Qui perdra sa vie à cause de moi…

« Laurent et les migrants », cela commence avec ceux que le Nord appelle « les kossos ». Ces Kosovars arrivés en 1998, fuyant la guerre, « étaient cachés dans les blockhaus et j’ai commencé à leur donner à manger », raconte ce ch’ti pur sucre qui a grandi en foyer à Roubaix (Nord), pour échapper à la violence de son père, et qui, enfant, suivait sa mère qui filait des coups de main au Secours catholique. Un gars qui a connu la misère et ne la souhaite à personne. Il donnerait ce qu’il n’a pas, disent en substance ses amis et les membres du réseau Facebook sur lequel il récolte des dons pour les distribuer. A 20 kilomètres de Boulogne-sur-Mer, où il réside, on aime bien ce gars discret. Dans le village, ça se sait qu’il aide tous ceux qui ont en besoin. D’ailleurs, un homme viré par sa femme vient de passer deux mois sur son canapé. « Le Laurent ? Il a le cœur sur la main », opine du chef un retraité, en s’éloignant avec son pain sous le bras, « mais ça le perdra, vous savez, d’aider n’importe qui… »

Laurent Caffier, le « Zorro des migrants », à la barre