D’« Amoris Laetitia » et des excès de vitesse

A l’occasion d’une réponse à un prêtre américain, Austen Ivereigh, fondateur de Catholic Voices, met les choses au point sur quelques objections fréquentes. Il répond tout d’abord à une étonnante analogie abandonnée au milieu du gué, au sujet de deux conducteurs qui commettraient un excès de vitesse, l’un parce qu’il fait la course avec un ami, l’autre parce qu’il conduit sa fille à l’hôpital.

Amoris Laetitia est-elle le triomphe de la subjectivité et du relativisme sur la vérité et la loi ? « Perhaps there’s a danger of subjectivism and laxity in thinking about ‘Amoris Laetita’, but there’s also a risk of legalism and rigorism », soit « peut-être y a-t-il un risque de subjectivisme et de laxisme à propos d’Amoris Laetitia, mais il y a aussi un risque de légalisme et de rigorisme ». Il ne faut certes pas négliger le premier des deux risques… mais l’homme est-il fait pour le sabbat, ou ne serait-ce pas plutôt l’inverse ?

Le prêtre auquel il répond souligne qu’agir comme le demande le pape, c’est suivre notre culture dans ce qu’elle sacrifie au relativisme. Austen Ivereigh lui répond que ce n’est pas notre culture qui doit nous préoccuper mais la manière d’appliquer la loi dans notre Eglise : faut-il faire prévaloir ce qui serait vrai de manière générale, ou ce qui le serait dans le cas concret d’une circonstance humaine ? Le pape semble avoir considéré que l’on faisait prévaloir la vérité au détriment de la charité, ce qui n’est pas la vérité à part entière.

De même, Austen Ivereigh répond à l’objection fréquemment avancée par une certaine partie des catholiques selon lesquels l’enseignement du pape créerait la confusion : « le fait que certains évêques ne puissent accepter [Amoris Laetitia] n’est pas le signe d’une confusion qui ne pourrait être résolue que par une clarification du pape. Il est plus probable que ce ne soit que le signe d’un rejet de l’enseignement du pape pour lequel la seule réponse, comme le montre François, est la patience. Le temps est plus grand que l’espace, comme il le dirait ».

De même, contrairement à ce que l’on entend, non, le pape ne divise pas* mais oui, certains en rejettent l’enseignement. Ce n’est pas précisément la même chose ni la même perspective.

 

* 85% des catholiques en ont une bonne opinion.