Une statue de Johnny à la Madeleine ?

Non, évidemment ! Mais depuis que ses obsèques ont été célébrées dans l’église parisienne, les fans s’y pressent, comme le relève France Bleu.

Depuis la mort de Johnny, la fréquentation a « largement augmenté » à l’église de La Madeleine. « Je pense que les gens viennent d’autant plus volontiers que son corps n’est pas enterré en métropole », indique le curé Bruno Horaist. L’église a donc laissé dans l’entrée une table avec des photos de la cérémonie hommage à Johnny, ainsi qu’un livre pour que chacun puisse laisser quelques mots à Johnny. C’est déjà le deuxième à être intégralement rempli. Une plaque a également été apposée sur les grilles.

L’église ne peut pourtant pas accueillir un mémorial dédié à Johnny sur la durée. « On ne va pas mettre de statue de Johnny à côté de Jean-Paul II quand même ! », plaisante le père Horaist. Un autre lieu accueillera prochainement les hommages à Johnny, cela a été acté lors du dernier Conseil de Paris.

Alors, pour la Sainte Laïcité, Johnny évangélisa la France païenne

« Alors un grand silence national se fait. Il se fait pour Johnny, mais il se fait incidemment, accidentellement, providentiellement pour Dieu. Rumeurs, ricanements de petits marquis et de starlettes de talk show, postures… tout disparaît. Et l’Église, qui sait si mal communiquer, qui si sait si peu s’expliquer, qui sait si rarement se faire entendre, qui doit tant se faire pardonner… L’Église prend la parole, comme elle sait si bien en ces moments-là. Elle donne, elle pardonne ».

Jean-Pierre Denis dans la Vie

L’amour ne passera jamais

Étonnante semaine. Au milieu des excès de tout hommage, des paroles d’éternité ont trouvé leur chemin jusqu’à nous. Celles d’un immortel, celles d’un saint. Nous avons entendu Jean d’Ormesson évoquer sa mort, évoquer la mort et dire simplement que « ce qui compte finalement, c’est l’amour ». Nous avons pu l’imaginer, comme il l’avait dit : « vous savez, quand je mourrai, je ne penserai pas beaucoup à l’Académie ni au Figaro. Je penserai aux gens qui m’ont aimé et aux gens que j’aiaimés ». Une parole inspirée qui évoquait une Parole bien antérieure. Parole du Christ et lettre de saint Paul aux Corinthiens.Lire la suite

Johnny et Jean-Philippe

Il a toujours parlé de sa mort. Dans un Ave Maria à la voix sanglotée, il la défie:
Allongé dans l’herbe je m’éveille
J’ai vu la mort dans son plus simple appareil
Elle m’a promis des vacances.
Johnny Hallyday a fini par réussir son coup. Il a bâti un être surdimensionné, la fusion bricolée de héros découverts en Cinémascope; un être qui ne marche que les jambes arquées, qui ne sort que recouvert de peaux d’animaux. Un Américain dessiné par un enfant français, né pendant la guerre. Johnny a tant tanné la peau de Jean-Philippe qu’il a fini par prendre toute la place.
Arnaud Robert, dans Le Temps