Amoris Laetitia : 5 étapes pour comprendre

Voici un petit résumé de ce que je pense avoir compris des indications du Pape François dans Amoris Laetitia, au sujet de l’accompagnement des personnes divorcées-remariées et de leur accès aux sacrements :

1- Au n° 84 de Familiaris Consortio, Jean-Paul II invitait les pasteurs à bien discerner les diverses situations : une même situation objective ne correspond pas toujours à la même histoire personnelle. Cependant, dans ce même n° 84, il rappelait que les divorcés-remariés ne pouvaient être admis à la communion.

2- Dans Amoris Laetitia, le Pape François commence par rappeler que la doctrine du mariage et des autres sacrements ne change pas, ni la législation canonique. Le sacrement du mariage est indissoluble. La réception des sacrements nécessite d’être en état de grâce.

3- La charité pastorale cherche précisément à aider concrètement les personnes qui veulent sortir d’une situation bloquée et avancer sur le chemin de la sainteté conjugale et familiale. C’est le principe de la loi de gradualité. Au n° 300, le Pape donne aux pasteurs un itinéraire d’accompagnement pour ces personnes. C’est un chemin de conversion très exigeant : « Les divorcés remariés devraient se demander comment ils se sont comportés envers leurs enfants quand l’union conjugale est entrée en crise ; s’il y a eu des tentatives de réconciliation ; quelle est la situation du partenaire abandonné ; quelles conséquences a la nouvelle relation sur le reste de la famille et sur la communauté des fidèles ; quel exemple elle offre aux jeunes qui doivent se préparer au mariage… Ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église ».

4- Au n° 301, il rappelle que « L’Église a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante ». Il s’appuie sur saint Thomas d’Aquin et sur le Catéchisme de l’Église Catholique (Ce point – central – est discuté par certains théologiens moralistes… à suivre, donc).

5- Partant de là, au n° 305 : « À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également GRANDIR dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Et cette aide de l’Église, il est précisé dans la fameuse note 351 qu’il peut s’agir, « dans certains cas », des sacrements.

Au final, il n’est donc pas question de brader les sacrements du mariage, de l’Eucharistie ou du pardon, mais d’aider et d’accompagner ceux qui veulent réellement se convertir, changer de situation et grandir en sainteté. C’est un processus long et très exigeant ! Cet accompagnement est le propre de la mission pastorale de l’Église (l’une de ses trois mission, les « tria munera »).