« Nouvelle étape » dans les relations entre Rome et Moscou

« La rencontre entre le cardinal Parolin et le patriarche Cyrille, au monastère Danilovski à Moscou, est “une rencontre œcuménique hautement symbolique qui témoigne du dégel dans les relations entre le Vatican et le patriarcat orthodoxe de Moscou”, souligne la radio du pape. Le patriarche Cyrille parle d’une nouvelle étape dans les relations entre Rome et Moscou.

Le pape François avait demandé à son secrétaire d’Etat, avant son départ, de saluer son “frère Cyrille, patriarche de Moscou et de toutes les Russies”. C’est ce qu’a fait le cardinal Parolin en arrivant à la résidence du patriarche dans la capitale russe. La réponse est arrivée avec le sourire, en italien grazie, merci, a dit le patriarche. Mais outre les politesses, la rencontre a été riche.

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La Présidentielle la plus religieuse de la Ve République

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Un intéressant article paru dans Vingt Minutes analyse les multiples et inédites références au religieux dans la présente campagne présidentielle, en dépassant la seule question de la « manipulation électorale ». De Fillon à Macron, en passant par Mélenchon, les candidats ne semblent plus avoir de gêne pour parler de foi.

20 Minutes a demandé à trois politologues si le fond de l’air avait déjà été aussi « spirituel » à l’approche du scrutin central de la vie politique française. La réponse est unanime : non, clairement pas.

S’il est essentiel de distinguer à quel titre, dans quel contexte et dans quels objectifs les références religieuses sont amenées par chaque candidat (quête d’une nouvelle mystique pour Emmanuel Macron, adaptation aux évolutions de l’électorat de droite pour François Fillon), il est certain qu’elles témoignent d’une porosité inédite du politique aux sujets religieux. La crise actuelle du système politique et le sentiment d’impasse généralisée dans laquelle se trouve la France ne sont sans doute pas étrangers au phénomène. La perception d’un « tournant historique » et d’un retour de l’Histoire amènent les candidats à charcher des points d’ancrage au-delà des références classiques et purement rationnelles : la quête d’une transcendance permet ainsi de suggérer le dépassement des interrogations les plus brûlantes, l’avènement de l’inespéré dans la désespérance.

Reste à savoir qui aura la bénédiction finale des électeurs et quel sera le devenir concret de ces références religieuses dans l’exercice du pouvoir. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, …

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Nouvelle mise au point sur les catholiques et le vote FN

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Une étude publiée par le Cevipof (Sciences Po) illustre la pertinence de la variable de la pratique religieuse dans l’analyse du vote. Contrairement à d’autres études récentes, rapporte La Croix, cette dernière étude montrerait que les catholiques pratiquants voteraient moins pour le FN que la moyenne des Français, contrairement aux catholiques pratiquants occasionnels et non-pratiquants.

Il serait particiculièrement intéressant de compléter ces études par une approche géographique, la sociologie française – et plus spécialement la sociologie catholique – ayant tendance à évoluer vers une homogénéisation des groupes selon les espaces géographiques (urbains, périurbains, périphérie urbaine lointaine, rural, …). Non seulement les catholiques ne sont sans doute pas étrangers à cette tendance à la fragmentation spatiale, mais les récentes évolutions qu’a connu l’Eglise pourraient encore accentuer la tendance (émergence des communautés nouvelles et renouveau associatif en milieu urbain, recul des espaces d’engagement et de sociabilité traditionnels en milieu périurbain et rural, …). Le catholique des champs vote-t-il comme le catholique des villes ? Cette donnée pourrait être à l’origine de brouillages dans la perception de l’ancrage politique des catholiques, agissant par effets de concentration atténués dès lors que l’on considère les données à l’échelle nationale.

Source photo : Un bureau de vote à Evry, au second tour des élections départementales le 29 Mars 2015. Martin Bureau/AFP

Unité des chrétiens : « l’amour du Christ nous presse »

Visuel_UC_2017_définitif_WEBDu 18 au 25 janvier a lieu la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, sur le thème « l’amour du Christ nous presse ».

Le 31 octobre 1517, Martin Luther affichait sur la porte de l’église du château de Wittemberg ses 95 thèses sur les indulgences qui déclenchèrent le mouvement de la Réforme protestante. En vue d’une commémoration commune des origines de la Réforme en 2017, les Églises d’Allemagne proposent comme fil conducteur de la Semaine de prière pour l’unité chrétienne l’œuvre de réconciliation du Christ, à partir d’un passage de la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens (5, 14-20). Elles mettent en valeur deux axes principaux :

  • célébrer l’amour et la grâce de Dieu.
  • reconnaître la douleur causée par les profondes divisions que la Réforme a générées et qui ont affecté l’Église, à nommer ouvertement les fautes commises et en demander pardon, nous offrant ainsi une opportunité de progresser vers la réconciliation. Le passage biblique choisi souligne que la réconciliation est un don de Dieu pour l’ensemble de la Création.

Qui sont vraiment les catholiques ?

afficheFullPage_jspz_mediumPèlerin en partenariat avec le journal La Croix et Ipsos publient les résultats d’une enquête sur le catholicisme français dans toutes ses réalités. Parfois réducteur quand il établit des typologies, il rétablit néanmoins quelques vérités bonnes à partager.

Les unes se multiplient sur les « lobbies cathos », le « pouvoir des cathos », le « réveil des cathos »… Selon de nombreux observateurs extérieurs, le profil de ces catholiques « en reconquête » est toujours le même : ils votent à droite, tiennent un drapeau « Manif pour tous » à la main et rêvent de durcir la législation sur l’avortement ou la fin de vie. Certes, ce profil existe, mais il ne représente que 7 % des « catholiques engagés » selon notre sondage.

C’est à retrouver ICI.

 

« Les religions font la Une »

Les journalistes des médias catholiques se retrouveront du 25 au 27 janvier 2017 chez leur saint patron, à Annecy, pour les 21e rencontres saint-François de Sales, sur le thème « Les religions font la Une ». Sujet important au moment où de nombreux titres s’intéressent aux cathos, notamment en vue de la présidentielle…

Djihadisme, pédophilie dans l’Eglise, Burkini, crise des migrants, attentat de Saint-Etienne du Rouvray, laïcité, mariage pour tous, pape François…

Les derniers mois ont mis les religions au cœur de l’actualité et des préoccupations de la société française. De nouvelles frontières de l’information religieuse se dessinent, entraînant les médias généralistes à s’intéresser à ces questions et les médias confessionnels à se positionner. D’un journalisme d’information à une presse de conviction, comment les médias catholiques peuvent-ils se situer quand l’Eglise est sous les feux de la rampe ? Quelle est l’influence de l’information en direct, des réseaux sociaux, des sites d’information sur les pratiques rédactionnelles ? En s’adressant à un public (de) fidèle(s), les médias chrétiens  ont une responsabilité « ad intra », tout en ayant aussi le souci d’être audibles par un large public qui manque de références.

 

Vote : un catho peut en cacher un autre (ou plusieurs) …

ffDans un excellent article dans la Revue Esprit, Yann Raison du Cleuziou s’interroge sur la part du vote catholique dans le succès de François Fillon aux primaires des Républicains. Il estime entre autres que n’y voir que la trace d’un catholicisme identitaire sur le retour est au moins une surévaluation et que le vote des catholiques est beaucoup plus dispersé que certains tendant à le faire croire, en donnant des éléments de compréhension sur le moyen terme.

Interpréter le vote en faveur de François Fillon comme un signe inquiétant de la montée en puissance d’un catholicisme identitaire et réactionnaire est donc très abusif. C’est se soumettre à une déclinaison du storytelling élaboré en 2012-2013 pour mettre en récit La Manif Pour Tous.

Et autre élément intéressant, il explique comment certains catholiques réussissent d’autant mieux qu’ils sont discrets sur leur ancrage confessionnel. Un pied de nez par les faits à certains identitaires ?

On peut retrouver l’auteur ainsi que d’autres contributeurs de qualité une soirée à Saint-Merry à Paris le 24 janvier sur le thème : « Elections 2017 : des chrétiens s’interrogent ». A suivre sur le site du Centre pastoral Saint-Merry

 

 

Réacs, socialos ou juste cathos ?

indexL’engouement subi par une partie de la presse de gauche pour les catholiques ne plaît pas à tout le monde, notamment quand il confine à mettre ceux qui suivent les pas du Christ dans des petites boites ou faire croire qu’il n’existe qu’un vote catholique.

Dominique Quinio dans les colonnes de la Tribune des Semaines Sociales de France s’étonne ainsi que l’on veuille expliquer le succès de François Fillon aux primaires par un « retour du vieux vote réac’ catholique en France ». Non, les catholiques ne sont pas nécessairement réactionnaires parce qu’ils se posent des questions sur le mariage pour tous et oui, le vote catholique est multiple. Et l’Eglise s’emploie à faire vivre le débat en son sein.

Des évêques et des communautés ont décidé de relever le défi [que l’Eglise catholique devienne le lieu privilégié de la confrontation des positions] dans de nombreux diocèses tout au long de la campagne.  […] Manière de prendre la politique au sérieux et de ne pas la réduire aux analyses à l’emporte-pièce. Manière de respecter la diversité des électeurs catholiques, sans renoncer à rechercher, dans notre société divisée,  le bien de tous.

Dans son sillage, René Poujol, de sensibilité plutôt à gauche, s’insurge contre l’enfermement des catholiques par les médias dans le débat sur le mariage pour tous.

Euréka ! Etre de gauche pour un catho, c’est ça : adhérer sans réserve au mariage pour tous. Et par conséquence nourrir son blues du sentiment que l’épiscopat, ouvertement ou par son silence, a pris fait et cause pour les anti mariages gay. Là encore : bonjour la subtilité !

Au-delà, il regrette amèrement qu’une sensibilité catholique soit progressivement exclue des partis de gauche, le PS notamment. On ne peut que le regretter avec lui mais voilà au moins deux illustrations du fait que les catholiques savent rester libres !

 

Les catholiques enfin de retour en politique ?

capture« Le catholicisme caricaturé par la gauche, qui ne lui permet que de se rassurer sur la survivance du clivage gauche-droite – à l’heure où les sujets économiques et sociaux la mettent moins à son aise -, n’a rien à envier à un catholicisme pris en otage par la droite dans sa mue identitaire actuelle. Comment ne pas déplorer cet affichage d’un catholicisme bien plus objet que sujet du débat public, trophée destiné aux muséums de l’identité historique bien plus que force de transformation pour inventer le monde qui vient ? Comment ne pas déplorer que les grands perdants soient, précisément, tout à la fois la politique et le catholicisme ? »

Voir plus dans Les Altercathos…

Fillon ou le mythe du raz-de-marée catholique

Pope Benedict XVI (R) poses next to French prime minister Francois Fillon (C) and his wife Penelope and their sons Antoine and Edouard during a private audience at the Vatican on October 10, 2009. AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI
AFP PHOTO / ALBERTO PIZZOLI / 2009

La petite chanson commence à tourner en boucle sur les réseaux sociaux : contre les sondages et les journalistes, les catholiques auraient fait l’élection du candidat de la droite et du centre pour la présidentielle, en soutenant massivement François Fillon. La preuve ? L’opération séduction menée par François Fillon au cours de sa campagne en direction des catholiques, le ralliement de Sens Commun et, in fine, le vote masssif des départements de l’Ouest en sa faveur. Dédaigneux, refusant de percevoir le poids réel des catholiques en politique, les médias, aveuglés, auraient bien mérité leur claque. Un fabuleux come back au coeur des fantasmes de la Manif pour Tous.

Qui sont les tenants de cette hypothèse ? On les trouve en premier lieu dans le champ médiatique (voir notamment ici et ici) , souvent du côté de ceux qui n’avaient pas prévu la victoire de François Fillon, Lire la suite

Trump et le vote catholique

image1Donald Trump a-t-il été élu avec le vote des catholiques ? Contrairement à certains sondages pré-scrutin, il semble que cela soit confirmé, en tous cas « la droite religieuse américaine » comme l’indique Stéphanie Le Bars dans les colonnes du Monde, voire « le plus grand vote évangélique de l’histoire et aussi une majorité du vote catholique » comme l’affirme dans un très intéressant papier Maurice Page sur le site d’information catholique suisse.

Sans doute ne saura-t-on pas précisément mais il est assuré que des Américains croyant en Jésus-Christ ont permis l’élection du nouveau Président des Etats-Unis, alors que certaines de ses positions battent violemment en brêche des points clairs de la Doctrine sociale de l’Eglise entre autres (pour mémoire les paroles du Pape à son endroit). Mais du coup,  ces catholiques peuvent formuler à l’intention de Donald Trump des exigences ! Entre autres « Les défenseurs de la paix vous mettent au défi de prévenir et de désamorcer les conflits et de soutenir les institutions locales qui peuvent créer une paix durable et juste. Les défenseurs de la justice exigent que vous vous détourniez de toute forme d’intégrisme. Cela inclut une association simpliste de l’islam au terrorisme. » De nombreuses demandes qui redonnent de l’espérance, même si on peut rester perplexes sur le fait qu’elles soient entendues.

En France, Dominique Quinio le dit utilement dans les colonnes de la Tribune des Semaines Sociales, cette élection renforce elle-aussi certaines exigences : « En France, candidats potentiels et électeurs ont quelques mois pour balayer devant leur porte. Non pour faire du « copier-coller », du pseudo-Trump,  mais pour trouver des réponses claires à l’inquiétude de la population, des réponses qui ne flirtent pas avec l’extrémisme, le rejet de l’autre, l’enfermement sur soi. »

 

Les catholiques contre Trump

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A l’approche du scrutin, le positionnement anti-Trump des catholiques tend à se confirmer d’après les récents sondages. C’est ce qu’indique Henri Tincq dans un intéressant article publié sur Slate et analysant les intentions de vote des différentes communautés religieuses des Etats-Unis :

« Hillary Clinton va […] bénéficier du réflexe anti-Trump puissant dans un électorat catholique qui n’a pas oublié les critiques que le candidat républicain avait adressées au pape François lors de sa visite aux Etats-Unis, en septembre 2015, et de sa défense, à la frontière mexicaine, du droit à l’immigration. Des dizaines d’intellectuels et responsables catholiques ont signé au printemps dernier une lettre ouverte dénonçant Donald Trump comme «manifestement inapte à devenir président des États-Unis». Les derniers sondages dans l’électorat catholique sont catastrophiques pour le candidat républicain. Dans cette tranche, selon une étude du Public Religion Research Institute, la candidate démocrate devancerait de 23 points son adversaire (55% contre 32%). »

Deux catholiques américains ont d’ailleurs réalisé une vidéo amusante, « The Trump and Jesus show », en imaginant une série de rencontre entre Donald Trump et Jésus. Ils espèrent ainsi nourrir le débat dans la communauté catholique américaine.

Source photo : The Trump and Jesus show.

James Foley, reporter de guerre et figure christique

captureDans la profession, on reconnaissait en ce photojournaliste de 40 ans un grand professionnel, courageux et talentueux. Mais seuls ses proches amis ou confrères savaient qu’il était « aussi » un ardent catholique. Cela ne fut presque jamais mentionné quand on rapporta, dans tous les médias du monde, les étapes de sa capture, puis son assassinat au couteau.

Par Jean-Claude Guillebaud

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