Parfois, Onfray mieux de se taire

Si le calembour est lourd, plaignez-vous au rédacteur en chef. Il est au minimum guère plus lourd que le propos de Michel Onfray, dont on découvre au fil des critiques la collection de considérations péremptoires et absurdes qui constelle son livre. Étonnamment, Michel Onfray connaît une soudaine et surréaliste popularité dans des milieux catholiques fort marqués.

Patrice de Plunkett dresse une liste des incohérencesrelevées par des spécialistes universitaires dans la revue Codex – des questions abordées par Michel Onfray (dont certains qu’il cite sans les comprendre) au rang desquelles l’existence même de Jésus, le contexte historique des sociétés antiques et médiévales, Vatican II, etc. Codex n’hésite pas à dénoncer les « affirmations péremptoires », les « traits d’esprit [qui] fusent souvent au détriment de la réalité », « les erreurs, clichés omissions, raccourcis ou anachronismes », une « bibliographie étonnamment pauvre ». Cinq historiens réagissent donc dans la revue.

Car Onfray en vient non seulement à élaborer le scenario d’une complicité de l’Eglise avec le nazisme et, pour faire bonne mesure, d’une complicité de Pie XII dans un assassinat de Pie XI dont nul n’a pourtant jamais eu vent. Mgr Hippolyte Simon soulevait aussi que Décadence dénonce, en sa page 463, l’absence de toute encyclique condamnant le nazisme alors même que Divinis Redemptoris condamnait le communisme… avant, en page 481, de souligner que Pie XI publiait a même année (1937) l’encyclique Mit Brennender Sorge, dans laquelle il fustigeait les thèses nazies et dont la publication a donné lieu à des persécutions contre les chrétiens. Défaut de relecture, de cohérence de la pensée, de coordination du travail ?

La christophobie, de M. Homais à M. Onfray, à lire chez P. de Plunkett