Il y a bel et bien une terreur de la vie qui habite l’époque

« À force d’être obsédés par les germes ou les virus, à force de traquer partout les odeurs et les « imperfections », à force de réclamer des normes et des chaînes du froid de toutes sortes, on participe d’une horreur et d’une crainte qui n’osent pas dire leur nom. Une crainte de la vie, tout simplement. Il y a bel et bien une terreur de la vie qui habite l’époque. Par essence, la vie est imparfaite, odorante, transpirante, charnue, diverse, périssable. Elle grouille et elle criaille comme un marché. Elle est rebelle à la conformité, rétive à la norme. Elle est aussi – évidemment – porteuse d’aléas et d’impuretés. L’élimination programmée de tout cela est bien un affreux fantasme hygiéniste, c’est-à-dire un fantasme de mort… »

Jean-Claude Guillebaud sur lavie.fr