Quand Matignon fait de la DSE

bernard-cazeneuve-remis-cadeaux-enfants-chretiens-dorient-refugies-france-matignon-mercredi-22-decembre-2016_0_730_485 C’est un instant symbolique des plus intéressants. Mercredi 22 décembre, des chrétiens d’Orient réfugiés en France étaient invités à Matignon pour la soirée de Noël, accueillis par un discours de Bernard Cazeneuve. L’événement mérite d’être analysé pour ce qu’il dit du lien entre religion et politique, au-delà même du message exprimé sur la protection des chrétiens d’Orient et des minorités d’Irak.

Il établit d’abord un lien entre Noël et le message de l’Eglise sur l’accueil des réfugiés. Doit-on rappeler que Marie et Joseph eux-mêmes ont été réfugiés en Egypte et à la recherche d’un refuge le soir de Noël ? Noël n’est pas une simple fête culturelle, commerciale et familiale : le geste témoigne du fait qu’il y a quelque chose de plus profond à tirer de cet événement. Bernard Cazeneuve l’a déclaré à cette occasion : Noël

« est un moment spirituel, de recueillement, ce n’est pas uniquement les cadeaux, c’est une fête qui conduit à prier, quand on est croyant, une fête qui a un sens profond »

Le second message concerne la place de la religion dans notre société : l’affirmation que la République peut accueillir en son sein les religions sans vouloir les dissimuler dans un univers commun neutre voire hostile. Ce message a été parfaitement exprimé par le P. Sabri Anar, curé de la paroisse chaldéenne Saint-Thomas, à Sarcelles, qui conduisait le groupe à Matignon. Selon ses propos rapportés par la Croix, il voit dans la réception à Matignon un « encouragement » et un « symbole » :

« Il est important pour nous de pouvoir se retrouver au cœur de la République »

Le quinquennat qui s’achève aurait eu besoin de bien des gestes de cet ordre pour réconcilier certains chrétiens avec la République.

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