Migrants : les Eglises aux avants-postes

hollenbach-rtx1wjf5_jpgAlors que le Figaro annonçait pour Noël les résultats inquiétants d’un sondage en ligne sur l’immigration, divers médias mettent en valeur le rôle actif des Eglises dans l’accueil des migrants en Europe, voire le caractère promordial de leur contribution.

Le Monde ainsi, avec l’interview de la sociologue Mathilde Pette, insiste sur le rôle centrale de l’Eglise dans l’accueil des migrants en France.

Le soutien aux migrants n’est pas le fait de toute l’Eglise mais il n’en reste pas moins qu’elle est l’un des soutiens les plus systématiques à cette population. Cela passe par exemple par l’engagement de prêtres, par des collectes organisées dans les paroisses, par la Journée mondiale du migrant et du réfugié ou par la mise à disposition des locaux, à l’occasion par exemple de grèves de la faim d’étrangers sans-papiers. Les édifices ecclésiastiques apparaissent alors comme des lieux de refuge et de protection.

Dans la même édition, un long article est consacré à « ces chrétiens qui mettent leur foi au service des migrants », parfois en rencontrant le scepticisme de certains de leur correligionnaires :

Tous les chrétiens n’ont pas la même attitude envers les réfugiés, loin s’en faut. Comme dans le reste de la population, on trouve chez une partie d’entre eux de la réticence, voire de l’hostilité à leur accueil. Marie-Claire Fabert en a fait l’expérience lorsqu’elle a parlé de ses activités d’accueil lors d’une messe. « On a vécu un grand moment de solitude ! », se souvient-elle. Peu de paroissiens sont venus les trouver, si ce n’est pour formuler les doutes qui taraudent beaucoup d’entre eux : ne vaut-il pas mieux accueillir que des chrétiens ? Ne provoque-t-on pas un « appel d’air » ?

Autant de réticences bousculées par les appels répétés du pape François à un accueil de tous les migrants. L’appel « aux paroisses (…) de toute l’Europe à manifester l’aspect concret de l’Evangile et accueillir une famille de réfugiés » lancé par le pape, le 6 septembre 2015, « a eu un effet immédiat, témoigne Laurent Giovannoni, responsable de l’accueil des étrangers au Secours catholique. Il a un peu bousculé les chrétiens dans leurs hésitations.

« Une famille est arrivée avec trois petits enfants au creux de l’hiver. Ils avaient vécu dans les rues de Berlin parce que personne ne pouvait leur fournir quoique ce soit. C’était terrible », confie [le Révérend Barbara Neubert, pasteure protestante]. Son église était trop petite. « Mais c’était quatre semaines avant Noël. Alors nous nous sommes dit que ce serait notre « Sainte Famille » cette année ! »

Un beau patchwork de témoignages qui illustre, malgré les difficultés, l’engagement précieux des Chrétiens en faveur des migrants, témoignage d’actualité en ces temps de Noël.