Marocains, convertis au christianisme : vivre la foi au grand jour

Vivant dans l’illégalité, pratiquant leur culte dans la clandestinité, les Marocains convertis au christianisme revendiquent désormais leur droit de vivre leur foi au grand jour, dans une société majoritairement musulmane où la question reste taboue et l’apostasie réprouvée.

Issu d’une famille adepte du soufisme, une tradition ésotérique de l’islam, ce pasteur protestant a embrassé la foi chrétienne en 2004. C’est adolescent qu’il commence à s’intéresser au christianisme. Depuis un cyber-café, il entre en contact avec un site qui « prêche la parole de Dieu » et lui fait parvenir une bible. « Je l’ai lue intégralement, étudié la parole de Dieu, suivi des formations. A l’âge de 24 ans, j’ai été baptisé dans un appartement à Casablanca ».

 

« Nous revendiquons le droit de choisir des prénoms chrétiens pour nos enfants, de prier dans les églises, d’être inhumés dans des cimetières chrétiens, de nous marier selon notre religion ».

Au Maroc, où l’islam est la religion d’État et le roi Mohammed VI le « commandeur des croyants », les autorités aiment vanter leur tolérance religieuse qui permet aux chrétiens étrangers et aux juifs d’exercer librement leur religion. Reste que pour les Marocains, considérés automatiquement comme musulmans quand ils ne sont pas de la minorité juive, l’apostasie est désapprouvée par la société et le prosélytisme condamné par la loi. Mais les lignes bougent: « les arrestations ont presque cessé, c’est un grand pas! Les actes de harcèlement sont devenus rares, et restent le fait de la société », observe Rachid.

France Soir