Cathos avec Méluche

Début janvier, ils étaient 6% à se prononcer pour Jean-Luc Mélenchon, dans le sondage cité en introduction par les auteurs d’une tribune dans Le Monde, intitulée « Nous, jeunes catholiques, refusons de laisser à la droite le monopole des valeurs chrétiennes », lorsqu’ils étaient 29% à se préparer à voter Marine Le Pen. Et, pour ne pas être franchement un habitué de la gauche radicale, on est en droit de se demander si, quitte à se situer dans une même logique bancale de recherche de bouc-émissaire, il est bien cohérent que des catholiques préfèrent pointer les étrangers plutôt que les riches. En gros.

Notez que ce sondage donnait aussi 9 points à Manuel Valls et présentait un match entre François Fillon et Marine Le Pen. C’était un autre temps, une autre France, c’était en janvier dernier. Bref, une actualisation serait nécessaire. Mais ce n’est pas le sujet.

Nos trois auteurs – ils se reconnaissent « une poignée » – entendent donner de la voix et souligner qu’il n’y a pas d’identité de terme entre droite et catholique. Et s’ils ménagent Benoît Hamon dans le corps du texte, leur conclusion souligne leur préférence : pour eux, c’est Mélenchon.

Tout en écartant d’emblée les préventions légitimes des catholiques face à des candidats qui font profession d’antireligion, ils poursuivent ainsi sur le programme de Mélenchon :

Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical, qui réponde aux exigences auxquelles nous appellent l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. (…) La résilience de nos écosystèmes dépend de notre capacité collective à opérer dès aujourd’hui une transformation radicale de nos modes de production. Or force est de constater que, selon les projections, la plupart des électeurs catholiques s’apprêtent à diriger leurs voix vers des candidats qui persistent à se cramponner à un « réalisme économique » incapable de voir que notre maison commune se craquelle de toutes parts. Il est irréaliste de concevoir que la croissance indéfinie continue d’être possible dans un monde fini. Une conversion intellectuelle et politique est exigée de chacun pour comprendre enfin qu’il en va de notre vie à tous, celle à laquelle les Evangiles nous appellent et que le pape nous rappelle.