D’« Amoris Laetitia » et des excès de vitesse

A l’occasion d’une réponse à un prêtre américain, Austen Ivereigh, fondateur de Catholic Voices, met les choses au point sur quelques objections fréquentes. Il répond tout d’abord à une étonnante analogie abandonnée au milieu du gué, au sujet de deux conducteurs qui commettraient un excès de vitesse, l’un parce qu’il fait la course avec un ami, l’autre parce qu’il conduit sa fille à l’hôpital.

Amoris Laetitia est-elle le triomphe de la subjectivité et du relativisme sur la vérité et la loi ? « Perhaps there’s a danger of subjectivism and laxity in thinking about ‘Amoris Laetita’, but there’s also a risk of legalism and rigorism », soit « peut-être y a-t-il un risque de subjectivisme et de laxisme à propos d’Amoris Laetitia, mais il y a aussi un risque de légalisme et de rigorisme ». Il ne faut certes pas négliger le premier des deux risques… mais l’homme est-il fait pour le sabbat, ou ne serait-ce pas plutôt l’inverse ? Lire la suite

Lettre de Mgr Brunin aux personnes vivant ou ayant traversé une rupture d’alliance

Publié sur le site du diocèse du Havre :

Madame, Monsieur, cher ami(e)

Le Synode sur la famille convoqué par le pape François et son Exhortation apostolique La joie de l’amour, ont porté une attention particulière aux situations difficiles et douloureuses que connaissent les familles. Parmi ces situations se trouvent celles consécutives à une rupture d’alliance conjugale, avec ses répercussions sur la vie familiale.

Vous avez connu cette douloureuse épreuve. Elle vous a certainement affecté et déstabilisé. Car s’unir par le mariage, c’est porter un projet et espérer possible une alliance dans la durée. Vous avez commencé à écrire une histoire à deux et la rupture a été comme une amputation de vous-mêmes et l’effondrement de ce que cette alliance permettait d’entrevoir comme avenir possible et heureux. Vous avez vécu l’expérience que le projet d’alliance pouvait échouer car tout n’est pas maîtrisable. La rupture a suscité en vous des regrets, des amertumes, peut-être des colères et des révoltes, ou un sentiment de culpabilité.Lire la suite

Comment interpréter Amoris Laetitia ?

Tribune du P. Jean-Miguel Garrigues, op, dans Famille Chrétienne :

Comme vient de le rappeler le cardinal Gerhard Ludwig Müller, « le magistère du pape est interprété par lui seul ou au moyen de la Congrégation de la doctrine de la foi ». Avec l’exhortation Amoris laetitia, ce processus est toujours plus laborieux, parce que le Magistère ne se contente pas de rappeler la doctrine antérieure, mais la développe. Il l’est d’autant plus dans ce cas que le sujet est d’ordre moral et se prête moins que le domaine dogmatique à la formalisation.

Seul le magistère ultérieur du pape François et de ses successeurs a l’autorité pour valider l’interprétation d’un document comme Amoris laetitita. Toutefois, il ne le fait qu’en discernant, étape par étape, dans l’apport de la réception ecclésiale, ce qui, en elle, est authentique tradition vivante. Car cette réception assistée par l’Esprit est l’œuvre de tout le peuple de Dieu dans son organicité hiérarchisée, certes, mais aussi dans sa vitalité de sainteté.

Les évêques y jouent un rôle important, surtout dans un sujet impliquant la pastorale, les théologiens peuvent apporter des lumières précieuses, mais ce sont les saints qui assimilent le mieux la doctrine dans leur vie. C’est donc dans la charité, et non dans un esprit partisan, que nous devons participer tous à cette réception ecclésiale.

La suite à lire (pour les abonnés) sur le site de Famille Chrétienne.

Amoris Laetitia : 5 étapes pour comprendre

Voici un petit résumé de ce que je pense avoir compris des indications du Pape François dans Amoris Laetitia, au sujet de l’accompagnement des personnes divorcées-remariées et de leur accès aux sacrements :

1- Au n° 84 de Familiaris Consortio, Jean-Paul II invitait les pasteurs à bien discerner les diverses situations : une même situation objective ne correspond pas toujours à la même histoire personnelle. Cependant, dans ce même n° 84, il rappelait que les divorcés-remariés ne pouvaient être admis à la communion.

2- Dans Amoris Laetitia, le Pape François commence par rappeler que la doctrine du mariage et des autres sacrements ne change pas, ni la législation canonique. Le sacrement du mariage est indissoluble. La réception des sacrements nécessite d’être en état de grâce.

3- La charité pastorale cherche précisément à aider concrètement les personnes qui veulent sortir d’une situation bloquée et avancer sur le chemin de la sainteté conjugale et familiale. C’est le principe de la loi de gradualité. Au n° 300, le Pape donne aux pasteurs un itinéraire d’accompagnement pour ces personnes. C’est un chemin de conversion très exigeant : « Les divorcés remariés devraient se demander comment ils se sont comportés envers leurs enfants quand l’union conjugale est entrée en crise ; s’il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du partenaire abandonné ; quelles conséquences a la nouvelle relation sur le reste de la famille et sur la communauté des fidèles ; quel exemple elle offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage… Ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église ».

4- Au n° 301, il rappelle que « L’Église a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante ». Il s’appuie sur saint Thomas d’Aquin et sur le Catéchisme de l’Église Catholique (Ce point – central – est discuté par certains théologiens moralistes… à suivre, donc).

5- Partant de là, au n° 305 : « À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également GRANDIR dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Et cette aide de l’Église, il est précisé dans la fameuse note 351 qu’il peut s’agir, « dans certains cas », des sacrements.

Au final, il n’est donc pas question de brader les sacrements du mariage, de l’Eucharistie ou du pardon, mais d’aider et d’accompagner ceux qui veulent réellement se convertir, changer de situation et grandir en sainteté. C’est un processus long et très exigeant ! Cet accompagnement est le propre de la mission pastorale de l’Église (l’une de ses trois mission, les « tria munera »).

 

Décidément la parole de Dieu complique les choses…

capture« C’est en témoin de la puissance de l’Évangile que le Pape François considère les vies déchirées, les amours détruits, les relèvements, parfois bien claudicants, d’hommes et de femmes qui n’ont pas su ou pu garder la fidélité promise. Dès lors, le grand souffle de vie de l’Évangile renverse les tables de ceux qui sont occupés à faire des poids et des mesures, à objecter un règlement aux pécheurs qui se présentent, comme à un poste de douane ».

Voir plus dans La Vie…

Amoris Laetitia : les cardinaux seraient passibles… de ne plus l’être

mgr-pio-vito-pinto-durant-conference-presse-8-septembre-2015_0_730_480L’initiative des cardinaux Walter Brandmüller, Raymond Burke, Carlo Caffarra et Joachim Meisner, qui ont transmis des « dubia » au pape à propos d’Amoris Laetitia, avant que le cardinal Burke s’autorise à menacer le pape d’un « acte formel de correction » passe (évidemment) mal à Rome.

La Croix rapporte que le doyen de la Rote romaine considère que cela pourrait les conduire à se voir retirer le chapeau de cardinal.

Ils mettent en cause « deux Synodes des évêques sur le mariage et la famille. Pas un mais deux ! Un Synode ordinaire et un Synode extraordinaire. On ne peut pas mettre en doute l’action de l’Esprit Saint »Lire la suite

Amoris Laetitia : revivez la journée d’étude

Amoris LaetitiaCette journée s’est tenue à l’Institut Catholique de Paris le 17 octobre, en présence du cardinal Vingt-Trois. Vous pouvez la revivre en consultant les textes des interventions des participants, ou en écoutant leurs enregistrements audio. Vous pouvez les trouver sur le site de l’ICP.

 

Approfondir les enjeux d’Amoris Laetitia

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Conférence d’ouverture du Cardinal Vingt-Trois, à la journée d’études du lundi 17 octobre à l’Institut Catholique de Paris. La journée portait sur le discernement et la maturation des consciences.

L’intitulé de l’exhortation apostolique est une indication précieuse sur l’esprit général de la réflexion du synode recueillie, transformée et élaborée par le Pape François : il s’agit d’un appel à l’espérance dans la force de l’amour. Cette force de l’amour est le ciment de l’expérience des familles, c’est pourquoi c’est une espérance.

Lire la conférence