Es-tu témoin ou perroquet ? Petite leçon d’évangélisation par le pape François

Témoigner du Christ seulement en paroles, c’est être «un chrétien-perroquet»Le Pape François s’est rendu dimanche dernier à la paroisse Sainte-Marie de Setteville, dans l’agglomération romaine, où il a passé « plusieurs heures sur places, prenant le temps de rencontrer les différents acteurs de la vie de la paroisse, notamment des groupes d’enfants et de scouts avec lesquels il s’est livré au jeu des questions-réponses pendant environ 30 minutes »nous dit Radio Vatican. « Il leur a rappelé que le témoignage chrétien consiste à parler du Seigneur avec joie, malgré toutes les épreuves de la vie. »

Zenit fournit la retranscription de son échange avec les enfants. Extraits :

Si je dis : « Je suis très catholique, je vais à la messe tous les dimanches », mais après je ne parle pas avec mes parents, les personnes âgées ne m’intéressent pas, je n’aide pas les pauvres, je ne vais pas trouver les malades… est-ce que c’est un témoignage de vie ? Non ! Je peux parler du Seigneur, mais si par ma vie je ne parle pas en rendant témoignage, comme tu l’as dit, par ma propre vie, cela ne sert à rien ! « Mais, Père, je suis chrétien et je parle du Seigneur ! » Oui, mais tu es un chrétien-perroquet ! Seulement d’ici [indique sa bouche]: parole, parole, parole… Tu te souviens de cette chanson ? Non, vous non, vous êtes jeunes. Si ? « Parole, parole, parole… » et rien de plus. Le témoignage chrétien se donne avec la parole, avec le cœur et avec les mains. Répétons ensemble : avec la parole, avec le cœur et avec les mains.

Avec notamment une leçon d’évangélisation du pape François :

Comment pouvez-vous expliquer à quelqu’un qui ne croit pas pourquoi ou comment la foi est importante ? C’est cela la question ? Il ne faut pas expliquer. Écoutez bien ceci : si tu as un ami, une amie qui ne croit pas, tu ne dois pas dire : « Il faut que tu crois pour cela, cela et cela… » en lui expliquant tout. Il ne faut pas faire cela ! Cela s’appelle du prosélytisme, et nous, chrétiens, nous ne devons pas faire de prosélytisme. Que faut-il faire ? Si je ne peux pas expliquer, que dois-je faire ? Vivre de telle sorte que ce soit lui ou elle qui me demande : « Pourquoi vis-tu comme cela ? Pourquoi as-tu fait cela ? » Et alors, oui, expliquer. Compris ? Mais jamais commencer par expliquer, pour convaincre. La foi est une grâce de Dieu et il faut l’inquiétude [la recherche intérieure] du Saint-Esprit pour avoir la foi et l’inquiétude du Saint-Esprit vient aussi de notre témoignage. « Mais regarde, il est fou, lui ! au lieu de venir s’amuser avec nous, il est allé veiller un malade, accompagner un malade. Mais il est fou ! Demain, je lui demanderai : ‘Dis-moi, pourquoi as-tu fait cela’ ». C’est comme cela. C’est l’inquiétude que tu as dans le cœur qui te fait poser des questions. D’abord, faire ; ensuite, expliquer. Compris ? Et le Saint-Esprit entre dans le cœur, rend le cœur inquiet avec le témoignage des chrétiens. C’est pourquoi Jésus disait aux gens, à propos des docteurs de la loi de leur époque : « Faites tout ce qu’ils disent, mais pas ce qu’ils font ». Ils ne rendaient pas témoignage. Et le témoignage chrétien – ce que vous avez dit sur la manière de vivre, d’être témoin – est ce qui provoque l’inquiétude chez l’autre et qu’il te pose la question et tu expliques. Tu as compris la réponse ? Mais ne jamais commencer par expliquer. Faire que ce soit lui ou elle qui pose la question, et provoquer la question par son témoignage. Compris ? Voilà. Autre chose, une autre question ?