Kundera : un amour angoissé, têtu, nostalgique pour la France

« La culture ne peut pas diviser, au contraire : ce n’est qu’en elle que nous pourrons puiser des raisons d’aimer la France, sans  chauvinisme sectaire, mais pour partager largement son aventure singulière. Pourquoi sinon être français, et pourquoi le devenir, si la France n’existe pas ? Car la France est une culture. L’un des plus grands écrivains à l’avoir épousée, Milan Kundera, l’expliquait ainsi : ‘L’ambiance spirituelle de toute ma jeunesse tchèque fut marquée par une francophilie passionnée’. Et si cette passion résiste encore, dans le monde entier, même aux erreurs et aux fautes de notre pays dans l’histoire, c’est parce que ‘l’amour de la France ne résidait jamais dans une admiration des hommes d’État français, jamais dans une identification à la politique française ; il résidait exclusivement dans la passion pour la culture de la France : pour sa pensée, sa littérature et son art’. Kundera avertissait déjà : une mondialisation qui nie les cultures ne pourra qu’aboutir à l’effacement de la France, ‘et l’indifférence à la France deviendra francophobie’.

Toute culture est fragile, nous le savons, et celle que nous avons reçue l’est plus que jamais aujourd’hui – comme l’écrivait Kundera : ‘Une raison de plus d’aimer la France ; sans euphorie ; d’un amour angoissé, têtu, nostalgique' ».

François-Xavier Bellamy, sur fxbellamy.fr