« Franz Stock, ce n’est pas un nom, c’est un programme ! »

Il y a 70 ans, le 24 février 1948, l’abbé Franz Stock mourait à 43 ans à l’hôpital Cochin à Paris.

Recteur de la mission catholique allemande de Paris avant la guerre, il est nommé aumônier des prisons de La Santé, Fresnes et Le Cherche-Midi ; à ce titre, il accompagna des milliers de condamnés à mort jusqu’au peloton d’exécution.

A la Libération, il devient prisonnier de guerre à Cherbourg, puis à Orléans. L’Aumônerie Générale des prisons souhaite permettre aux séminaristes allemands prisonniers de continuer leurs études pour accéder au sacerdoce. L´Abbé Stock est choisi pour diriger ce « séminaire des barbelés », qui est installé dans un camp près de Chartres. De 1945 à 1947, 949 prêtres et séminaristes passent par ce séminaire. Le Nonce apostolique, Mgr Roncalli – futur saint Jean XXIII – visite à plusieurs reprises ce camp. Epuisé, il meut quelques mois après la fermeture du séminaire. Son procès de béatification est en cours.

Pour célébrer les 70 ans de sa mort, une cérémonie aura lieu cet après-midi à Chartres où il est enterré, et son Journal de Guerre vient d’être publié.

Retour sur les voeux de Macron aux autorités religieuses

Nous avions parlé des voeux en demi-teinte d’Emmanuel Macron aux représentants des cultes. Voici tout de même un passage intéressant :

2018 sera, à cet égard, inscrite sous le signe de la réconciliation et du dialogue. Ainsi nous fêterons cette année le 70ème anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l’homme, de l’Organisation des Nations Unies et vous célébrerez aussi le même anniversaire de la création du Conseil œcuménique des Eglises, prélude du rapprochement des confessions chrétiennes et la naissance de l’Amitié judéo-chrétienne de France, après le cataclysme de la Shoah.

Et cette année 1948, ce fut aussi celle de la mort du père Franz STOCK qui fit tant pour le rapprochement entre Français et Allemands, comme celle de l’élection du patriarche de Constantinople, Athénagoras, initiateur d’un processus de réconciliation entre catholiques et orthodoxes.

Tous les échos de 2018 seront ceux de la réconciliation et ils nous conduiront à éclairer le travail qui sera le nôtre, indispensable durant l’année qui vient.

Puisse cette année servir réellement à la réconciliation !

Il y a 70 ans, le Séminaire des Barbelés fermait ses portes.

La messe au Séminaire des Barbelés

Ce séminaire, ouvert initialement à Orléans au printemps 1945, puis installé au Coudray, à la sortie de Chartres, d’août 1945 à juin 1947, avait été créé pour regrouper les séminaristes parmi plus d’un million de prisonniers allemands en France. […] Au total, 939 prêtres, religieux et séminaristes allemands sont passés au Coudray et 630 en sont sortis comme prêtres. Le supérieur du séminaire des barbelés, le Père Georges Le Meur, ancien prisonnier politique de Fresnes, avait insisté pour que son recteur soit le prêtre allemand Franz Stock, qui avait été, pendant toute la guerre, aumônier des prisons de Fresnes, de la Santé et du Cherche-Midi et qui avait accompagné avec un dévouement sans faille plus d’un millier de futurs fusillés au fort militaire de Suresnes.

C’est la fermeture de ce séminaire particulier qui a été célébrée ce samedi 27 mai à Chartres, en présence d’une trentaine de séminaristes allemands, accompagnés de quelques autres « Chartrenser » – anciens séminaristes allemands à Chartres – lui-même ancien du séminaire, Mgr Michel Pansard, évêque de Chartres, et Mgr Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris. (La Croix)

Découvrir la vie de Franz Stock et lire son discours pour la fermeture du séminaire.