Le Pape François parle à la Silicon Valley

Le Pape François a adressé un très beau texte, dans le cadre des conférences TED, à la Silicon Valley, ce mardi 25 avril. Une bonne base pour prendre de la hauteur en ces temps d’élection.

Comme ça serait merveilleux si la croissance de l’innovation scientifique et technologique créait plus d’égalité et de cohésion sociale ! Comme ça serait merveilleux, alors qu’on découvre de nouvelles planètes, de redécouvrir les besoins de nos frères et sœurs qui orbitent autour de nous ! Comme ça serait merveilleux si la solidarité, mot magnifique, et parfois dérangeant, n’était pas réduite au travail social et devenait, au contraire, l’attitude naturelle dans les choix politiques, économiques et scientifiques et dans les relations entre les individus, entre les peuples, entre les pays. Ce n’est qu’en éduquant les gens à une vraie solidarité que nous serons capables de dépasser cette « culture du déchet » qui ne s’applique pas qu’aux biens de consommation, mais d’abord et surtout aux hommes qui sont mis sur la touche par nos systèmes techno-économiques, lesquels, sans même s’en rendre compte, placent les marchandises au centre de tout au lieu d’y placer les hommes. […]

L’histoire du Bon Samaritain est l’histoire de l’humanité actuelle. La voie des hommes est pavée de blessures car tout est centré sur l’argent, les possessions et non sur les hommes. Les gens qui se disent respectables ont souvent l’habitude de ne pas s’occuper des autres, laissant des milliers de personnes, des populations entières, abandonnées sur le bord de la route. Heureusement, il y a aussi ceux qui créent un monde nouveau en prenant soin des autres, même de leur propre poche […]

Pour les Chrétiens, le futur a un nom, et ce nom est l’Espérance. Espérer ne veut pas dire être un optimiste naïf et ignorer la tragédie que vit l’humanité. L’Espérance est la vertu d’un cœur qui ne s’enferme pas dans les ténèbres, qui ne demeure pas dans le passé, qui ne fait pas que passer dans le présent, mais qui est capable de voir des lendemains. […] Un seul individu suffit à faire vivre l’espérance et cet individu peut être vous. Et ensuite, il y en aura un autre, et encore un autre, jusqu’à ce que cela devienne un « nous ». Est-ce que l’espérance commence quand nous sommes un « nous » ? Non. Elle commence avec une seule personne. Quand il y a un « nous », c’est une révolution qui commence.