Lourdes : Vois, je suis moi aussi vulnérable et fragile !

Capture« Ce qui se passe là-bas ne concerne pas uniquement les croyants. En d’autres termes, une lecture agnostique de Lourdes est possible. On peut mettre de côté ce qui concerne la foi proprement dite (affaire de chacun) et repérer en ces lieux un ‘quelque chose’ de bouleversant.

Je pense à cette acceptation du corps souffrant ; à ce commerce paisible avec la disgrâce physique, l’infirmité, la maladie, la mort annoncée. Toutes choses que l’époque a littéralement en horreur (elle qui n’exalte que la jeunesse, la beauté, la santé, etc.) se trouvent là rassemblées, acceptées, surmontées et même – parfois – transcendées. La phrase (j’allais dire : le message) qui court ainsi dans les parages du sanctuaire pourrait être formulée de cette façon : ‘Vois, je suis moi aussi vulnérable et fragile ! Comme toi ! Comme nous !’ Cette phrase prend à rebours les cruautés ordinaires que propage l’air du temps. L’impression d’apaisement qui règne dans cette enceinte trouve là son origine ».

Lire Jean-Claude Guillebaud dans La Vie