Cette impitoyable cruauté des poulaillers…

« Pareil scénario qui voit de gentilles copines devenir collectivement meurtrières d’une des leurs correspond assez bien au (vrai) fonctionnement des médias. Il semble y régner une gentillesse de principe, une courtoisie affichée à l’endroit du monde extérieur et même, soyons francs, une relative complaisance pour les puissants. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Qu’une seule goutte de sang apparaisse, et la chasse à courre sera lancée à grands sons de trompe. Je veux dire qu’un homme politique, un écrivain, un chanteur, un acteur soit affaibli ou suspecté de n’importe quoi, et voilà qu’il devient une cible. Pour reprendre une (affreuse) expression du milieu, il perd la carte. C’est-à-dire qu’il ne peut plus espérer la moindre indulgence. Il sera l’objet de la fameuse lapidation médiatique que l’ami Jean-François Kahn englobait dans sa théorie des trois L : on Lèche, on Lâche, on Lynche. Une règle exactement calquée sur celle d’une basse-cour ».

Jean-Claude Guillebaud sur teleobs