Trump ne rend pas service aux Chrétiens d’Orient

Trump ne rend pas service aux chrétiens d'orientDans un article du 30 janvier sur Terrasanta.net : « Toute politique d’accueil qui discrimine les persécutés et les souffrants sur base religieuse finit par nuire aux chrétiens d’Orient ». Ces mots prononcés avec force sont ceux du Patriarche de Babylone des Chaldéens, S.B. Louis Raphaël Ier Sako. Ils sont une réaction directe aux propos tenus par le président Trump lui même en plein affaire du #banmuslim, bannissement des musulmans en provenance de sept pays.

En effet, Donald Trump a clairement fait mention de ceux qu’il entendait bannir, quant aux chrétiens c’est dans une interview donnée au Christian Broadcasting Network le même jour que le nouveau locataire de la Maison blanche les nommait, expliquant qu’il allait « les aider » en leur donnant la priorité pour entrer sur le sol américain.

C’est « un piège pour les chrétiens du Proche-Orient » estime Mgr Sako. Un piège en tous les cas pour les Chrétiens d’Orient qui entendent, malgré les persécutions et les guerres, rester dans cette région où le christianisme est né. Cette politique poursuit Mgr Sako « fournit des arguments à toutes les propagandes et à tous les préjudices qui attaquent les communautés autochtones du Proche-Orient en tant que corps étrangers et groupes soutenus et défendus par les puissances occidentales. »

Ces propos discriminatoires – poursuit le patriarche au sujet des  – créent et alimentent des tensions avec nos compatriotes musulmans. Les souffrants qui demandent de l’aide n’ont pas besoin d’être divisés sur la base d’étiquettes religieuses et nous ne voulons pas de privilèges. L’Evangile nous l’enseigne et le Pape François nous l’a montré également en accueillant à Rome des réfugiés ayant fui le Proche-Orient, tant chrétiens que musulmans, sans faire de distinctions.

Toujours relayé par Terrasanta.net, ce 2 février, c’est au tour de Mgr Younan, évêque luthérien de Terre Sainte et président de la Fédération luthérienne mondiale, de prendre la plume, pour écrire cette fois directement à Donald Trump : « J’ai entendu parler des récentes décisions que vous avez prises au sujet des immigrants et des réfugiés, et je suis inquiet », écrit-il, indiquant qu’il est lui-même un réfugié, et qu’il s’inquiète à juste titre non seulement pour les musulmans ainsi discriminés, mais aussi pour ses coreligionnaires.

Je suis inquiet (…) pour la sécurité de mes voisins dans cette région. Je crains que la décision de refuser l’entrée aux citoyens de sept pays musulmans tout en suggérant un traitement préférentiel pour les chrétiens de ces mêmes pays sera nuisible à de nombreuses petites communautés de la région. Cette approche sera particulièrement préjudiciable aux chrétiens arabes. Dans le monde arabe, les chrétiens ont une longue histoire de vie aux côtés de nos voisins musulmans. Nous rejetons toute démarche visant à diviser la société arabe selon des principes religieux et continuons à nous considérer comme méritant une égale citoyenneté avec des droits égaux et des responsabilités égales.

Au total, cette réaction est la troisième officielle d’un évêque de la région, après celle du patriarche Sako, et celle de Mgr Antoine Audo sj, évêque chaldéen d’Alep, commentant les déclarations et les dispositions prises par le Président américain.