« Oui, il faut s’entraîner au courage. Cela s’apprend »

Un entretien avec la philosophe Cynthia Fleury, pour La Croix, à lire au-delà de cet extrait.

Un tel acte est-il à la portée de tout le monde ?

C. F. : C’est tellement antinomique des sociétés actuelles fondées sur le calcul rationaliste coût-bénéfice. Un tel geste, dans une approche capitalistique, où personne ne donne sa vie pour rien, n’a pas de sens. Or nous redécouvrons qu’il n’est pas inutile, sacrificiel ou obsolète, mais il défend un idéal qui inspire le respect, la dignité, l’humilité. Ce n’est pas parce que nous sommes dans des temps en apparence de paix et de démocratie que le courage est une vertu obsolète. Au contraire, le courage est sans doute la première vertu démocratique.

Notre société a besoin d’exemples comme celui-ci mais nous ne pouvons pas nous reposer sur le seul sacrifice des plus valeureux d’entre nous. Il faut bien évidemment célébrer, respecter sa mémoire, mais voir aussi comment nous essayons collectivement de fabriquer une telle exemplarité.