comprendre. Pour moi, la foi est aussi le résultat d’un travail rationnel : c’est l’adéquation de la raison ou de l’intelligence à une vérité révélée. Mais on sort ici du champ de l’histoire. Pour en revenir à la résurrection, je dirais que l’historien n’a pas à expliquer ce phénomène. Par contre, il doit prendre en compte l’information qui le rapporte ».

Entretien avec Bruno Bioul dans La Vie

 

Qui a peur des miracles ?

« Les miracles sont pris avec des pincettes, entre fascination médiatique et ricanements radiophoniques. Habitué des polémiques un peu gratuites, Raphaël Enthoven assure que l’Église ‘prend les gens pour des imbéciles’. Pour employer les mots de Maurice Bellet, il faudrait se livrer à une critique de la raison sourde, celle qui ne sait entendre qu’elle-même. Cette raison-là n’a pas de cœur ».

Jean-Pierre Denis, dans La Vie

L’inconnu me dévore

« Depuis quelques jours, une joie m’habite. J’ai peur de ne pas savoir dire assez fort pourquoi ce livre m’a tant enthousiasmé, troublé, soulevé de terre. Cela n’arrive pas si souvent. Le livre en question, L’Inconnu me dévore, est un ensemble de textes de Xavier Grall, poète et journaliste breton, disparu en 1981. Ces pages publiées dans La Vie et Le Monde avaient été rassemblées à titre posthume trois ans après la mort de leur auteur. Un éditeur dont je salue l’intelligence, Olivier Frebourg, créateur des éditions Équateurs, a décidé de ressusciter ce recueil de 143 pages. Je sais déjà qu’il restera longtemps sur ma table de chevet… »

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Laudato si’ en actes !

Vivre sans produire de déchets est l’objectif de Laure-Hélène Canette. Depuis septembre, cette jeune Lyonnaise a décidé de se fixer un nouvel objectif dans sa conversion écologique : finis les produits emballés ! ‘Je boycotte les supermarchés et je me rends dans les magasins avec mes boîtes et mes bocaux’.
Le déclencheur des transformations les plus radicales a été la fréquentation de l’atelier Laudato si’ en actes, organisé depuis septembre 2016 par l’association lyonnaise Les Alternatives catholiques. Il a lieu au bar associatif Le Simone.

Mahaut Herrmann dans La Vie

Le retour du mal

« Il n’est donc pas abusif de proposer la remarque suivante : ce retour du bien et du mal dans le discours contemporain ramène ipso facto nos sociétés vers un minimum d’interrogation spirituelle. Cette spiritualité, religieuse ou pas, qu’elle prétendait orgueilleusement dédaigner. Ou qu’elle croyait surannée. Par la même occasion, l’utilitarisme et le scientisme dominants, comme le cynisme pur et simple, se voient contraints à plus de modestie. Est-ce une mauvaise nouvelle ? »

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Que nous a dit Noël ?

« Semaine après semaine, une question devient explosive : celle des migrants. Leur afflux, bien que quantitativement modeste, suscite chez nous ce qui ressemble à une panique. On aurait tort de ne pas prendre cette dernière au sérieux. Tout n’est pas absurde dans cette crainte d’une immigration incontrôlée qui viendrait bousculer les équilibres politiques, au profit de l’extrême droite. Or, cette peur, ce refus ne cessent de s’aggraver ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

2018 : Contempler le beau versus ruminer le laid

« Ne pourrions-nous pas, en 2018, faire l’effort d’exaucer autant que possible les vœux de Nietzsche, c’est-à-dire tâcher de contempler le beau plutôt que de ruminer le laid, et travailler à réformer tout ce qu’il y a de grincheux, de grognon, de passif, de résigné, dans le regard que nous portons sur nous-mêmes, les autres et le monde ?

En 2018, appliquons la sage maxime de Spinoza, qui fut un des grands inspirateurs de Nietzsche : ‘Toujours prêter attention à ce qu’il y a de bon dans chaque chose, afin qu’ainsi nous soyons toujours déterminés par un sentiment de joie‘ (Éthique, V, 10) ».

Denis Moreau dans la Vie

La grandeur d’un homme

« La grandeur d’un homme n’est pas de promettre les ténèbres mais de tenter, malgré sa propre nuit, de les éclairer. ‘Le monde se perd dans l’obscurité, soyons-en la lumière‘ (saint Charbel Makhlouf).

Voilà tous mes vœux ».

Erwan Le Morhedec dans La Vie

Don de la pluie et tradition chrétienne

« Trois jours de prière du 8 au 10 décembre pour obtenir le don de la pluie : l’initiative de Mgr Xavier Malle, évêque de Gap, n’est passée inaperçue ni chez les fidèles ni dans le public non-catholique. Initiative païenne ? Résurgence de pratiques désuètes ? Beaucoup se sont posé la question. La proposition de Mgr Malle lui a valu l’ironie de la presse locale et même sa première caricature. Pourtant, les origines de sa démarche sont on ne peut plus sérieuses ».

Mahaut Herrmann dans La Vie

Je ne suis pas un démocrate chrétien, mais un socialiste religieux

« Un jour, François Mitterrand me dit : ‘Vous êtes démocrate chrétien’. Je lui réponds : ‘N’inversez-vous pas les rôles ?’ Cette formule l’a laissé pantois. Je ne suis pas un démocrate chrétien, mais un socialiste religieux. Si je m’inscris dans ce courant, je n’ai jamais pensé qu’on pouvait s’exprimer en politique à partir de ses convictions religieuses. Sur le catholicisme en France, nous avons vécu à partir de 1905, un long rapprochement entre deux continents qui étaient séparés. Au fond, cette loi de séparation a été un texte de rapprochement ».

Entretien d’Henrik Lindell avec Jacques Julliard

Alors, pour la Sainte Laïcité, Johnny évangélisa la France païenne

« Alors un grand silence national se fait. Il se fait pour Johnny, mais il se fait incidemment, accidentellement, providentiellement pour Dieu. Rumeurs, ricanements de petits marquis et de starlettes de talk show, postures… tout disparaît. Et l’Église, qui sait si mal communiquer, qui si sait si peu s’expliquer, qui sait si rarement se faire entendre, qui doit tant se faire pardonner… L’Église prend la parole, comme elle sait si bien en ces moments-là. Elle donne, elle pardonne ».

Jean-Pierre Denis dans la Vie

Un médecin archevêque ?

 

Mgr Aupetit, c’est l’évêque qui, avant de te consacrer au Seigneur, vient simplement prier à tes côtés, en silence… parce que c’est le plus important en tout et qu’il le sait très bien. Et quand il te raconte qu’il se lève tous les matins aux aurores pour prier, tu sais que ce n’est pas du chiqué : tous les matins, il prie pour ceux qui lui sont confiés et il veille à soigner sa relation d’intimité au Seigneur. C’est le secret de sa mission.

D’ailleurs, avant de t’adresser une homélie, il prie toujours l’Esprit Saint en silence quelques instants… Pour que ce soit vraiment Lui et non lui qui passe en ses mots.

Accessible, simple, humain : c’est quelqu’un à la poignée de main chaleureuse, à la parole directe et intelligente, à l’humour fin qui affleure souvent dans ses propos : un vrai humain et un vrai spirituel.

Mais la charge d’un archevêque de Paris est bien lourde : en lui souhaitant une belle mission, au Samaritain, nous invitons aussi tous nos lecteurs à prier pour lui !

Vous pourrez encore mieux le connaître en lisant cet article de « La Vie » : « le pape appelle un médecin pour Paris »

 

Catholic workers

« Dans les années 1930, Dorothy Day fonde un journal, The Catholic Worker, qui a pour mission de mobiliser autour des luttes sociales de l’époque, comme la défense des droits sociaux des ouvriers. Ce journal devient ensuite un réseau de lieux de vie : progressivement des communautés se créent, rassemblant ceux qui sont en difficulté, des chômeurs, mais aussi des intellectuels qui, ensemble, partagent le désir d’une vie communautaire fraternelle.

[…] En France, nous avons tendance à séparer lieu de vie, lieu de formation et lieu d’élaboration d’actions. Dorothy Day nous invite à penser des lieux d’unification de la personne humaine dans ses différentes dimensions. Le projet du café-atelier Le Dorothy que nous portons ne s’adresse pas uniquement aux croyants : nous souhaitons proposer un lieu générateur de rencontres et de bien commun ».

Entretien avec Foucauld Giuliani dans La Vie

Le pape à la rencontre des… Rohingyas ?

Le Figaro décrit bien les difficultés que devra affronter le Pape François pour porter un message de Paix lors de son voyage en Asie :

« Le pape François entendra des témoignages de membres de la communauté musulmane des Rohingyas à Dacca durant son voyage au Bangladesh prévu du 30 novembre au 2 décembre, a précisé aujourd’hui le porte-parole du Saint-Siège Greg Burke. Le souverain pontife argentin enchaîne à partir de lundi deux visites délicates, dans la Birmanie bouddhiste et le Bangladesh musulman, où ses paroles seront particulièrement scrutées sur l’éviction des Rohingyas par l’armée birmane ».

Dans La Vie, Mgr Charles Maung Bo, cardinal-archevêque de Rangoun, avait tenté de nous faire entrer dans cette complexité en insistant sur les précautions d’usage du terme de « Rohingya » :

« Le Pape ne devra pas utiliser le mot Rohingya, cela choquerait les Birmans, le gouvernement et les militaires. Cela voudrait dire qu’ils sont une ethnie birmane, qu’ils appartiennent à ce pays, ce qui n’est pas le cas. Je vais lui dire qu’il devra s’exprimer en utilisant le mot musulman. Rohingya est un terme très politique ».

Ne pas subir

« ‘J’ai estimé en conscience que le lien de confiance entre le chef des armées et son chef d’état-major était trop dégradé pour que je puisse continuer dans mon poste’. Oh, bien sûr, on peut toujours sourire de ce catholique pratiquant, saint-cyrien à l’ancienne qui, avant de se rendre à l’Élysée, rangea dans sa boîte son casoar, avec ses plumes blanches et rouges qui se fixent sur le shako, le couvre-chef des cyrards. Villiers rappelle au passage la devise du maréchal de Lattre : Ne pas subir. S’il a écrit ce livre, c’est pour aider les Français à ‘prendre conscience de la gravité de la situation et de la nécessité d’une unité nationale' ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Qu’ils servent le Seigneur d’une même épaule !

« C’est contre ce ralliement au nazisme que luttèrent, au péril de leur vie, de grandes figures du protestantisme allemand comme Dietrich ­Bonhoeffer, Karl Barth ou Paul Tillich. Ceux-là recommandaient – comme Luther plus jeune, et pas encore gagné par cet antijudaïsme haineux – de s’inspirer du seul texte évangélique. Philippe Richert conclut en ajoutant : ‘Ensemble, juifs et protestants, catholiques, bouddhistes et musulmans, avec ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas, osons regarder notre histoire en face' ».

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Oui, nous nageons en pleine folie !

« Emmanuel Macron serait-il devenu le président des riches ? En tout cas, l’expression lui colle désormais à la peau. Elle ne sera pas facile à détacher. Pour mieux comprendre ses erreurs, il devrait lire un petit texte étincelant. Il date de 1985, mais fut édité en français en 2011 sous le titre L’Art d’ignorer les pauvres. Son auteur n’est pas un néogauchiste ou un populiste, comme on dit maintenant. Il s’agit de John Kenneth ­Galbraith (disparu en 2006), considéré de son vivant comme l’un des plus grands économistes du XXe siècle. Ces pages nous aident à comprendre pourquoi nous nageons littéralement dans la folie ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Comme l’éclair part de l’Orient

« Autant de prétextes à interpellations spirituelles sur la paternité, la foi, le mal, l’oecuménisme, la tradition, le zèle évangélique, Boulgakov, Harry Potter et l’inspecteur Barnaby. La linéarité s’incline, tranquillement foulée par le sentiment d’une fructueuse conversation avec un déjà vieil ami. Véritable personnage de roman, amoureux du Christ et de la France (dans cet ordre), Alexandre Siniakov secoue de son regard singulier et jubilatoire, avec une forme de politesse métaphysique, la poussière de nos évidences occidentales ».

Aymeric Christensen dans La Vie

L’enfance massacrée

« C’est à sa façon de traiter l’enfance qu’une société, au bout du compte, est jugée. Comme s’il y avait là un tabou – le dernier peut-être – que l’on ne saurait enfreindre sans toucher à l’essentiel. Or, ces deux ou trois dernières années, nous sommes abreuvés d’images montrant la jeunesse assassinée, égorgée, noyée, ­profanée ».

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Voici donc un navet recommandable

« Ce film remet en question l’anti-intellectualisme observable chez certains croyants. Il dénonce la tentation fidéiste qui va de pair avec un renoncement à comprendre ou expliquer ce qu’on croit, et qui trouve sa traduction sociale dans une tendance identitaire au communautarisme, un recroquevillement sur soi, l’installation consanguine dans une mentalité de forteresse assiégée. Toutes ces formes de repli sont par essence incompatibles avec la visée universelle, c’est-à-dire catholique, au sens étymologique, du message chrétien. Josh, lui, accepte le débat. Il comprend que la raison philosophique, l’universalité qu’elle autorise et le dialogue qu’elle instaure, permettent de communiquer (au sens fort : partager, mettre en commun), échanger, s’expliquer, et d’échapper par là au prosélytisme à sens unique, et au fanatisme.

Au fond, et si l’on se souvient que la défense et la promotion de l’argumentation rationnelle en matière religieuse fut un des axes du pontificat de Benoît XVI, ce film est naïvement mais profondément ratzingérien. Voici donc, en un sens, un navet recommandable ».

‘Dieu n’est pas mort’, critique de Denis Moreau

 

Tollé européen pour les croix gommées

« Il se trouve que cette affaire est loin d’être un cas isolé. Cela fait en réalité plusieurs mois que l’on trouve la même image de Santorin retouchée sur des produits d’autres marques. Et pas n’importe lesquelles. Sur l’emballage de leurs Yaourts à la grecque, Nestlé, Danone, Carrefour, Lynos et probablement d’autres encore ont tous eu recours au même procédé que Lidl ».

Henrik Lindell sur lavie.fr

Bienvenue en laïcité

« Signalons que l’échec en début de cursus universitaire se prépare, si l’on ose dire, longtemps à l’avance. L’orientation scolaire reste beaucoup trop embryonnaire pour que les choix des élèves de terminale puissent être suffisamment éclairés. Sur ce terrain mal préparé survient le choc de la première année, trop peu ­encadrée, trop déroutante. En se terminant par de massives demandes de changement de filière, elle contribue à engorger davantage la machine APB.

On pourrait, évidemment, regarder du côté des facultés catholiques… »

Coup de gueule de Jean-Pierre Denis

Cette bonne conscience…

« Cet été 2017 aura été celui des incendies et des pyromanes. Piqûre de rappel : des milliers d’hectares peuvent être détruits parce qu’un gamin ou un adulte met le feu à un coin de pinède. C’est dire notre colère chaque fois qu’un incendiaire est arrêté, soupçonné, interrogé. Ses motivations sont souvent pathologiques : un jeu, une fascination pour le feu, une envie d’héroïsme médiatisé, etc. Par comparaison, nous nous rengorgeons du sentiment que, nous, citoyens ordinaires, incarnons la raison, le civisme, le respect de la nature, etc.

Cette bonne conscience, nous fait oublier un détail

Jean-Claude Guillebaud dans La Vie

Solidarité et prière pour Barcelone

« ‘Le Saint-Père a appris avec une grande préoccupation ce qui est en train de se passer à Barcelone’, a indiqué dès jeudi soir Greg Burke, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. ‘Le Pape prie pour les victimes de cet attentat et il désire exprimer sa proximité à tout le peuple espagnol, en particulier aux blessés et aux familles des victimes’, a ajouté Greg Burke.

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