Mar Behnam, la reconstruction

Après quatre semaines de travaux, le relèvement du sanctuaire de saint Behnam (IVe siècle), détruit par Daech, touche à sa fin. Il se compose de deux pièces, une première, assez petite, qui débouche sur une plus grande. Dans la partie droite de celle-ci, quelques marches descendantes – encore à construire – permettront d’accéder au mausolée. Et, détail intriguant, se trouve face à la porte une abside faisant penser qu’il a pu autrefois s’agir d’une petite église.

On a dit qu’il s’était sacrifié, c’est tout l’inverse

Entretien avec Sonia Mabrouk, à l’occasion de la sortie de son roman sur les enfants français du djihad, Dans son cœur sommeille la vengeance :

Pour Houellebecq, Michel Onfray, et d’autres, c’est la fin programmée de la civilisation judéo-chrétienne. Je pense que les valeurs de cette civilisation ne sont pas sa faiblesse, son talon d’Achille, mais sa force. Un exemple concret : Arnaud Beltrame. On a dit qu’il s’était sacrifié. C’est tout l’inverse. C’est une véritable mission, une mission de vie. Il a opposé au terrorisme un vrai projet, un projet de spiritualité. Le Général de Gaulle disait : « Quand nous mourons, nous allons vers la vie ». Je pense que c’est ce qu’a fait Arnaud Beltrame. Il a puisé dans ses valeurs chrétiennes.

Les Mossouliotes n’ont plus peur

Ahmad Hassan, du département de français de l’université de Mossoul : ‘La vraie solution, ce n’est pas l’armée, ce n’est pas la police. C’est le renseignement et la connaissance. Avant 2014, il était impossible de dénoncer les terroristes, à cause de la corruption et de la peur. Mais maintenant, je suis prêt à mourir plutôt que de vivre sous Daech. Daech m’a menacé, a tout détruit, a forcé ma femme à porter le voile intégral, m’a obligé à me faire pousser la barbe. Les Mossouliotes n’ont plus peur' ».

Jérémy André sur lepoint.fr

Le patrimoine culturel de Mossoul après Daesh

« C’est une autre bataille qui est menée après la libération de Mossoul : celle de la reconstruction du patrimoine irakien. En effet, l’État Islamique a mené un véritable nettoyage culturel. La Mosquée Al-Nouri  de Mossoul et son minaret penché, symbole de la ville, a été détruite ainsi que plusieurs églises : celles des dominicains ou l’église Saint-Thomas, ‘toujours debout mais dans un piteux état’. La bibliothèque et le musée de Mossoul ont également été détruits ».

Faraj-Benoît Camurat sur RCF

Des chrétiens syriens survivants de Daech témoignent

C’est un témoignage bouleversant que nous donne à lire Laurence Desjoyaux dans La Vie : « pendant plusieurs mois, voire plusieurs années pour certains, une poignée de chrétiens a vécu sous la coupe du groupe État islamique dans son bastion syrien de Raqqa. » A l’été 2014, Ruba, son époux Yousef et leurs enfants réussissent à fuir Raqqa, sous la domination des djihadistes depuis un an. Vanis y restera quant à lui jusqu’en 2016.

Ils ont détruit les croix de plusieurs églises et les ont remplacées par leur drapeau , se souvient Ruba. Ils ont brûlé des objets religieux et nous ont interdit d’y pratiquer notre foi. Nous devions prier uniquement dans nos maisons. Mais nous avons eu tellement peur que j’ai retiré tous les signes religieux visibles chez nous.

A partir de janvier 2014, les chrétiens de Raqqa doivent se soumettre aux règles de Daech : « On nous a demandé de nous convertir, de payer la djizia ou bien de partir. » Vanis, un chrétien arménien décidera de rester, jusqu’à être complètement ruiné. Il raconte :Lire la suite

Les coptes, cibles de Daech

© AFP PHOTO / STRINGER
© AFP PHOTO / STRINGER

Installées en cercle dans un jardin verdoyant, le vent du Nil caressant leurs visages, quatre femmes vêtues de noir jouissent de la douceur d’Ismaïlia, ville située sur les rives du canal de Suez, dans le nord-est de l’Égypte, ce dimanche 26 février. Comme plus d’une centaine d’autres familles menacées par l’État islamique, ces chrétiennes ont quitté précipitamment El-Arish, dans le Nord-Sinaï, près de la frontière avec Gaza. Depuis 2013, l’armée égyptienne tente péniblement d’anéantir les militants lourdement armés, à commencer par Province du Sinaï, un groupe qui a prêté allégeance à Daech en novembre 2014.

Les quatre femmes entourent Nabila Fawzy, le regard lourd sous son khôl, qui souligne ostensiblement ses paupières. Le double assassinat sauvage qui a emporté son mari et son fils, quelques jours plus tôt, a fait la une de la presse égyptienne, amorçant un débat public sur le sort des chrétiens du Nord-Sinaï, dont sept ont été exécutés au cours du mois dernier.

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« Plus le mal me touchait, plus je trouvais en moi la force de Dieu »

Les Yézidies, esclavage et génocide: témoignages recueillis par L’Osservatore RomanoL’Osservatore Romano des 19-20 décembre 2016, en italien, publie une « conversation » de Fausta Speranza avec les deux lauréates yézidies du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, intitulée : « Victimes de la violence de daech ». Elles ont 23 et 18 ans, elles dénoncent le fait qu’encore « trois mille jeunes Yézidies sont réduites en esclavage ». Elles attendent de  la communauté internationale « la création de zones protégées pour un demi-million de Yézidis qui, autrement, vont mourir ou arriver en Europe». Elles attendent aussi un arrêt de la Cour pénale internationale sur les « crimes contre l’humanité » commis par daech. Zenit donne un essentiel de ce témoignage poignant recueilli par l’Osservatore Romano.

Le père Patrick Desbois, spécialiste notamment de la Shoah par balles sur laquelle il a fait des années de recherche (et continue encore actuellement) pour recueillir des témoignages, a fait connaissance avec la terrible réalité des Yézidis, réfugiés dans des camps à la frontière turco-irakienne, en aout 2015. Il y a reconnu un nouveau génocide, face auquel il ne pouvait pas rester les bras croisés. Avec son équipe, il recueille donc les témoignages yézidis. Une interview proposée par la radio suisse RTS à écouter ci-dessous :

Retour au monastère

captureDevant l’autel détruit, le père Charbel Issou écarte les bras, paumes vers le ciel, et entame sa prière devant une pieuse assemblée de combattants irakiens, kalachnikov en bandoulière. Ils prient : ‘Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne…’ Sur un mur, ils peuvent voir en face d’eux, un graffiti qui proclame en lettres noires: ‘Allahu Akbar’ « .

Voir plus dans Le Figaro…

Le prix Sakharov 2016 est décerné à deux femmes Yézidies rescapées de Daech

Prix SakharovNadia Mourad Bassi Taha et Lamiya Aji Bachar ont toutes deux survécu à l’esclavage sexuel auquel les avait soumises l’État islamique (EI) et sont devenues les porte-parole des femmes victimes des violences sexuelles de cette organisation terroriste. Elles sont les porte-drapeaux de la communauté Yézidie en Iraq, une minorité religieuse qui a été la cible d’un génocide perpétré par les combattants de l’EI.

Le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, nommé en l’honneur du scientifique et dissident soviétique Andrei Sakharov, fut créé en 1988 par le Parlement européen pour honorer les personnes ou les organisations qui ont consacré leur existence à la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Les candidats au prix Sakharov sont nommés par les membres du Parlement européen. Les nominations sont évaluées lors d’une réunion de la commission des affaires étrangères et de la commission du développement. Le prix Sakharov, doté de 50 000 euros, est remis par le président du Parlement européen en session plénière à Strasbourg.

Pour en savoir plus : le site du parlement européen.

En Irak, la croix se dresse à nouveau

La petite ville de Bartella a été reprise sur Daech. Sitôt arrivés, les combattants chrétiens ont érigé une grande croix de bois sur le sommet de l’église, là où les islamistes l’avaient précédemment abattue. Dans l’église dévastée, ils se sont mis à genoux et ont prié.

Syrie : « Notre monde a besoin d’une révolution contre la violence »

Le père Jacques Mourad est resté prisonnier de Daech durant cinq mois avant de parvenir à s’échapper. Celui qui était prieur du monastère syrien de Mar Elias, aujourd’hui détruit par les islamistes, a répondu aux questions de l’Aide à l’Eglise en Détresse. Loin de toute rancœur, il appelle à une action éclairée pour vaincre le fanatisme.

Si le monde souhaite vraiment mettre fin aux ravages des fanatiques, il faudra arrêter de commercer avec l’Arabie Saoudite. […] Les bombardements ne servent à rien.

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James Foley, reporter de guerre et figure christique

captureDans la profession, on reconnaissait en ce photojournaliste de 40 ans un grand professionnel, courageux et talentueux. Mais seuls ses proches amis ou confrères savaient qu’il était « aussi » un ardent catholique. Cela ne fut presque jamais mentionné quand on rapporta, dans tous les médias du monde, les étapes de sa capture, puis son assassinat au couteau.

Par Jean-Claude Guillebaud

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