24 janvier 1918 : Bergson reçu à l’Académie Française

Discours d’accueil de René Doumic Capture: « Pas un de vos cours où l’on n’aperçût, dans son éternel capuchon de ratine bleue qui lui donnait l’air d’un écolier de la rue du Fouarre, ce généreux Charles Péguy, qui lui-même était un des guides suivis par la meilleure jeunesse. Cette jeunesse qui vous écoutait et que vous écoutiez à votre tour, lorsqu’elle venait se confier à vous sous votre toit hospitalier, vous la connaissiez, vous saviez ce qu’un jour on pourrait attendre d’elle ».

Et dans son éloge à l’illustre (?) Émile Ollivier, Bergson nous laisse quelques perles : « Mais le marbre est dur à qui dédaigne la glaise. Sourdement, presque à leur insu, les meilleurs d’entre nous en veulent à celui qui pratique le détachement dans un domaine qui est, après tout, celui de l’attachement à la vie. Là est peut-être le secret de la fatalité qui a pesé sur des existences dignes d’admiration. Ce que nous appelons de ce nom n’est souvent que la revanche des forces naturelles sur la volonté humaine, quand l’esprit a trop contraint la matière ou prétendu se passer d’elle. Orphée entraînait les fleuves, les arbres et les rochers au son de sa lyre ; mais les Ménades le mirent en pièces ».