Servir est un honneur (Questions pour l’Evangile du 29° dimanche du temps ordinaire B)

En ce 29° dimanche du temps ordinaire B, tandis que Jésus marche vers Jérusalem (10,32), la liturgie n’a pas retenu la 3° annonce de sa passion-relèvement (Mc 10, 32-34), mais la question de Jacques et Jean et la réponse de leur Maître sur le service (Marc 10, 35-45).
Voici quelques questions pour l’Évangile de ce dimanche :
– Dans quelles conditions est-ce que je m’approche de Jésus ?
– Qu’est-ce que je veux que Jésus fasse pour moi?

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Le Roi Hamon ?

imageComment comprendre la première place de Benoît Hamon au premier tour des Primaires de la gauche ?

Il est possible de raisonner d’abord selon les clivages et jeux d’opposition traditionnels du monde politique, en voyant dans la première place de Benoît Hamon une victoire des Frondeurs et une prise de distance des électeurs de gauche avec le bilan de François Hollande et de son premier ministre. Dans une telle optique, on peut entendre ici et là que le vote en faveur de Benoît Hamon est un vote « plus à gauche », « plus socialiste » que le vote en faveur de Manuel Valls. Ou un pur vote de rejet à l’encontre de ce dernier.

Mais il est plus intéressant d’analyser ce score à la lumière des évolutions actuelles de la gauche. Lire la suite

Ségolène, nouvelle Jeanne d’Arc de la Primaire ?

jeanne-darc-segoAprès avoir vertement critiqué Manuel Valls sur le 49-3 et affiché son intérêt pour Emmanuel Macron sur Europe 1 ce dimanche, Ségolène Royal semble vouloir jouer les trublions dans la Primaire de gauche. Elle qui a toujours accordé de l’importance à Jeanne d’Arc voudrait bien, au fond, devenir l’arbitre de cette Primaire et du rassemblement de la gauche – non tant pour « faire » le prochain Roi de France que pour se préparer un nouveau rôle clé, loin des bûchers de l’oubli dans lesquels pourrait l’entrainer la fin du règne de François Hollande. Cachant moins que jamais ses différends avec Manuel Valls (concurrent de l’impossible rassemblement), Ségolène Royal a reçu le 4 janvier dernier Emmanuel Macron, autre personnalité passionnée par la pucelle d’Orléans, et parti en cavalier seul dans la course à l’Elysée. Tout en montrant ainsi sa grande liberté dans le cadre de la Primaire, Ségolène Royal veut afficher sa capacité à dialoguer avec chacun (elle dit avoir été contactée aussi par Benoït Hamon) et à se poser en dernier recours pour rassembler la gauche.

Ce n’est donc aucunement un hasard si l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007 exposait tout récemment ses connivences avec Jeanne d’Arc lors de l’émission « Et si c’était vous ? », elle qui a passé son enfance dans un village des Vosges « non loin de Domrémy ». Fascinée enfant par un vitrail de l’église de son village représentant Jeanne d’Arc, elle en fait lors de cet entretien une quasi sainte-patronne républicaine, figure féministe et émancipatrice, symbole en creux des échecs de la gauche :

je viens d’une famille catholique, pratiquante, donc j’allais à la messe tous les dimanche, et même aux vêpres l’après-midi, donc vous voyez… et il y avait dans cette église la seule figure féminine, à part Marie, Jeanne d’Arc qui était magnifique, avec cet oriflamme, ce drapeau…[…]

la gauche a abandonné Jeanne d’Arc, la gauche a abandonné la nation, la gauche a abandonné la valeur travail […], la gauche avait abandonné la famille [….] par fragilité idéologique ou en se laissant déborder par une réappropriation de ces symboles par la droite.

Elle dit respecter les positions de ceux qui se sont mobilisés contre le Mariage pour Tous tout en récusant les débordements qui se sont exprimés et en refusant tout affichage de la foi en politique. Cette dernière « n’a pas à venir dans le champ politique ». Le transfert du sacré est pourtant assumé, pour Ségolène Royal, de l’Eglise à la politique.

Le dépistage des candidats catholiques continue

aleteia

Dans un article paru hier sur son site d’information catholique, Aleteia propose de se pencher sur les candidats de la Primaire de la gauche pour se demander lequel est le plus catholique.

La pratique n’est que la prolongation des analyses précédentes sur les candidats de la Primaire de la droite et du centre : la volonté d’attribuer des labels de catholicité en politique, à partir du rapport du candidat à des marqueurs catholiques et à partir de sa manière de les faire exister médiatiquement. Dans l’article d’Aleteia, on analyse à la fois la participation du candidat aux rites, son rapport à la foi, ses déclarations publiques et… son rapport à la franc-maçonnerie. Que dit cette attitude des catholiques ? Que signifie-t-elle pour la vie de foi et la vie politique ?

Politiquement, le débat en ressort fortement appauvri. Il suffit de cocher des cases en matière de comportement, d’ancrage sociologique, de croyance. On est bien loin d’une analyse politique de fond. On parle des Primaire comme d’une course de petits chevaux où il faut repérer de loin dans le brouillard qui a un dossard aux couleurs catholiques. Mais ces Primaires ont-elles du sens ? Parviennent-elles à renouveler les idées politiques ? Que disent-elles des évolutions de la gauche et des options politiques dans notre pays ? Au-delà même du fait de se lamenter sur la non participation des Poissons roses à la compétition, on peut aussi faire le constat de l’élimination d’autres outsiders comme Fabien Verdier. Le déroulement de la Primaire est une mauvaise nouvelle pour la politique en général et les catholiques devraient en premier lieu s’exprimer sur ce point, en n’oubliant pas la haute estime dans laquelle la doctrine sociale de l’Eglise tient la politique, « forme la plus haute de charité » pour le Pape François.

Être catholique devient toujours plus un marqueur sociologique, une donnée communautaire. Dire « les cathos » ou alors dire de quelqu’un « il est bien catho » renvoie à un ensemble de critères qui dépassent largemment la vie de foi : pas seulement la croyance mais la participation forte aux rites, à laquelle s’ajoute l’apparence vestimentaire, pas seulement l’adhésion à la doctrine sociale de l’Eglise mais l’affirmation de son discours spécifique sur les questions éthiques, voire un engagement continu autour de ces combats, qui permettent de se démarquer socialement, … Cela soulève deux questions : celle de la place des catholiques qui ne se reconnaîtraient pas dans ces marqueurs identitaires dans l’Eglise, qui est au fond celle de notre capacité à accepter des différences d’interprétation et la mise en débat, et, d’autre part, la question de l’assimilation de la foi à des marqueurs sociologiques. La cristallisation d’une « communauté catholique », par le fait même de ses spécificités dans le monde contemporain, devrait soulever toujours davantage ces questions.

Cette fatigante psalmodie sur les valeurs évoque les récitations funéraires

capture« De trop nombreux politiciens sombrent dans l’illusion suivante: les valeurs sont les buts de l’action politique. Pourquoi faire de la politique? Pour les valeurs! C’est-à-dire pour du vide! Funeste erreur! On fait de la politique pour la nation, pour la France, pour le peuple, pour le social, pour l’histoire, jamais pour des valeurs. Les valeurs ne constituent ni la réalité d’un peuple ni un projet de société, ces objets de la politique. Elles sont trop inconsistantes pour définir un projet de cette nature. Les valeurs ne sont que le cadre à l’intérieur duquel la politique peut se déployer. Elles ne sont pas un programme, elles sont des bornes. Les valeurs sont hors politique, elles sont extra-politiques. Loin d’avoir affaire aux valeurs, la politique rencontre les projets, les réalités et, par-dessus tout, la nation et le souci du bien commun ».

Robert Redeker dans Figaro Vox…

Pas de candidature des Poissons Roses à la primaire de gauche

Poissons RosesDans La Croix :

Les Poissons roses ne porteront finalement pas de candidature à la primaire « citoyenne » organisée par le Parti socialiste. Leur candidat, Régis Passerieux, ancien cadre du PS et ancien maire d’Agde (Hérault), n’a pas réuni les parrainages nécessaires avant la date limite de dépôt des candidatures, jeudi 15 décembre.

Dans un communiqué diffusé jeudi, les Poissons roses assurent d’ailleurs que sa candidature « a reçu le plus souvent un accueil personnel favorable » lors des rencontres avec les parlementaires. « Retisser les liens partout, fonder une nouvelle économie du partage et de la connaissance, poser des limites à la démesure des désirs des consommateurs, notre message n’a pas laissé indifférent », assure le même texte.

« Nous n’avons plus de place au PS, il faut le dire. Notre vision spirituelle et personnaliste est rejetée par la direction du PS », déplore Philippe de Roux, le porte-parole du courant chrétien, soulignant que les Poissons roses n’ont même pas été reçus par le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

Pour Philippe de Roux, « cette fermeture est suicidaire pour la gauche ». « Nous représentons beaucoup de monde, en particulier dans tous les réseaux de l’action sociale, prévient le porte-parole. Mais aussi un pont avec les musulmans qui ont déserté le PS, principalement en raison des options sociétales. »

« Une grande recomposition est inévitable à gauche », veut croire le porte-parole des Poissons roses après ce désaveu.

« Je nous accuse, les chrétiens de gauche, de naïveté et de paresse »

Christine Pedotti: "Nous, chrétiens de gauche, avons été naïfs et paresseux"A lire, cette interview de Christine Pedotti, écrivain, journaliste, cofondatrice de la Conférence des Baptisés de France et directrice du mensuel Témoignage Chrétien: « Nous sommes devant une défaite idéologique. Nous pensions que notre cause, si juste et évidente, n’avait pas besoin d’être énoncée. Nous avons cru à l’action, mais n’avons pas explicité ce que nous faisions. Or, l’homme ne vit pas seulement de pain, il vit aussi de parole, nous dit la Bible. Nous avons oublié d’annoncer que la fraternité n’est pas simplement un bon sentiment. C’est le moyen de sauver nos âmes. Je nous accuse, les chrétiens de gauche, de naïveté et de paresse. Nous pensions que nos valeurs tombaient sous le sens. Que voit-on aujourd’hui? Le développement d’un mouvement intitulé “Sens commun”, issu du conservatisme catholique. Voyez à quel point nous sommes dépouillés ! »

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Gauche française et catholicisme

capture-fc« Le récit canonique refait par Julliard trouve en lui-même sa propre objection lorsque l’intéressé constate que ‘les catholiques sociaux, à force d’être sociaux, ont fini par négliger d’être catholiques’. Il doit bien y avoir quelque raison à cela qu’il s’agirait d’examiner avec rigueur. La référence qui est faite, je crois à contre-emploi, au père de Lubac devrait mettre sur la piste de ce qui fut à l’origine d’un dévoiement. Car le grand théologien avait désapprouvé, dès la fin de la guerre, l’évolution d’un courant qui croyait que Vatican II consacrait sa victoire, alors qu’il se précipitait sur une voie d’apostasie.

Mais le désaccord sur l’histoire rebondit sur le désaccord sur le présent. Non, le catholicisme d’affirmation qui renaît aujourd’hui n’a rien à voir avec un repli intégriste. Mais il faudra en discuter plus avant ».

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La gauche française maîtrise toujours aussi bien l’art du suicide politique

capture« Tous les observateurs ont souligné que la droite avait choisi son candidat aux élections présidentielles parce qu’il n’a pas peur d’assumer ses convictions. La gauche espère-t-elle sincèrement gagner pouvoir faire jeu égal avec François Fillon avec des manœuvres digne de L’Art de la guerre pour les nuls ? Axel Kahn en a douté sur son blog dès le lendemain de la primaire de droite. […] ‘En mai soixante-huit déjà le divorce était manifeste entre ceux qui revendiquaient de jouir sans entrave et les travailleurs qui poursuivaient avant tout des revendications de salaires, de conditions et de temps de travail’. En somme, si ces milieux, qui n’ont pas voté à la primaire de la droite, ne votent pas PS en avril et mai 2017, ce ne sera pas pour voter Fillon mais pour voter Le Pen. La gauche française maîtrise toujours aussi bien l’art du suicide politique ».

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Merci aux chrétiens de gauche !

prUne fraction de la gauche parlementaire s’est exprimée de manière indigne après la lettre pour le moins digne que Mgr Ponthier a adressée à François Hollande en marge du débat sur le délit d’entrave numérique à l’IVG. Un coup de canif supplémentaire et inutile, en marge d’un combat politique dévoyé, mais qui à la longue et après d’autres épisodes peut laisser douter de la capacité de la gauche en France, dans son expression majoritaire, à comprendre que l’Eglise ne lui veut pas nécessairement du mal, ni même aux Français, mais souhaite juste contribuer au débat à la mesure de ce qu’elle voit et de ce qu’elle est.

Et pendant ce temps ou presque, les Poissons Roses, s’inscrivant dans le personnalisme d’Emmanuel Mounier mais aussi dans l’histoire de la gauche française, et souhaitant proposer à gauche une autre approche des sujets, publiaient « en tant que chrétiens » une tribune dans les colonnes de la Croix, en vue des prochaines élections présidentielles :

Nous appelons les chrétiens de France à ne pas succomber à un esprit de dureté et de revanche sociale, et à choisir la Fraternité.
Nous appelons la gauche à se mobiliser unie sans exiger des croyants qu’ils renoncent à leurs convictions.
Nous appelons le Parti Socialiste et toute la gauche à ne pas se refermer et à reconnaître les diverses spiritualités comme l’un des fers de lance de son combat pour la justice.
Et nous appelons la gauche à partager ce projet généreux avec la France.

Pour la santé de la démocratie en France et parce que les chrétiens ne peuvent être d’un seul parti, on ne peut que souhaiter que ces Poissons prennent la place à gauche que l’on prête à Sens Commun à droite ! Et en attendant, oui, bravo, merci et tous nos vœux de réussite à eux !