Ne rabâchez pas comme les païens

« Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. »

Et nous, que faisons-nous ? Nous rabâchons, le Notre Père ou le chapelet. Nous répétons le Notre Père et parvenons parfois à faire notre liste de courses ou à planifier la semaine en le récitant, seul moment peut-être où l’on regrette qu’il ne soit pas plus long afin de pouvoir finir ce planning rebelle.

Outre une plus grande justesse dans notre conception de Dieu, la nouvelle traduction qui entre en vigueur dimanche et les quelques polémiques qui l’ont entourée ont cet immense mérite de nous obliger à réentendre cette prière. Alors pourquoi ne pas aller plus loin ? Pourquoi ne pas chercher ce qu’il y a derrière ce nom de « Père » ? Et pourquoi « tutoie-t-on Dieu » ?

Jocelyn Dorvault souligne que dans les textes originaux, la prière se poursuit bel et bien à la deuxième personne du singulier. Alors, familiarité inconvenante ?

Pas si l’on prend véritablement conscience de ce Père, dont le Nom doit être sanctifié, « mis à part, séparé du profane, de la finitude, du péché ». Et ce Règne dont on appelle la venue de notre prière, quel est-il ? Et, pour finir, ce « ne nous laisse pas entrer en tentation », comme l’entendre ? Jocelyn Dorvault ne se montre pas tellement plus enthousiaste avec la nouvelle traduction qu’avec la précédente, mais incite à l’entendre ainsi : « Viens nous sauver de la désespérance qui nous guette lorsque l’épreuve nous submerge ». Evidemment, ici, nous sautons quelques étapes qui permettent de mieux le comprendre… et vous le comprendrez en lisant ce livre bref, précis, enlevé, bien amené et juste au niveau théologique qui permet à un fidèle ordinaire de comprendre.

Pour l’avoir testé, nous pouvons le dire : on ne dit plus exactement le Notre Père de la même manière ensuite.

Bref, lisez-le.

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Par la même occasion, vous pourrez aussi lire le livre de Joël Sprung, contributeur au Samaritain, Notre Père, cet inconnu. Et même la suite de billets dont il nous a gratifiés ici.