Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Hamon, candidat Terra Nova

hamon-debat-televise_articleFamille Chrétienne offre un intéressant éclairage sur le candidat Hamon vu par son suppléant. Sur la Nation, la religion, comme sur les diverses questions « sociétales ».

Benoît Hamon, en grand politique, a toujours pris soin de ne pas insulter ou mépriser ces gens. En revanche, il a des convictions bien établies en faveur du mariage et de l’adoption pour tous, et de la PMA, même s’il s’oppose à la GPA. Il y a chez lui une forme de libertarisme qui le rapproche d’Emmanuel Macron. Là encore, on revient au problème fondamental de la gauche : lorsqu’on a abandonné la nation et le travail, on en arrive à la fabrication d’un homme nouveau, moderne, qui doit maîtriser sa vie et sa mort, avec le suicide assisté, que défend Benoît Hamon. C’est aussi une des raisons pour lesquelles je ne me retrouve plus dans cette proposition. Le politique, c’est penser les limites et les frontières. Tous les désirs ne se transforment pas en droits.

A lire intégralement ici.

Le Roi Hamon ?

imageComment comprendre la première place de Benoît Hamon au premier tour des Primaires de la gauche ?

Il est possible de raisonner d’abord selon les clivages et jeux d’opposition traditionnels du monde politique, en voyant dans la première place de Benoît Hamon une victoire des Frondeurs et une prise de distance des électeurs de gauche avec le bilan de François Hollande et de son premier ministre. Dans une telle optique, on peut entendre ici et là que le vote en faveur de Benoît Hamon est un vote « plus à gauche », « plus socialiste » que le vote en faveur de Manuel Valls. Ou un pur vote de rejet à l’encontre de ce dernier.

Mais il est plus intéressant d’analyser ce score à la lumière des évolutions actuelles de la gauche. Lire la suite

Chacun son pape ?

j40ngdjd« Nous avons nous des racines chrétiennes, incontestables. Moi qui suis un enfant baptisé, je sais la place de ces racines dans ma propre vie, dans ma culture. Ça ne me remplit pas pour autant, ça ne dit pas tout de moi. Au titre de ces racines-là, je veux saluer le message incroyablement positif du pape François, qui s’est tourné vers les catholiques, les non-catholiques, les citoyens européens (…) Il a fait un très beau texte pour inviter à la solidarité, à la compassion à l’accueil, et à l’hospitalité. Et en disant aux catholiques, ne faites pas la différence, vous avez en face de vous des êtres humains, qui supposent de ne pas faire de différences ni selon les origines, ni selon leurs couleurs, ni selon leurs religions. » (à environ 1h17)

Il y eut François Fillon, il y eut Alain Juppé, voilà Benoît Hamon. Les catholiques, qui peuvent être possessifs ou jaloux de leur indépendance, sont rarement contents. Nombre d’entre eux s’exhortent à ne pas se « laisser endormir ». Ne nous croyons donc pas nous-mêmes si aisément manipulables et actons plutôt lucidement que ce n’est pas parce qu’un politique cite le pape qu’il s’agenouille à la consécration. Voyons aussi les choses positivement :

  • des politiques de gauche évoquent le pape François, mentionnent leurs convictions ou leurs racines catholiques, et cela faisait bien longtemps que cela n’était pas arrivé;
  • cela signifie que le pape François parvient à parler à tous. Et il serait bien regrettable que la parole de l’Eglise soit réservée à un seul bord de l’échiquier.

A chacun en revanche de s’attacher à la cohérence globale des positions du pape, et à la revendiquer quand, à droite, on pourrait oublier les pauvres et, à gauche, on pourrait oublier « la vie ».