Toujours l’Alléluia de résistance

On en avait déjà parlé ici même mais « Chante alléluia au Seigneur » prend de plus en plus une dimension de résistance en Chine. C’est ce qu’analyse le journal Le Monde : « Parmi les surprises du mouvement de protestation à Hongkong, l’irruption du chant de messe Chante Alléluia au Seigneur dès les premières « barricades » a d’abord fait sourire. Il révèle néanmoins comment les Eglises chrétiennes, et notamment la catholique, se sont retrouvées impliquées dans la crise politique déclenchée par l’opposition farouche de la population à un projet de loi d’extradition vers la Chine. » Lecture à poursuivre par ici >>

Contrôle des naissances, avortements sélectifs et déséquilibre des sexes…

En Asie, le contrôle des naissances et les avortements sélectifs ont des conséquences catastrophiques. Et ce n’est pas une organisation pro-life qui le dit… c’est Arte ! On estime qu’il manque environ 200 millions de femmes pour assurer l’équilibre entre les sexes. En Chine, un garçon sur cinq qui naît aujourd’hui ne pourra pas se marier. Pour enrayer ce phénomène, la loi indienne a bien interdit de déterminer le sexe des bébés avant leur naissance, mais un marché parallèle de l’échographie s’est développé…

Une enquête à voir en replay.

Chine : un peu de théologie politique

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Le cas de l’Église chinoise nous rappelle toujours un principe exprimé avec force par le théologien politique William Cavanaugh : l’Église ne peut être soluble dans une nation, dans une superposition totale du théologique et du politique. Car l’Église a elle-même un rôle politique intrinsèque, pour la simple et bonne raison que les croyants obéissent à Dieu avant d’obéir à un pouvoir terrestre. En cela, l’Église est du monde et pas du monde, elle est fondamentalement une puissance étrangère, non pas parce qu’elle serait à la solde du Vatican, mais d’abord parce qu’elle se place entre les mains de Dieu.

La réunion par le pouvoir chinois ces 27-29 décembre dernier d’une « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques », composée des évêques de l’Église officielle chinoise, va à l’encontre de ces principes. Elle a été l’occasion de déclarations du pouvoir chinois indiquant quel rôle il entend donner à l’Eglise, comme le rapporte la Croix :

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de « sinisation » de la religion »

En Chine, les religions « n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère« . Le problème donc, c’est que l’Eglise catholique ne peut qu’être, en partie, étrangère… Les questions géopolitiques qui concernent le Vatican sont toujours, en premier lieu, des questions théologiques.

Source photo : Eglises d’Asie.