Que nous apprend l’Epiphanie ?

Voici une méditation de Mgr Emmanuel Laffont, publiée sur son profil Facebook, pour la fête du jour.

« Debout, Jérusalem ! Resplendis : elle est
venue ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est
levée sur toi. Regarde : l’obscurité recouvre
la terre, les ténèbres couvrent les peuples»
Isaïe 60,1-2.

La fête de l’Epiphanie est la fête de la manifestation (« épiphanie », en grec) de l’Enfant Jésus aux nations. Les nations sont représentées par les mages, dont la Bible ne donne ni le nombre ni le nom, mais seulement les cadeaux. Peut-être la tradition, qui a comblé ces vides, limite le nombre à trois pour le fait que les cadeaux étaient trois : l’encens, l’or et la myrrhe. D’où viennent-ils ? De l’Orient. Comment ont-ils été avertis ? Par l’Etoile. Comment sont-ils arrivés à Bethléem ? Grâce aux prêtres de Jérusalem.

Ils ont obéi à l’injonction du prophète, et bien au-delà même car le « Debout Jérusalem » s’adressait d’abord aux membres du peuple élu, et parmi eux, aux prêtres ! Pourquoi ont-ils répondu ? Parce qu’ils le désiraient ! Ils scrutaient les étoiles, ils étaient en attente, leur cœur était ouvert à l’imprévu ! Ce n’était pas le cas des prêtres, semble-t-il. Il est étonnant de voir comment, dès le début de sa vie, le Christ rejoint les gens au-delà des frontières de son peuple. Il rejoint les personnes dont le cœur est ouvert.
Ils se sont levés ! L’important n’est pas seulement de scruter les étoiles, de connaître les temps et les occasions. L’essentiel consiste à se lever, à quitter son quotidien, sa routine, pour s’enfoncer sur le chemin, sans trop savoir jusqu’où il mène, mais dans la confiance que là où Dieu nous attire, là se trouve la lumière !
La lumière ne fait pas tout. Elle ne dispense pas de marcher. Elle permet de marcher d’un pas assuré, sans tâtonner. Nous sommes appelés à marcher dans la lumière, c’est-à-dire selon l’enseignement de Jésus : « Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres » (Jean 8,12).
Seigneur Jésus, en cette fête de ta manifestation au monde, je te demande trois choses : que je sache te rendre grâce à toi, qui veux rassembler toute l’humanité et qu’avec toi, je n’ai plus jamais envie d’exclure quelqu’un ! Deuxièmement, que je sache discerner dans les étoiles – et dans les événements, ton appel à me mettre en route, que mon désir grandisse d’aller vers toi en ne restant pas là où je suis aujourd’hui. Troisièmement, que je sache, comme les mages demander ma route aux membres de ton Eglise ! Car tout seul, je ne saurai parvenir en ta présence !

† Emmanuel Lafont
Evêque de la Guyane