« La Prière », par Bertrand Vergely

Un entretien dans Télérama avec Bertrand Vergely, théologien orthodoxe :

« Pour le rationalisme, rien n’est plus inutile que la prière, prier étant le fait de ceux qui n’agissent pas, qui attendent un miracle en priant pour qu’il advienne. Or, rien ne peut exister si on ne le fait pas advenir. On ne fait rien sans le faire de tout son être. C’est ce que veut dire la prière, qui est, en ce sens, extrêmement agissante. C’est la raison pour laquelle elle est l’une des activités les plus importantes de l’humanité, ainsi que le montrent les espaces, les temps et les rites qui lui sont consacrés. Pour beaucoup d’êtres humains, la prière est le moteur de la vie : elle exprime la vie qui se mobilise entièrement pour vivre. Pascal le rappelle dans sa préface au Traité du vide : il n’y a pas de raison sans un désir sous-jacent raisonnant de tout son être ».

La foi, c’est aller vers le plein

Bel entretien dans La Vie avec Cédric Kahn, réalisateur du film La Prière (accès payant) :

« Je trouve absolument fascinant le chemin de la drogue vers la foi. Ce sont des gens qui viennent de très loin, de très loin de la religion, de très loin de la croyance, car la drogue, c’est presque la définition de la non-croyance. La drogue, c’est une non-foi en la vie, un non-projet. En revanche, la foi, c’est aller vers le plein. Elle peut être religieuse, mais pas uniquement. La foi est vitale. Il n’y a pas de chemin, il n’y a pas de projet de vie sans foi. Par la suite, en réalisant le film, j’ai trouvé des points de convergence entre la drogue et la prière : le besoin de transcendance ».