Dimanche et les jours d’après …

indexForce est de constater que les échéances électorales, et en particulier l’entre deux tours de la Présidentielle, auront suscité une belle diversité de réactions et prises de positions dans l’Église catholique. On peut s’inquiéter de la gravité du moment, on peut tout de même se réjouir de cette pluralité d’engagements dans nos rangs, tout en regrettant parfois l’acidité des échanges entre frères et soeurs en Christ, en particulier sur les réseaux sociaux …

La Vie nous propose une recension de ces contributions, utile pour nourrir son discernement avant d’aller voter.

Mais sans doute notre énergie et notre espérance doivent se placer dans l’après : les législatives et, au-delà encore, notre présence citoyenne sur les grands enjeux de société qui ont du prix à nos yeux, par nos engagements associatifs, médiatiques, etc.

C’est le sens de la tribune de Dominique Quinio, Présidente des Semaines Sociales de France :

Combien auront la volonté de suivre la réalisation des programmes et de s’engager, eux-mêmes, dans l’arène politique ou dans les associations pour faire avancer leurs convictions ?
Les grands rendez-vous électoraux rétrécissent notre champ de vision politique, laissant penser que notre devoir citoyen s’arrête après le vote, aussi crucial soit-il.

Appel de la revue ESPRIT en faveur d’Emmanuel Macron

La revue Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, publie un appel sans ambiguïté pour un vote au second tour en faveur d’Emmanuel Macron, dont voici la conclusion :

La position d’Esprit est donc claire : pour la sauvegarde des libertés fondamentales, il importe, ce dimanche 7 mai, d’apporter massivement nos voix à Emmanuel Macron, et de ménager la plus large défaite possible à la candidate Marine Le Pen. Nous vivons un moment ou plutôt une épreuve historique : se comporter en simples spectateurs, sans engagement, serait le pire des comportements.

A lire en intégralité ici.

Marine Le Pen, Richelieu : même combat ?

richelieuUtile et fort à propos mise au point du Pasteur James Woody après la sortie de Marine Le Pen sur Richelieu et nos frères protestants :

“Il n’a pas été très amical avec les protestants”. En utilisant un euphémisme (Lors du siège de La Rochelle entre 1627 et 1628 seuls un peu plus de 5.000 personnes auront la vie sauve, sur les 27.000 habitants que comptait la ville), le journaliste pousse Marine Le Pen à en dire plus sur le rapport de Richelieu à la communauté protestante et sur ce qu’elle admire chez cet homme d’Etat : “c’est peut-être les protestants qui avaient des exigences à l’époque, qui allaient à l’encontre de la Nation.”

L’ensemble de l’article est à lire ICI.

Nouvelle mise au point sur les catholiques et le vote FN

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Une étude publiée par le Cevipof (Sciences Po) illustre la pertinence de la variable de la pratique religieuse dans l’analyse du vote. Contrairement à d’autres études récentes, rapporte La Croix, cette dernière étude montrerait que les catholiques pratiquants voteraient moins pour le FN que la moyenne des Français, contrairement aux catholiques pratiquants occasionnels et non-pratiquants.

Il serait particiculièrement intéressant de compléter ces études par une approche géographique, la sociologie française – et plus spécialement la sociologie catholique – ayant tendance à évoluer vers une homogénéisation des groupes selon les espaces géographiques (urbains, périurbains, périphérie urbaine lointaine, rural, …). Non seulement les catholiques ne sont sans doute pas étrangers à cette tendance à la fragmentation spatiale, mais les récentes évolutions qu’a connu l’Eglise pourraient encore accentuer la tendance (émergence des communautés nouvelles et renouveau associatif en milieu urbain, recul des espaces d’engagement et de sociabilité traditionnels en milieu périurbain et rural, …). Le catholique des champs vote-t-il comme le catholique des villes ? Cette donnée pourrait être à l’origine de brouillages dans la perception de l’ancrage politique des catholiques, agissant par effets de concentration atténués dès lors que l’on considère les données à l’échelle nationale.

Source photo : Un bureau de vote à Evry, au second tour des élections départementales le 29 Mars 2015. Martin Bureau/AFP

Radiographie du vote catholique à la mi-janvier

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Famille Chrétienne expose les résultats d’un sondage Ifop sur le vote des catholiques à la présidentielle, effectué à sa demande.

Si la dynamique en faveur de François Fillon semble se confirmer, il est intéressant de constater que le vote FN des catholiques pratiquants s’est considérablement rapproché de la moyenne des Français et qu’Emmanuel Macron mobilise beaucoup moins chez les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population (9% d’un côté, 17% de l’autre).

A ce stade, plusieurs facteurs amènent à prendre avec des pincettes ces intentions de vote des catholiques, comme les intentions de vote en général. Les catholiques ne sont pas plus épargnés que l’ensemble des Français par une lassitude à l’égard de la classe politique, une tendance au vote « flottant », incertain, évoluant au gré des mois et des semaines. A gauche, le champ reste encore très ouvert dans l’attente des résultats des Primaires et, plus encore, de ses suites : dans quelle mesure se dirige-t-on vers une dispersion des votes à gauche ? Les catholiques ont sans doute des positions plus arrêtées que la moyenne des Français sur les différents candidats de la Primaire de gauche, selon leur rapport au fait religieux, ce qui pourrait les amener à dédaigner le candidat socialiste, selon la personalité élue.

Libé face au phénomène Fillon

Sans titre

Encore un article qui s’emploie à analyser la place de l’électorat catholique dans la présidentielle.

Alain Duhamel livre dans une chronique politique publiée dans Libération hier son analyse sur le fameux «je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien» de François Fillon, qui n’a pas fini de faire couler de l’encre. La première partie est intéressante, rappelant que l’argument de « séparation entre politique et religion » est un faux argument. Il est dommage que la seconde résume la question identitaire au seul vote FN, sans analyser davantage les évolutions de l’électorat de droite, la droitisation de la vie politique française, la connexion croissance entre questions identitaires et questions religieuses. Preuve que le FN polarise toujours les commentateurs de la vie politique française, plus encore que le seul jeu politique.

Un article qui peut néanmoins être salué dans la mesure où il part du point de vue des catholiques :

« C’est, en réalité, plus gênant pour l’Eglise catholique que pour la République laïque, car l’objectif de François Fillon n’est en rien de remettre en cause la loi de 1905 mais est, en revanche, très clairement de disputer l’électorat catholique traditionaliste au FN. »

Catholicisme et libéralisme sont dans un bateau

Le pape Léon XIII et François Fillon, montage.

Au sortir d’une période mouvementée pour les catholiques dans l’espace médiatique, dans le contexte de la Primaire de la droite et du centre, la presse se tourne vers des analyses plus approfondies sur ce qu’implique le catholicisme en matière de contenu politique. Un mot semple émerger plus particulièrement, et pourrait bien devenir l’une des clés de voûte de l’élection présidentielle : libéralisme.

Ainsi, un journaliste de l’Obs s’essaie à un cours sur la doctrine sociale de l’Eglise (qu’il confond au passage avec ce que pourrait être un axe socialisant de la DSE) pour mettre en valeur les prises de position anti-libérales de l’Eglise sur le plan économique au cours de l’Histoire. En dépit des approximations dont fait preuve cet article, il a au moins le mérite de s’interroger sur ce qu’est le catholicisme en politique, en questionnant la labellisation AOC de « candidat catholique » de François Fillon. En guise de conclusion, l’article en appelle à François (le pape) contre François (le candidat LR), confirmant la tendance actuelle à faire de la figure du Pape un baromètre de la pensée politique catholique et une figure d’autorité reconnue de tous.

De son côté, la Croix identifie cette question du libéralisme économique à un courant, qui est celui du catholicisme social, s’interrogeant sur les mutations de l’univers catholique : à rebours des prises de position du Pape François, les catholiques français se détourneraient du message ecclésial sur les questions économiques pour conforter un catholicisme « bourgeois », moral et libéral.

Cette question libérale, qui se trouve aujourd’hui interrogée dans ses liens avec le catholicime, devrait se trouver au centre des débats économiques, depuis le programme libéral d’Emamnuel Macron jusqu’aux attaques du FN en direction de la droite sur ses options libérales. Car le libéralisme de François Fillon pourrait bien amener le FN à cimenter un discours anti-libéral et étatiste en direction des classes populaires, pour se poser en protecteur des acquis sociaux. Le débat ne pourra qu’être salutaire pour les catholiques, encore peu mobilisés sur les questions économiques et ainsi interrogés dans leur adhésion globale aux discours de l’Eglise. Le front national et la gauche au service de la pensée sociale ?

Source photo montage

Marion Maréchal Le Pen « sert » à faire basculer les catholiques.

Dans Le Parisien

Marion Maréchal-Le Pen défilera à nouveau demain aux côtés des anti-mariage gay à Paris. En quatre ans, la députée FN du Vaucluse de 27 ans est devenue la madone de la Manif pour tous. De quoi marquer sa différence avec sa tante, Marine Le Pen, ou encore Florian Philippot, le numéro deux du Front, qui, eux, bouderont l’événement.

Catholique pratiquante revendiquée — tendance traditionaliste —, Marion Maréchal-Le Pen est celle qui au sein du FN a su trouver les mots justes pour murmurer à l’oreille des cathos.

« Elle a libéré un certain nombre de personnes. Et c’est vrai que le vote FN a fortement progressé chez les catholiques pratiquants lors des dernières régionales », martèle un de ses proches. De quoi donner des idées à sa tante, pourtant peu passionnée par le sujet : « Marine Le Pen a pris conscience qu’il y avait un basculement des catholiques. Et c’est à ça que sert Marion », décrypte un soutien de la présidente du FN.

 

L’Eglise répond à Robert Ménard

Interrogés par La Vie, l’archevêque de Montpellier et le recteur de la cathédrale de Béziers réagissent à l’utilisation par le maire de l’image de la cathédrale pour sa campagne xénophobe.

Bien évidemment nous n’avons pas eu notre mot à dire sur l’utilisation de l’image de la cathédrale sur les affiches de Robert Ménard et les gens qui me connaissent savent que je ne soutiens pas ce dénigrement des étrangers. (le père Bernard Boissezon, recteur de la cathédrale)

C’est une affiche que je trouve regrettable et déplorable. Contrairement au message qu’elle véhicule, je ne me sens pas encerclé. Mais le but d’une telle campagne d’affichage est de susciter la polémique et nous ne voulons pas tomber dans un tel piège. En même temps, il faut être clair, cette affiche ne correspond ni à l’Évangile, ni aux paroles du pape François  en termes d’accueil de l’autre. (Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier)

Lire l’intégralité de l’article sur La Vie.

Les églises ne sont pas des forteresses mais des refuges

robert-menard-nos-eglises-ne-sont-pas-des-forteressesJean-Pierre Denis (directeur de la rédaction de La Vie) et Erwan Le Morhedec (avocat, blogueur et contributeur du Samaritain) publient aujourd’hui une tribune dans Le Monde suite à l’odieuse campagne d’affichage du maire de Béziers, pour rappeler aux chrétiens comme aux non-chrétiens cet essentiel de l’espérance qui nous est donnée par notre Seigneur : que « les lieux de culte catholique ne sont pas des forteresses mais des refuges ».

Nous ne voulons pas rester inertes devant la manipulation du religieux à laquelle s’emploie, entre autres, Robert Ménard – depuis l’affaire de la crèche jusqu’à celle de la cathédrale. Le néo-maurrassisme du maire de Béziers est un paganisme. L’identitarisme trahit le christianisme.

Il faut donc le rappeler : les lieux de culte catholique ne sont pas des forteresses mais des refuges. Depuis le Moyen-Âge au moins, les églises ont toujours été des maisons de paix, et souvent d’asile. Plus que jamais, elles demeurent ouvertes à tous, chrétiens et non chrétiens, croyants et incroyants. L’accueil y demeure inconditionnel. N’importe qui peut y rentrer pour y trouver, au moins, la sérénité. Ou, nous l’espérons, pour y rencontrer le Christ.

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Lisez plus souvent l’Evangile que les textes politiques

Mgr Pontier : « Notre société est devenue pluriculturelle »A lire : cette interview de Mgr Pontier, président de la Conférence des Evêques de France, au journal Le Monde.

Sur l’Islam :

Pour l’Eglise, le vivre-ensemble est possible. Il faut le réussir en favorisant les rencontres et tout ce qu’on peut « faire » ensemble. […]

Il vaut mieux encourager ceux-là, ceux qui au sein de l’islam cherchent la manière de vivre leur religion dans la République, que passer son temps à dénoncer les autres.

Sur l’accueil des réfugiés :
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Extrême droite, des mouvements chrétiens proposent de réfléchir

Extrême droite, des mouvements chrétiens proposent de réfléchirC’est le titre d’un article du journal La Croix daté d’aujourd’hui. Il revient sur l’idée d’envoyer à tous ses lecteurs un numéro spéciale intitulé quant à lui : « Extrême droite : écouter, comprendre, agir ». Une dizaine de mouvements chrétiens, partenaires de la revue jésuite Projet, sont impliqués dans la création de ce dossier dont La Croix a accepté d’être le support.

De fait, si pour lutter contre les maladies cardiovasculaires on propose généralement de faire du sport, il paraît aussi judicieux que primordial, face à la progression de l’extrême-droite, de proposer de réfléchir. Initiative salutaire !

Martyrs de l’Eglise

Citant la condamnation par Rome de l’Action Française (en fait celle du journal, et de certains écrits de Maurras) Jacques de Guillebon, journaliste et collaborateur de Marion Maréchal Le Pen, se lamente : « ce sont toujours les mouvances supposées réactionnaires et fortement catholiques qui ont subi les foudres de l’Eglise en France« . Réinformons : pour un unique exemple contraire, il faut compter le Sillon, sévèrement condamné par Pie X en 1910, et les prêtres-ouvriers, condamnés de façon réitérée. Et si l’on élargit le champ, la théologie de la libération a pas mal mangé aussi.

A Hayange : le Secours Populaire expulsé par le maire

Réaction de Julien Lauprêtre, Président du Secours populaire français :

Honte au maire d’Hayange qui a décidé d’expulser le Secours populaire français. Jamais un élu de la République n’avait pris une telle décision. […] C’est un crime contre la solidarité : que vont devenir les 770 personnes aidées et accueillies par le Secours populaire dans cette commune ? Des dizaines de familles monoparentales, des enfants, des personnes âgées, victimes de la pauvreté et de l’exclusion et parmi elles, plusieurs familles de réfugiés-migrants chassés de leur pays par la guerre et la misère.

N’acceptons pas cette mesure scélérate. Le Secours populaire francais doit pouvoir continuer, à Hayange comme partout ailleurs, d’aider en toute indépendance toute personne qui a besoin d’aide, d’accueil, d’écoute, d’une solidarité au quotidien. La haine ne passera pas.

Le FN s’en prend à La Croix

« Le FN s’en prend à La Croix, journal le plus anti-patriote », titre Le Figaro. La Croix a en effet décidé de distribuer un numéro de la revue Projet consacré à l’extrême-droite.

On ne lutte pas contre la volonté des imams d’imposer leurs discours pour recevoir par ailleurs des leçons des curés !

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