Primaires : qui aura la bénédiction des catholiques ?

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Dimanche la messe sera dite. En attendant, les candidats à la Primaire de la droite et du centre ont envoyé quelques derniers signaux à l’électorat catholique, dans une opération séduction des plus ostensible.

Après des participations remarquées aux solennités du 15 août (Juppé, Fillon, Sarkozy), certains candidats à la Primaire ont souhaité répondre à la Lettre des évêques de France sur la situation politique du pays, publiée mi-octobre : Bruno Le Maire le premier, le 14 octobre, François Fillon le 24 cotobre et, plus récemment, Alain Juppé. Le calendrier en lui-même est intéressant. François Fillon peut être considéré comme le candidat « historique » des catholiques, rallié par Sens Commun, multipliant les appels du pieds, jusqu’à reprendre les mots de Jean-Paul II pour clôturer le dernier débat télévisé des Primaires, hier soir : « N’ayez pas peur ». Alors que les sondages se resserrent, Alain Juppé ne veut rien négliger dans sa campagne, surtout pas l’électorat catholique. Il voit dans la Lettre des évêques une aspiration à « l’identité heureuse » qu’il défend. Bruno Lemaire saisit cette Lettre comme un moyen de porter à nouveau son thème du « renouveau » en politique, tout en s’adressant aux catholiques. Nicolas Sarkozy, qui ne bénéficie pas d’une image de grande exemplarité morale, entretient un rapport plus distant avec les catholiques, notamment depuis son changement de position sur l’abrogation de la loi Taubira. Jean-Frédéric Poisson, en baisse dans les sondages, ne paraît pas parvenir, quant à lui, à élargir ses soutiens au-delà de l’électorat catholique habituel du Parti Chrétien Démocrate.

François Fillon semble donc miser, pour le scrutin de ce dimanche, sur la capacité mobilisatrice de ses réseaux catholiques, notamment dans le contexte post-Manif Pour Tous. Le résultat nous dira la pertinence – ou non – de ce choix stratégique. Au-delà de cette opération séduction des Primaires, il est toujours intéressant de se demander à quoi les catholiques sont identifiés en politique : uniquement à une pratique religieuse et à des « valeurs » qu’il s’agirait de reconnaître a minima, promouvoir a maxima ?

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