C’est la vie qui a gagné !

Quand un prêtre du diocèse de Bordeaux, le p. Pierre-Alain Lejeune, narre simplement quelques dernières heures de vie auprès d’une femme, c’est touchant de justesse…

 L’infirmière de garde s’approche et nous murmure : « Vous vous connaissez bien ? ». Elyane semble sourire, muette derrière le masque qui lui impose son rythme de respiration mécanique. Debout à coté de son lit, je réponds à l’infirmière : « Nous nous connaissons depuis peu mais nous nous connaissons très bien ». 

La suite de ce très beau récit par ici >>

Une « ambulance du bonheur » pour un rêve en fin de vie

stiching-ambulance-wens-malades-voeux-reves-1Réutiliser une ambulance comme outil du bonheur, voilà l’idée de Kees Velboer. Cet ambulancier néerlandais retraité consacre sa vie à réaliser les rêves des patients en phase terminale. L’association qu’il a créée s’emploie à exaucer les derniers vœux des malades incurables. Depuis 13 ans, ce sont 14.000 personnes qui en ont bénéficié !

Le plus souvent, la durée des sorties varie de quelques heures à un jour entier, selon les besoins de la personne et du lieu où elle souhaite se rendre. Grâce aux équipes médicales et aux 6 ambulances aménagées, les patients peuvent ainsi revoir la mer ou la montagne, se rendre à un mariage, un match de football, au zoo et certains décident même de visiter des musées.

Une belle initative que Creapills nous raconte ICI et à retouver sur le site de l’association LA

L’appel de 175 associations de bénévoles, pour les soins palliatifs, contre l’euthanasie

Ce sont des personnes ordinairement discrètes, présentes en silence auprès de malades, en ces lieux auxquels on n’aime guère penser, où l’on préfèrerait ne pas aller, que ce soit pour soi-même ou pour un proche. Elles, elles y sont quotidiennement. Elles sont des milliers, elles offrent des centaines de milliers d’heures par an. Elles rechignent pourtant à en parler parce qu’elles refusent de globaliser ce qui reste un accompagnement personnel et singulier. On les entend peu, probablement parce qu’à la différence d’une autre association, elles consacrent leur temps non à militer mais à accompagner. Pourtant, elles, elles ont l’expérience concrète de la fin de vie. Alors cette fois-ci, elles ont voulu se faire entendre, en développant douze raisons de dire non à l’euthanasie, sur laviepaslamort.fr.

Évaluation officielle de la loi sur la fin de vie en France

Analyse du rapport de l’IGAS dans La Croix :

À la lecture de ce texte s’impose un premier constat, et non des moindres : les auteurs décernent un satisfecit à la législation actuelle qui constitue, soulignent-ils, « une réponse adaptée à la prise en charge de l’immense majorité des parcours de fin de vie ».

Parmi les trente recommandations qu’ils émettent pour améliorer la loi, les experts de l’Igas excluent la possibilité de légaliser l’euthanasie ou le suicide assisté, estimant que « la stabilité du cadre juridique est une condition de sa bonne appropriation par les professionnels et par les personnes en fin de vie, leur famille et leurs proches ».

On aimerait, simplement, comprendre pourquoi

Jean-Yves Nau réagit à propos de la conclusion de l’audience du tribunal administratif du 19 avril :

On se souvient de l’essentiel du dernier chapitre de cette tragédie vieille de dix ans. Le 17 avril 2018, les parents de M. Vincent Lambert, un de ses frères et une de ses sœurs ont saisi le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’un référé-liberté visant à suspendre la décision du 9 avril 2018 prise par le Dr Sanchez, médecin au centre hospitalier universitaire (CHU) de Reims, à l’issue d’une procédure collégiale, « d’arrêter les traitements de maintien en vie de M. Vincent Lambert, en l’espèce la nutrition et l’hydratation artificielles, en assortissant cet arrêt de la mise en œuvre préalable d’une sédation profonde et continue ».

Ehpad : une profonde remise en question est nécessaire et possible

« En tant que directeur d’un hôpital de proximité qui gère une maison de retraite, je peux témoigner qu’une profonde remise en question générale est nécessaire et possible. Encore faut-il regarder le cœur des problèmes: la question posée par la crise des Ehpad n’est pas d’abord une crise des moyens ; c’est un doute profond sur le sens de ce qui y est fait. Une remise en cause d’une dérive technicienne, un appel à la mise en place d’une réelle politique de la dignité ».

Vincent You, directeur d’Ehpad

Fin de vie : la ministre de la Santé n’est pas favorable à une nouvelle loi

« C’est une prise de position sur la fin de vie qui risque d’être remarquée, en plein cycle des États généraux de la bioéthique, ouverts le 18 janvier dernier. Auditionnée mercredi en fin d’après-midi au Sénat au sujet de la situation dans les Ehpad, la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn, a indiqué à la commission des Affaires sociales qu’une nouvelle loi sur l’organisation de la fin de vie ne serait pas utile : ‘Je ne pense pas qu’une loi supplémentaire permettrait de résoudre la situation, a-t-elle affirmé aux sénateurs, je crois réellement que la loi Claeys-Leonetti suffit' ».

Sur publicsenat.fr

Accompagner les mourants

« Je suis sans cesse en train d’apprendre et de guider moi-même les autres, de leur transmettre ces leçons : comment découvrir une personne, en profondeur, au fur et à mesure de sa maladie. La découvrir à travers les mots, puis quand il n’y a plus de mots. Savoir aussi quand on se donne une mission qui n’est pas la nôtre — celle de changer ce sur quoi nous n’avons aucune prise. Certains jours, je dois constamment me rappeler à l’ordre ».

Amy Levine sur huffingtonpost.fr

« On ne soigne pas des mourants, mais des vivants »

Il peut nous arriver d’être chafouin lors de la publication d’un article. Ne niez pas, ça arrive.

Raison de plus pour signaler ce reportage exemplaire de France Info sur une unité de soins palliatifs.

Afin de les recevoir dans un cadre moins austère qu’une salle d’attente d’hôpital, deux salons ont été aménagés. Les enfants peuvent y dessiner, on peut prendre un café ou bouquiner sur des canapés moelleux. « Le temps passé à l’écoute des malades et des familles fait partie des soins, affirme Margot, infirmière. Le moindre détail compte dans cette prise en charge. » Cela va du reconditionnement des traditionnels plateaux-repas, dans de la vaisselle colorée pour égayer le quotidien, à la baignoire de balnéothérapie, qui permet d’améliorer sensiblement la toilette.

Une maison de retraite qui donne le sourire

Le quotidien de l’écologie Reporterre dresse le portrait d’une maison de retraite pas comme les autres.

À Nancy, la maison de retraite Simon-Bénichou est un lieu ouvert sur son voisinage, où les pensionnaires vivent la fin de leur existence au contact notamment d’écoliers.

Dans ce lieu de vie à part entière, les résidents vivent environnés de poules, d’enfants, de ruches. Un marché, des animations et la gestion d’un compost de quartier y ont trouvé leur place.

Un beau moyen de revenir aux fondements de l’encyclique Laudato Si du Pape François, rappelant que « tout est lié », depuis l’attention portée à la Vie et à la nature jusqu’à l’importance des liens sociaux et de la transmission. Une illustration de lutte contre ce que le Pape qualifie de « culture du déchet ».

A lire pour aborder 2018 avec le sourire.

Un détour pour voir une dernière fois la mer

Parfois, ce ne sont ni les médicaments, ni la formation ni les compétences qui comptent. Parfois, tout ce dont vous avez besoin pour faire la différence, c’est de l’empathie.

Une équipe d’ambulanciers a fait tout son possible pour accompagner une femme malade voir une dernière fois la mer avant de l’emmener dans un service de soins palliatifs.

Grâce leur en soit rendue.

EHPAD et fin de vie

« Je l’ai remarqué depuis longtemps : lorsque l’établissement d’accueil n’est pas à l’aise avec le fait que les personnes vulnérables et dépendantes qu’il accueille vont mourir un jour, si le personnel n’est pas formé à l’écoute, à la compassion, à l’attention aux besoins affectifs et spirituels, si les souhaits des résidents ne sont pas entendus, ni respectés, cette carence de formation engendre des situations indignes et une grande solitude ».

Marie de Hennezel, dans Ouest France

Refuser l’accélération de la fin de vie

xvm79d51b5c-a434-11e6-9e31-ac0d491c80bbLe constat de l’accélération de notre vie quotidienne est largement partagé. Ce qui l’est moins, c’est son impact sur la fin de vie, sur notre acceptation du temps de mourir et du fait que ce temps-là, redouté, peut encore offrir des moments essentiels, qu’il serait dommage d’abréger. Cet article du Figaro évoque une étude qui paraît prometteuse en ce sens.

Penser à sa fin de vie est pour beaucoup très difficile, voire quasi impossible. Mais ce défi spécifiquement humain souffre de plus, aujourd’hui, d’être associé à des images extrêmes. D’un côté, les conflits militants autour du droit à l’euthanasie, au suicide assisté. De l’autre, les images embellies des productions hollywoodiennes, tous ces films dans lesquels le mourant dit «je t’aime» à ceux qui restent, où les secrets familiaux sont enfin dévoilés. (…) « Je voulais décrire pourquoi, et notamment chez ceux qui souhaitent maintenir jusqu’au bout les entretiens avec les psychologues, la fin de vie peut devenir, du point de vue identitaire, une opportunité »

Colloque « Penser le suicide »

L’université de Strasbourg organise un colloque interdisciplinaire sur le sujet sensible et douloureux du suicide. Outre les aspects sociologiques, psychologiques et théologiques, seront abordés les questions éthiques actuelles de la fin de vie, de l’euthanasie et du suicide assisté. La faculté de théologie catholique est co-organisateur.

Présentation sur le site du diocèse de Strasbourg :

Le suicide pose à la conscience de l’être humain d’innombrables et redoutables questions, d’ordres tout à fait divers : celles de la liberté et du rapport à soi ; celles du lien social et du rapport aux autres ; celles de l’interdit et de sa transgression ; celles des limites entre le normal et le pathologique ; celles du sens et du prix de la vie et de la confrontation à l’absurde ; celles des conditions de vie et du harcèlement au travail ; celles, enfin, de la fin de vie et de la dignité des malades et des vieillards. L’enchevêtrement de ces multiples registres risque fort d’embrouiller la réflexion et de parasiter le débat, voire de faire de la réalité du suicide une insondable aporie. Peut-on, à proprement parler, penser le suicide ?