Le Pape François ne veut pas de cathos tièdes

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C’est en commentant la Première lecture du jour (Livre de l’Apocalypse 3,1-6.14-22.) hier, lors de la messe matinale, que le Pape a exhorté les chrétiens à ne pas être des croyants « tièdes », installés dans leur foi, fermés à la rencontre bouleversante du Christ. Cette tiédeur peut concerner aussi bien les personnes que les communautés, et l’Église entière :

«Mais que pense un tiède ? Le Seigneur le dit ici  : il pense être riche. « Je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien et je n’ai besoin de rien. Je suis tranquille ». Cette tranquillité qui trompe. Quand dans l’âme d’un Église, d’une famille, d’une communauté, d’une personne, tout est toujours tranquille, là il n’y a pas Dieu.»

Il s’agit de se rendre disponible à Dieu, de vivre comme Zachée, dans l’espérance de sa rencontre. Un beau conseil pour les croyants mais aussi pour les associations et communautés paroissiales :

«Est-ce que je sais distinguer dans mon cœur quand le Seigneur me dit « réveille-toi » ? Quand il me dit « ouvre » ? Et quand il me dit « descend » ? Que l’Esprit Saint nous donne la grâce de savoir discerner ces appels»

Source : Radio Vatican

Vie après la mort et Résurrection

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-38)Les lectures de ce dimanche nous donnent à entrer dans le mystère de la Résurrection, comme horizon de la vie (ou plutôt de la mort) humaine. Le site Zenit propose à cette occasion une intéressante méditation de l’Observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, Mgr Francesco Follo sur le thème de la « La vie après la mort ».

Les Sadducéens, malheureusement, ne sont pas les seuls à ne pas croire en la résurrection. Hier comme aujourd’hui, beaucoup de monde, chrétiens et non chrétiens, se demandent quel est le sens de la résurrection. Comme les non-croyants, nous, les chrétiens, disons souvent : « L’important, c’est la santé ». L’important est de prolonger la vie dans la façon la plus décente  possible. Et au lieu de nous poser la question d’une bonne vie, nous discutons sur la bonne mort (en effet, « euthanasie » signifie bonne mort).

Et dans un registre plus exégétique, si tu veux en savoir plus sur l’arrière-fond traditionnel du débat de Jésus avec les sadducéens, et sur son lien avec la première lecture de ce dimanche, je te renvoie sans scrupule à un petit travail universitaire de mon cru (plus exactement sur son parallèle dans l’évangile de Marc) : La valeur apocalyptique de la résurrection (Mc 12,18-27).

La Bible en ses traditions

La bible en ses traditions Le Figaro (Premium) propose un entretien avec le père Olivier-Thomas Venard, professeur de Nouveau Testament et vice-directeur de l’École biblique et archéologique de Jérusalem. Si vous êtes abonné, il est à lire ici.

« [le dominicain] est aujourd’hui à la tête d’un ambitieux chantier informatique, la Bible en ses traditions (Best). Il s’agit de mettre en ligne une édition révisée de la Bible, associant les versions hébraïque, grecque, araméenne et latine de l’Écriture sainte et proposant une annotation du texte, du contexte et de sa réception dans les différentes traditions religieuses et culturelles. »

Pour en savoir plus, rendez vous sur le site www.bibest.org, vous pourrez y consulter le volume de démonstration.

L’insistance de Dieu

L’insistance de Dieu signifie que le nom de Dieu appelle une réponse de notre part. Dieu n’est pas quelqu’un qui « fait » des choses et nous demande d’obéir à des injonctions qu’il s’agirait de déduire des textes bibliques. Dieu est le nom de l’appel qui réside au cœur du texte biblique et dont le travail exégétique tente de rendre compte, dont il tente de dire la pertinence pour l’aujourd’hui du monde. Le nom de Dieu, c’est le nom d’un appel, comme une série de coups inattendus et insistants à la porte de notre bureau d’exégète. Dérangeante visite au cœur de notre occupation de biblistes : Dieu « en soi » ne veut pas être l’objet de notre enquête. Mais le « nom de Dieu » doit devenir le sujet qui nous inquiète et dont nous ne devons cesser de nous demander comment il convient de traduire les questions essentielles qu’il pose à ceux qui, par le truchement des textes bibliques, acceptent de se mettre à l’écoute de son insistant appel.

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« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? »

« … Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. » nous dit Jésus aujourd’hui (Lc 12,51).

Tss tss tss… Peut-être que l’on risquera moins de s’enfuir en courant à l’annonce de cette « division » si on entend que Jésus cite aujourd’hui le prophète Michée dans sa lamentation… une lamentation qui débouche sur un magnifique cri d’espérance :

Car le fils insulte le père, la fille se lève contre la mère, la belle-fille contre la belle-mère, chacun a pour ennemis ceux de sa maison. Mais moi, je guette le Seigneur ; je suis dans l’attente du salut de Dieu. Mon Dieu m’entend. Ne te réjouis pas, mon ennemie. Si je tombe, je me relève ; si j’habite dans les ténèbres, le Seigneur est ma lumière. (Mi 7,6-8)

Pour les lectures du jour, c’est par là…

Saint Luc, l’évangéliste

Saint Luc, évangélisteAujourd’hui nous fêtons saint Luc, à qui la Tradition chrétienne attribue l’un des quatre évangiles, le plus long, ainsi que le livre des Actes des Apôtres. On le dit médecin, compagnon de Paul. On l’a voulu païen ou prosélyte, le dépeignant mauvais connaisseur des régions de la terre d’Israël et de ses coutumes. On n’a aujourd’hui que peu de doutes sur son incroyable maîtrise des Écritures et des traditions d’interprétation de son temps, au service d’un talent rhétorique exceptionnel. On l’a voulu historien, nous le disons aujourd’hui plus volontiers théologien et mystique. On l’a lu en regard des deux autres synoptiques pour chercher comment il reprenait qui de Marc, qui de Matthieu. On le sait aujourd’hui d’une grande proximité avec l’évangile de Jean par bien des aspects, et en particulier la place qu’il accorde à Marie, la mère de Jésus.

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Réouverture du mémorial de Moïse au mont Nebo

En Jordanie, le Mémorial de Moïse rouvre ses portesLe mémorial de Moïse au mont Nebo, en Jordanie a rouvert ses portes au public aujourd’hui. Il s’agit de l’un des sanctuaires les plus célèbres de Jordanie, mémoire du lieu où selon le récit biblique, Moïse mourut à la frontière de la terre promise. A lire pour avoir plus d’informations sur la réouverture de ce mémorial : le site terrasanta.net.

A l’occasion de cette réouverture, le cardinal Leonado Sandri, préfet de la Congrégation pour les Églises orientales, est venu sur les lieux, du 14 au 16 octobre. Durant ces 3 jours, il s’est rendu auprès de diverses communautés, a visité un hôpital, et a pu notamment rencontrer des réfugiés syriens et des réfugiés irakiens. Le dimanche soir, il a présidé une célébration en la basilique du mont Nebo dont il a bénit l’autel. A lire sur Radio Vatican.
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Dieu parle : écoute et apprends

L’éminent bibliste Jan Joosten, met en ligne le manuscrit d’un article publié dans un ouvrage qui vient de paraître : Genèse 2, 17 : L’arbre de la connaissance du bien et du mal (éd. Matthieu Arnold, Gilbert Dahan, Annie Noblesse-Rocher; Paris: Cerf, 2016). L’article s’intitule : « L’arbre de la connaissance du bien et du mal dans son contexte biblique ».

Ce texte exégétique a de l’intérêt à plus d’un titre : d’abord il contribue savamment à mettre en garde contre une interprétation de l’interdit divin de consommer de l’arbre de la connaissance bien et mal, qui serait par trop subordonnée à la parole que le serpent adresse à Eve. Jan Joosten met bien en évidence le fait que la parole du serpent est fondamentalement mensongère. Dieu ne refuse pas à l’homme une part de la connaissance, et il ne veut pas le frustrer. Dès lors, il faut se dégager de cet a priori pour comprendre ce commandement que le Seigneur donne à l’homme.

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Ps 17, 38-41

Je poursuis mes ennemis, je les rejoins, je ne reviens qu’après leur défaite ;
je les abats : ils ne pourront se relever ; ils tombent : les voilà sous mes pieds.
Pour le combat tu m’emplis de vaillance ; devant moi tu fais plier mes agresseurs.
Tu me livres des ennemis en déroute ; j’anéantis mes adversaires.

Le curé de la paroisse Sainte-Louise de Marillac a été réveillé ce vendredi matin par la visite d’un cambrioleur dans le presbytère. Loin de se démonter, le prêtre, qui a fait du judo dans sa jeunesse, a réussi à immobiliser le malfrat avant l’arrivée de la police.

La Bible comme vous ne l’avez jamais lue

Durant trois ans, Frédéric Boyer, écrivain, grand connaisseur de la Bible, et Serge Bloch, illustrateur reconnu, se sont penchés sur l’Ancien Testament. Avec profondeur, poésie et humour, ils ont mêlé les mots et les images, le papier et la vidéo. Leur approche multimédia renouvelle la curiosité pour ce récit fondateur.

La suite dans Pèlerin.

Évangile du jour : la parabole du bon Samaritain ;)

Extrait :

Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »     Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. » (Lc 10, 33-37)

Les lectures du jour en entier, c’est par là.

La Bible et ses lecteurs

BibleComment passer à côté ? Le journal La Croix propose un excellent dossier spécial : La Bible et ses lecteurs. Avec de nombreux témoignages, des réflexions précieuses, pour nous (re-)donner envie d’entrer dans la Bible, de lire, manger, déguster, fouiller, se laisser pénétrer par la Parole de Dieu.

Par ailleurs, dans un article paru le 30 septembre, Clémence Houdaille, toujours pour le journal La Croix, nous propose un article sur La lecture de la Bible dans la liturgie. Extrait :

Si les Évangiles, et de manière générale le Nouveau Testament, ont toujours eu une place de choix dans la liturgie, c’est la réforme liturgique suivant le concile Vatican II qui a remis en valeur de larges passages de l’Ancien Testament, dont la première lecture de chaque dimanche est tirée (sauf pendant le temps pascal, où il s’agit d’une lecture des Actes des Apôtres). Il existe toujours un lien spirituel ou théologique entre la première lecture, qui donne un témoignage privilégié de l’histoire d’alliance entre Dieu et son peuple, et le passage d’Évangile. L’ordre liturgique de lecture de ces textes n’est pas forcément celui de la Bible, mais relève d’une approche progressive du mystère du Christ.

 

Lectures du 27ème dimanche du Temps Ordinaire : Le juste vivra par sa fidélité

Icône représentant Habacuc (XVIIe siècle)
Icône d’Habacuc (XVIIe siècle)

La première lecture de ce dimanche est l’agrégation de deux extraits du livre du prophète Habacuc : un extrait (1,2-3) du premier appel du prophète à Dieu contre l’injustice qu’il voit prospérer au milieu de son peuple, et un autre (2, 2-4) de la seconde partie du livre, la réponse de Dieu en forme de vision au deuxième appel du prophète ; une réponse se terminant par cette sentence bien connue, et largement diffusée dans l’Eglise depuis sa première citation par Paul dans l’Épître aux Romains (Rm 1,17) : « le juste vivra par sa fidélité » (Ha 2,4) 1.

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Notes:

  1. Hiebert, T. (1994–2004). The Book of Habakkuk. In L. E. Keck (Éd.), New Interpreter’s Bible (Vol. 7, p. 640). Nashville: Abingdon Press.