Tensions ravivées chez les catholiques du Congo

La trêve annoncée par le CLC (collectif laïc de coordination), soutenu par l’Eglise catholique, a pris fin au Congo. Il annonce la reprise des manifestations contre le pouvoir en place et pour la tenue d’élections démocratique. Le Président Joseph Kabila a en effet terminé son deuxième mandat depuis décembre 2016. Le CLC se dit préoccupé par l’organisation des élections de décembre, qu’il juge trop incertaine, rapporte le Figaro.

Une situation qui pourrait ouvrir une nouvelle période de tensions pour les catholiques du Congo.

Source photo : John Wessels (AFP), dans la Croix

Quels catholiques pour saisir la « main tendue » d’Emmanuel Macron ?

On n’en finit pas, depuis ce lundi, de décrypter le discours d’Emmanuel Macron aux Bernardins. Dans Libération, Guillaume Cuchet, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil, voit dans ce discours une « main tendue » à l’électorat catholique, ou en tous cas à la partie de l’électorat catholique la plus Macron-compatible. Mais quelle est l' »effectivité », pour reprendre un terme cher au président, de cet église dans un contexte de montée en puissance du « Mai 68 conservateur » mis en lumière par le politologue Gaël Brustier ?

A plus long terme, il s’agit sans doute de faire entrer dans la coalition électorale de la République en marche une partie du vote catholique, notamment ce qu’il reste du vote démocrate-chrétien ou de ses avatars qui avait profité à Bayrou dans ses campagnes présidentielles et à Macron lui-même lors de son élection dans certaines régions comme la Bretagne. D’où le renvoi dos à dos de la droite censée «instrumentaliser» le vote catholique et de la gauche qui le «marginalise»

 

Les chrétiens du Congo interpellent la communauté internationale

Suite aux récentes marches anti-Kabila, appelant à la tenue d’élections au Congo, le CLC (Comité Laïc de Coordination) semble changer de stratégie. Ce collectif catholique, fer de lance de la protestation, a décrété une trêve jusque fin avril, mettant fin ponctuellement aux protestations de rues ayant fait au moins 17 morts les 31 décembre, 21 janvier et 25 février dernier. Comme le rapporte La Croix, le CLC comme la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) effectuent actuellement des démarches pour sensibiliser la communauté internationaleLire la suite

Sondage à la droite de Dieu

Aujourd’hui paraît un nouvel essai de Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop, sur la droitisation des catholiques. Le spécialiste des sondages y analyse notamment les données de l’électorat catholique, croisées avec des données issues de sondages d’opinion.

Un livre sans doute incomplet quant à l’évolution des catholiques en politique en général, mais qui a le mérite de poser des chiffres sur des tendances à l’œuvre, comme la montée des craintes vis à vis de l’islam.

Une recension à lire dans La Croix.

Déo et débats : les catholiques en débat

Si vous avez manqué l’édition du 19 mai mai de l’emission Déo & Débats, diffusée sur KTO, vous pouvez la revoir ici :

Autour de Philippine de Saint-Pierre, Erwan le Morhedec, François Huguenin, Jean-Louis Schlegel, Jean-Marie Andrès et Guillaume de Prémare ont croisé leurs points de vue de laïcs sur le climat politique de la France en ces premiers jours de mandat d’Emmanuel Macron.

Mettre ses talents au service de son pays

À la fin de son entretien « politique » Jean-Christophe Fromantin esquisse un chemin d’avenir pour les catholiques :

L’électorat catholique semble déboussolé, quelle peut être la réponse politique à leur désarroi ?

L’électorat catholique peut trouver la réponse à ses interrogations dans les derniers grands textes de l’Église : l’encyclique de Benoît XVI sur la mondialisation (Caritas in Veritate, 2009), celle de François sur l’écologie (Laudato Si’, 2015) comme son exhortation apostolique (Evangelii Gaudium, 2013) donnent des éléments de discernement très limpides et très visionnaires. Libre à chacun de les découvrir et de trouver dans son for intérieur les critères de son vote à l’aune des propositions des candidats. Le bouleversement des repères droite-gauche, l’absence de consigne de vote, de lignes de partage claires, mais aussi les grandes transformations du monde, appellent cette exigence de discernement. Dans son Exhortation apostolique, François met clairement l’engagement politique au cœur de ses interpellations. Engagez-vous, ayez cette audace, dit-il. Évidemment, c’est exigeant mais tellement important.

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Le Pape François parle à la Silicon Valley

Le Pape François a adressé un très beau texte, dans le cadre des conférences TED, à la Silicon Valley, ce mardi 25 avril. Une bonne base pour prendre de la hauteur en ces temps d’élection.

Comme ça serait merveilleux si la croissance de l’innovation scientifique et technologique créait plus d’égalité et de cohésion sociale ! Comme ça serait merveilleux, alors qu’on découvre de nouvelles planètes, de redécouvrir les besoins de nos frères et sœurs qui orbitent autour de nous ! Comme ça serait merveilleux si la solidarité, mot magnifique, et parfois dérangeant, n’était pas réduite au travail social et devenait, au contraire, l’attitude naturelle dans les choix politiques, économiques et scientifiques et dans les relations entre les individus, entre les peuples, entre les pays. Ce n’est qu’en éduquant les gens à une vraie solidarité que nous serons capables de dépasser cette « culture du déchet » qui ne s’applique pas qu’aux biens de consommation, mais d’abord et surtout aux hommes qui sont mis sur la touche par nos systèmes techno-économiques, lesquels, sans même s’en rendre compte, placent les marchandises au centre de tout au lieu d’y placer les hommes. […]

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La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Voter c’est discerner

Un article publié dans La Croix hier rappelle l’apport de la doctrine sociale de l’Eglise pour les chrétiens en période électorale.

La DSE n’est évidemment pas un critère de vote unique invitant à se tourner vers un candidat et un programme. L’article resitue bien la notion de « points non négociables » dans les textes dont elle est issue : la liste de ces points recoupe différents aspects de la dignité humaine, en matière d’éthique comme en matière d’économie. Plus largement, le Pape Benoît XVI avait invité, dans les textes concernés, au « respect du bien commun ». Comme a pu le dire Mgr Jean-Luc Brunin, « voter, c’est discerner ».

En resituant la doctrine sociale sous cet angle, l’article nous invite à trois actes concrets : le discernement n’est évidement pas sans lien avec la prière, véritable nourriture du discernement. Mais ce dernier nous tourne aussi vers le dialogue, notamment entre catholiques, afin de confronter nos réflexions et d’enrichir ce temps de discernement. Enfin, on peut se demander jusqu’où doit aller le discernement autour de candidats que l’on considèrerait comme « les moins pires » et si le discernement ne doit pas se porter aujourd’hui sur l’acte du vote en tant que tel, en tous cas sur la crise politique et l’urgence d’un engagement renouvelé des chrétiens. Ces élections nous invitent à nous demander, pour reprendre les mots du Pape François, que faire pour ne pas se contenter de regarder « du balcon » ? Comment répondre autrement que par le vote à notre insatisfaction politique ?

Voter en chrétien : oui mais comment ?

Un long article publié dans la Vie par Marie-Lucile Kubacki fait état des réflexions actuelles des chrétiens sur leurs critères de vote, à l’approche de la présidentielle.

Bien entendu, si plusieurs points d’attention restent partagés par les chrétiens (respect de la vie, attention au plus faible, au bien commun, à la dignité humaine et à la paix), on constate que les désaccord apparaissent dès lors qu’il s’agit de hiérarchiser ces points, notamment pour évoquer des « points non négociables ». Les constats posés par cet article nous rappellent que les chrétiens appartiennent aussi, chacun, à une sociologie, à une histoire familiale. Lire la suite

Europe : joyeux anniversaire grand-mère

On se rappelle les mots du Pape François au Parlement Européen à Strasbourg, puis lors de la remise du Prix Charlemagne : l’Europe est une vieille grand-mère qui doit aujourd’hui retrouver une part de sa jeunesse.

L’anniversaire du Traité de Rome du 25 mars 1957 est l’occasion de se repencher sur les liens entre projet européen et christianisme, comme nous y invite une émission de France Inter à laquelle a participé Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe du quotidien La Croix. L’occasion aussi de relire sur le blog des Cahiers Libres une synthèse sur la pensée de Schuman : « l’Europe selon Robert Schuman ».

Surtout, il faut lire le discours du détenteur du Prix Charlemagne, le Pape François, prononcé lorsqu’il a reçu, ce vendredi 24 mars, des dirigeants européens inquiets de la montée des populismes pour leur donner une nouvelle leçon d’Europe. Lire la suite

Les jeunes catholiques : désabusés de la politique ?

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Le seul atelier consacré à la politique, samedi, organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par « les Altercathos ». / Guillaume Poli/Ciric

La Croix est allé enquêté lors de la rencontre annuelle des chrétiens en grande école sur l’intérêt des jeunes catholiques pour les questions politiques. Il en ressort un mélange d’intérêt et de distance vis-à-vis de la politique partisane et de ses débats. L’organisation par les Altercathos, jeune association lyonnaise en charge d’un café associatif, le Simone, d’un atelier sur l’engagement politique montre néanmoins un intérêt certain pour l’engagement politique pris au sens large, jusque dans la vie quotidienne et le vie de quartier :

«Je pense que certains craignent que ce genre de discussion [politiques] ne dégénère, et pensent que l’aumônerie n’est pas forcément le lieu le plus adapté », poursuit l’étudiante en dernière année des Ponts et Chaussées, qui a tout de même organisé, à la rentrée, une soirée autour du texte Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, publié par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France. […]

Davantage que ce document – que très peu ont lu –, c’est l’encyclique du pape François Laudato si’qui semble s’être imposée comme nouvelle référence chez les jeunes catholiques. D’ailleurs, parmi les ateliers en petits groupes de la fin de l’après-midi, le seul consacré à la politique était organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par le mouvement « les ­Altercathos », adepte de l’écologie intégrale.

Si vous avez manqué le débat Koz/Dandrieu

Erwan-Morhedec-Laurent-Dandrieu_0_730_409 C’est le débat de ce début d’année 2017 dans le monde catholique français. La parution des deux ouvrages d’Erwan le Morhedec (dit Koz) et de Laurent Dandrieu autour de l’identité chrétienne ne cessent d’alimenter le débat autour du lien entre foi, nation et identité (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second). Il y a même un débat sur le fait de savoir s’il s’agit d’un débat. Ici et là on répète qu’il y a toujours eu des « identitaires » et qu’il y en aura toujours, ou qu’il est inquiétant d’instiller la division entre catholiques, quand on devrait plutôt reserrer les rangs dans les débats du monde contemporains. Pourtant, deux arguments prêchent en faveur de ce débat : un argument de contexte, car il faut bien avouer que les questions d’identité n’ont rien d’anodin dans une période marquée par la crise des migrants et les multiples attentats et que les discours ont éclairement évolué chez les catholiques vers une préoccupation croissante pour ces sujets ; un argument plus ecclésial, car la pensée sociale de l’Eglise se construit aussi à partir des débats entre laïcs. La figure du Pape François – et donc la formulation de cette doctrine sociale – se retrouvent au centre du débat.

La politique est, par essence, l’espace de définition des oppositions. Faire de la politique n’implique pas pour un chrétien de nier les oppositions de fond. Il y en a précisément une, ici, dans le contexte actuel : la catholicisme n’est-il pas en train d’être happé dans une dynamique identitaire générale indexant la foi à un corpus culturel qu’il s’agirait de défendre ?

Il est possible d’avoir un aperçu de ce débat via différents medias : en podcast sur le site de Radio Notre-Dame ou en vidéo sur le site de La Croix.

Source photo : Flavien Edenne ; La Croix

Les chrétiens n’ont pas à se brider dans le débat politique

2012-01-12_0003_-_pierre-louis_lensel_bd2-e8a6bEn cette période propice à la réflexion ou à l’effroi devant la survie imprévue des catholiques, le Père Matthieu Rougé revient sur le colloque de l’Observatoire foi et culture qui s’est penché sur le thème : dignité et vocation chrétienne en politique. On peut notamment retenir de l’entretien donné à Paris Notre-Dame cette articulation :

Les catholiques, grâce à la foi, à l’espérance et à la charité qui les habitent ont, plus que tous, à se mettre avec confiance et sérieux au service de la dignité humaine et du bien commun. Il ne s’agit pas pour eux de brandir leur foi comme un étendard mais de faire partager aussi largement que possible les positions éthiques que leur raison peut forger en se laissant illuminer de l’intérieur par la foi.