« A l’école d’agriculture, on vous apprend qu’on fait du lait avec du maïs, pas avec de l’herbe. »

Dans le Monde, témoignage d’éleveurs laitiers qui expliquent comment ils ont réduit leur endettement avec des pratiques à contre-courant :

 

 « A l’école d’agriculture, on vous apprend qu’on fait du lait avec du maïs, pas avec de l’herbe »« Pourquoi personne ne nous a dit que l’on pouvait faire autrement ? »
« Le problème, c’est qu’on est une profession où on est trop conseillés ». Mais ces avis peuvent toutefois apparaître bienvenus à un moment donné. Outre l’orientation de l’exploitation, la négociation de l’achat de la ferme (« qu’on paie toujours trop cher », résume Frédéric Lethuillier), c’est le choix des intrants, des compléments, vitamines, engrais ou pesticides qui fait l’objet des conseils de techniciens… qui en sont aussi les vendeurs.
« On est formatés à faire de l’intensif, à l’école, à la chambre d’agriculture… On nous dit : faites plus et vous aurez plus. Mais, parfois, le plus tourne au moins »
Quand Solidarité paysans et le Civam les rencontrent, ils leur proposent de commencer par diminuer de moitié les compléments alimentaires. Incrédules, Nicolas et Angélique ont vu la production se maintenir, avec pourtant deux fois moins d’intrants. Le couple, qui dépensait 80 000 euros par an en aliments achetés à l’extérieur, commence alors à voir où il pourra faire des économies.
Des graminées et du trèfle. Tel est le cocktail avec lequel sont désormais nourries, dès les beaux jours, les Prim’holstein de la ferme des Lethuillier.
Outre son apaisement d’éleveur, Claude Marchais assure avoir vu une différence sur ses animaux qui sont « plus calmes », lorsqu’ils vont au champ. Une amélioration du bien-être du bétail qu’il lit aussi dans ses comptes : « J’ai diminué ma facture de vétérinaire de 30 %. »