Le numérique est-il diabolique ?

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Non qu’il s’agisse d’exorcisme mais de ce que en quoi le numérique dans nos vies et dans la société « sépare » (diabolein en grec), fragmente, divise. Dans Libération, le philosophe Eric Sadin porte un regard très sombre sur l’avènement du numérique, qui n’est pas sans rappeler dans la tonalité les dénonciations de Papes comme Léon XIII sur les nouvelles formes du libéralisme à la fin du XIXe siècle ou encore Jean-Paul II sur le drame du système quand il prend le pas sur les individus et l’homme.

Dans les faits, [la « colonisation » du monde par « l’esprit de la Silicon Valley »] est un modèle civilisationnel fondé sur la marchandisation intégrale de la vie et l’organisation automatisée de la société qui en train de s’instaurer à grande vitesse.

Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Certainement pas et les auteurs du Samaritain seraient mal placés pour le faire ! Mais notre dépendance croissante au numérique – voir l’état de fragilité dans lequel nous sommes quand le réseau est l’objet d’attaques majeures, comme il y a quelques jours – ajouté au faible investissement de nos hommes politiques sur ces sujets ne peuvent que nourrir notre questionnement citoyen.

Et le numérique est aussi ce que nous décidons d’en faire. Deux contributions fort intéressantes pour nourrir la réflexion sur nos propres comportements : « Cathos, numérique et bien(s) commun(s) » de Floriane aux Alternatives catholiques et « Internet : voleur ou passeur d’humanité ? » de Jean Caron et un certain Erwan Le Morhedec.

 

« Ne les jugez pas avant de les connaître »

calais1montageIl n’est pas fréquent d’entendre des paroles bienveillantes concernant les migrants, « les exilés ». Les mots de Mariam Guerey, salariée du Secours Catholique n’en sont que plus intéressants et poignants. Comment espérer que l’intégration ait une chance quand ils arrivent dans des centres que les habitants ont tenté d’incendier ? Comment ignorer que le rejet provoque la défiance en retour ?

Aujourd’hui, j’envie tous ces CAO où nos frères vont partir, je dis à ceux qui les recevront : « Accueillez-les, soyez à leurs côtés, ce sont des jeunes en quête de paix, leur regard est poignant, ils nous disent quelque chose de l’humanité.  Ils sont en manque de tendresse et d’amour, de reconnaissance, ils ne savent pas ce que c’est de détester ou de ne pas aimer.  Tout ce qu’ils souhaitent vraiment c’est qu’on les rencontre avec un regard qui ne fait pas de différence, un regard d’amitié et d’accueil…Ne les jugez pas avant de les connaître, essayez juste de comprendre pourquoi ils sont là, ce qu’ils ont dû endurer pour arriver jusqu’ici, on ne quitte jamais son pays par plaisir. Demain l’OFPRA, nous pouvons l’espérer, leur accordera le statut de réfugié ».

Sans se leurrer sur le fait que tous ne correspondent pas à ce tableau, au moins, les connaître. Tout devrait commencer par là.

La Bible en ses traditions

La bible en ses traditions Le Figaro (Premium) propose un entretien avec le père Olivier-Thomas Venard, professeur de Nouveau Testament et vice-directeur de l’École biblique et archéologique de Jérusalem. Si vous êtes abonné, il est à lire ici.

« [le dominicain] est aujourd’hui à la tête d’un ambitieux chantier informatique, la Bible en ses traditions (Best). Il s’agit de mettre en ligne une édition révisée de la Bible, associant les versions hébraïque, grecque, araméenne et latine de l’Écriture sainte et proposant une annotation du texte, du contexte et de sa réception dans les différentes traditions religieuses et culturelles. »

Pour en savoir plus, rendez vous sur le site www.bibest.org, vous pourrez y consulter le volume de démonstration.

La liberté est faite pour nous rendre enfants.

Pape FrançoisDans l’homélie de ce jour, le pape évoque la réaction du pharisien devant la guérison par Jésus d’une femme, le jour du Sabbat :

«Il n’est pas facile, a commenté le Pape, de cheminer dans la Loi du Seigneur», c’est «une grâce que nous devons demander». Jésus accuse [le pharisien] d’être hypocrite, une parole qu’il répète «tant de fois aux rigides, à ceux qui ont une attitude de rigidité dans l’accomplissement de la loi», qui n’ont pas la liberté des enfants, qui sont «esclaves de la Loi». Pourtant, «la Loi n’a pas été faite pour nous rendre esclaves, mais pour nous rendre libres, pour nous rendre enfants». «Derrière la rigidité il y a une autre chose, toujours ! C’est pour cela que Jésus dit : hypocrites !».

à lire sur Zenit.

Quelle dignité, en prison ?

5876718lpw-5877051-jpg_3853861Le Point publie un reportage sinistre sur la réalité de la vie en prison, dans une des prisons les plus surpeuplées de France. Nous sommes loin des discours entendus sur « les prisonniers qui se la coulent douce avec nos impôts ». Construire des prisons, dans ces conditions, n’est même plus une question de capacité d’incarcération mais de respect de la dignité de la personne humaine.

Démanteler ou construire

Mgr Jaeger ArrasL’évêque d’Arras, Mgr Jaeger, intervient au sujet du démantèlement de la « Jungle » de Calais, dans son diocèse :

Une vaste opération de déplacement des personnes concentrées dans la lande ou jungle de Calais est menée. Même si ce lieu a représenté une lueur d’espoir pour beaucoup d’entre elles, l’insalubrité des lieux et les conditions précaires de subsistance le condamnaient à disparaître. Sans oublier les moyens pris par les pouvoirs publics et l’énorme investissement des bénévoles et des associations, l’heure est venue de construire plus que de démanteler.

Il faut d’abord construire ou reconstruire les modalités du respect de la  dignité humaine d’hommes et de femmes blessés qui ont quitté leurs pays et leurs familles dans des circonstances souvent atroces et douloureuses. Ces mêmes personnes ont souvent été bafouées par les réseaux qui devaient les acheminer vers une hypothétique terre promise et les ont conduits à Calais dans les conditions que l’on sait. Leur départ de notre littoral peut et doit être vécu comme un surcroît de dignité et de respect, notamment à l’égard des mineurs, des femmes seules et des personnes en santé fragile.

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La nature n’est pas utile, elle est irremplaçable

La nature n’est pas utile, elle est irremplaçable

Les plantes des jardins sont considérées comme des enfants ; qu’une femme oublie de repiquer un pied de manioc, elle rêvera la nuit suivante d’un nouveau-né éploré qui lui réclame le sein. Les animaux de la forêt sont vus comme des parents par alliance dont on a ponctuellement le droit, moyennant le respect de certaines règles, de prélever le corps lors de la chasse. Au sein d’une pensée qui ne distingue pas la nature de la culture, l’idée d’agrandir ses jardins ou de domestiquer des animaux pour produire davantage — un surplus dont on ne saurait d’ailleurs que faire — apparaît d’une absurdité presque dangereuse.

A méditer sur le principe énoncé dans la Genèse de garder et cultiver le jardin, comme une relation type de l’homme à la nature, et l’on se défendra bien tôt de tout rapport utilitariste à la nature, y compris quand il s’agit d’argumenter pour la défendre. C’est dans cet esprit qu’il faut lire cet article du site Reporterre, sur cette tribu d’Amazonie qui ne voit pas plus d’utilité dans la nature que nous n’en voyons de prime abord dans notre famille.

Le célibataire, ce handicapé.

94331107_c001kd_a_father_lifting_his_son_in_the_air-large_transqvzuuqpflyliwib6ntmjwzavhxqzbmczl0sj3gtk990Au nom d’un « droit à se reproduire », l’incapacité à pouvoir s’auto-reproduire pourrait bien être considéré sous peu comme un handicap, et les célibataires sans enfant comme souffrant d’infertilité, sociale.

C’est ce que rapporte The Telegraph. Ainsi les experts de l’OMS auraient résolu de définir de nouveaux standards et, poursuivant la logique toujours plus absurdes des droits individualistes, consacreraient un « droit à la reproduction ».

Under the new terms, heterosexual single men and women, and gay men and  women who want to have children would be given the same priority as couples seeking IVF because of medical fertility problems. Dr David Adamson, one of the authors of the new standards, said: “The definition of infertility is now written in such a way that it includes the rights of all individuals to have a family, and that includes single men, single women, gay men, gay women.

Ce point mérite l’attention tant, d’une part, il consacre la conception de la vie en société comme la mise en œuvre de droits personnels, individuels et individualistes et, d’autre part, il ouvre la voie aux pratiques que l’on sait largement contestées aujourd’hui, autour de la PMA et de la GPA.

Ainsi va la vie d’un diocèse rural…

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… qui cherche à devenir missionnaire. Le diocèse de Tulle, fort d’une vieille et vive histoire chrétienne mais aussi d’un passé anticlérical pas tout à fait derrière lui, a publié de nouvelles orientations pastorales. Dans celles-ci,  on trouve notamment un appel vigoureux à mettre en place des communautés missionnaires dans chaque village, faisant vivre les petits joyaux architecturaux que sont les églises corréziennes par la prière des vêpres, du chapelet, par l’adoration etc. mais aussi l’annonce d’un regroupement des forces vives du clergé en communautés. Mgr Bestion a-t-il lu Jean Mercier ? Quoi qu’il en soit, les deux hommes en arrivent aux mêmes conclusions !

Livre : Monsieur le curé fait sa crise, de Jean Mercier

Cahiers Libres rend hommage à l’excellent roman de Jean Mercier « Monsieur le curé fait sa crise » : plus qu’un roman, ce livre est un appel à réfléchir sur l’organisation de nos paroisses.

Avec un humour délicieux, riche en formules imagées dont l’auteur a le secret, ce roman aborde un sujet grave : la souffrance des prêtres épuisés par la réunionite, le management de bénévoles, les kilomètres pour desservir tous les clochers (et ne frustrer personne…), la multiplication des tâches éloignées de l’essence de leur ministère, l’absence de reconnaissance et autres difficultés qui conduisent tout droit nos prêtres vers le burn out.


Traité UE-Canada : CETA vous de choisir

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Le gouvernement wallon a aujourd’hui toutes les clés en main pour décider de l’avenir proche du traité commercial CETA : la Commission européenne lui ayant laissé jusqu’à ce soir pour livrer sa position définitive, conditionnant celle de l’Etat belge, la Wallonie tranchera sur la tenue – ou non – de la séance de ratification du traité prévue ce jeudi avec le Premier ministre canadien. Le veto wallon peut, s’il est maintenu et en conformité avec les lois constitutionnelles belges, orienter la décision du pays vers la négative et donc empêcher la ratification de l’accord, qui doit recevoir l’aval des différents chefs d’états. La pression est donc maximale du côté de la Commission européenne et des gouvernements nationaux en direction du dirigeant wallon, Paul Magnette, qui a dénoncé le défaut de démocratie dans le processus de validation ainsi que ces pressions dont il est l’objet.

Le veto wallon a d’abord pour avantage de braquer les projecteurs sur les négociations commerciales en cours, réinstaurant un débat public jusqu’alors extrêmement pauvre en comparaison des enjeux en présence, par exemple sur la question des tribunaux d’arbitrage (permettant aux entreprises d’attaquer des Etats pour entrave au commerce). Mais l’affaire « Paul Magnette » est surtout à suivre de près car elle pourrait créer un précédent quant au contenu et aux modalités de négociations des accords commerciaux – comme le TAFTA, actuellement mis en attente -, opaques et discutables quant à leurs retombées économiques et environnementales. Y aura-t-il un avant et un après CETA ? On peut en tous cas se féliciter du retour du politique dans l’arène des affaires européenne, en écho avec la récente lettre des évêques de France.

Source photo : Le Soir

Le pharisien et le publicain vus par Mauriac

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Cette vision particulière du roman comme instrument de foi repose sur le constat d’une disparition de Dieu. Disparu de la morale, disparu de la littérature, le voilà à présent qui disparaît des cœurs. Plutôt que de l’invoquer avec force ou d’organiser son retour avec fracas dans ses œuvres, Mauriac est guidé par l’intuition d’une soif universelle de Dieu qui travaille jusqu’à l’âme du plus fieffé pécheur. Si le roman parvient à lui en faire prendre conscience, il sera libre alors de se tourner vers la source à laquelle boire. Dans les deux romans, le vent ne cesse jamais de souffler ni l’eau de couler, irriguant le récit de part en part de leur évidence discrète. Thérèse et Louis étouffent et meurent de soif à deux pas de ce puits autour duquel ils errent sans jamais le voir : l’écriture de Mauriac consiste à leur en révéler la présence, si proche, si nécessaire et pourtant si discrète.

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Un endroit où crécher

creche-de-noelAu moment où nous nous étripions sur la place à donner aux crèches dans les mairies, le Saint-Siège par la voix de Mgr Bernardito Auza plaidait pour le droit au logement pour tous auprès de l’Organisation des Nations Unies.

La réalisation complète du droit à un logement décent et abordable est liée au respect pour la dignité intrinsèque et inviolable de la personne humaine. Trop de personnes sont encore logées de façon insuffisante, vivant dans des bidonvilles insalubres ou dans des bâtiments dangereux : aujourd’hui il y a tant de familles sans-abri.

Le rapporteur auprès du Conseil d’Etat appelle dans ses conclusions à envisager la crèche, lorsqu’elle se trouve exposée dans des bâtiments publics, comme un objet sécularisée. Ne peut-on imaginer que les chrétiens utilisent cette opportunité pour partager avec leurs concitoyens un idéal de solidarité, celle qui amène par exemple à prêter un toit à un couple en transit qui attend un enfant ? La meilleure solution pour contrer ceux qui veulent faire de la crèche un symbole identitaire au service du rejet de l’autre n’est-elle pas de leur opposer une vision qui promeuve l’accueil et le partage ?

Beaucoup de chrétiens œuvrent déjà activement pour le droit au logement. On peut penser en particulier à Habitat et Humanisme, dont le fondateur, le père Bernard Devert, vient de signer un signer un texte particulièrement d’actualité.

Quitter Calais … et après ?

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(JP Brunet)

Les appels nombreux du Pape François pour accueillir les migrants, de manière inconditionnelle mais à la mesure de nos moyens, ne peuvent nous laisser insensibles à l’actualité sur l’évacuation de la « jungle » de Calais, ce lundi. Et en même temps, au carrefour de retours parcellaires ou contradictoires, il est dur de se forger une opinion. Le démantèlement commence aujourd’hui ; voici une tentative de résumé de la situation (s’il était lui-aussi parcellaire ou insatisfaisant, au moins aura-t-il eu le mérite de vous inviter à vérifier ou compléter  par vous-même !).

Le gouvernement a décidé d’une dissolution du camp de migrants à Calais (plusieurs milliers de personnes – une ville !) en orientant ses occupants en divers coins de France, notamment par le biais de « CAO » (Centre d’Accueil et d’Orientation) appelés à prendre en considération la situation de chacun. On comprend à la lecture du papier assez complet de la Voix du Nord que le dispositif mis en oeuvre est imposant et que peut-être cette sortie de Calais est mieux construite que celle de Sangatte quelques années auparavant … Et aussi qu’un « traitement » de la situation complexe et douloureuse du Calaisis est mis en oeuvre, même si on peut commenter ses modalités.

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En Irak, la croix se dresse à nouveau

La petite ville de Bartella a été reprise sur Daech. Sitôt arrivés, les combattants chrétiens ont érigé une grande croix de bois sur le sommet de l’église, là où les islamistes l’avaient précédemment abattue. Dans l’église dévastée, ils se sont mis à genoux et ont prié.

Les croyants ne revendiquent pas l’installation de crèches dans les mairies

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C’est le Père Louis-Marie Guitton, prêtre dans le diocèse de Fréjus-Toulon (Var) et responsable de l’Observatoire socio-politique du diocèse, qui le souligne et qui rappelle entre autres que :

Pour nous, Noël est un temps de paix, donc il n’y a pas lieu d’entrer dans des guerres inutiles. C’est toujours sain qu’il y ait un débat, mais ces histoires de crèche installées dans les mairies ne sont pas une priorité aujourd’hui.Je préfère rappeler que l’histoire que raconte la crèche est dramatique au départ : ce sont des gens qui n’ont pas trouvé à être hébergés, un couple qui cherche une maison. Ca peut nous ramener à l’actualité, non ? La crèche est tout le contraire d’un signe de fermeture.

La mission auprès des juifs : un réflexe atavique et obsolète

Frère Antoine Lévy dévoile les rapports passés de l’Ordre dominicain avec le monde juif“On dira ce que l’on veut, l’histoire des rapports de l’Ordre dominicain avec le monde juif n’est pas belle…”, lance le dominicain français Antoine Lévy, docteur en théologie et spécialiste du judaïsme messianique. Dans une conférence intitulée “Judaïsme messianique – La mission dominicaine ‘ad Judeos’ reconsidérée” et dont le site Cath.ch fait recension, ce théologien revient sur l’histoire peut glorieuse des relations que les frères dominicains, mais aussi franciscains, ont entretenu avec le monde juif au moyen-âge en particulier. Des rapports violents et belliqueux qui allaient pourtant contre l’exemple du fondateur de l’ordre saint Dominique, et contre la réserve explicite du docteur angélique, saint Thomas d’Aquin, pour ce qui est de la mission ad judeos.

Cette passionnante recension, est à lire ici. Et pour mieux comprendre cette problématique et ses immenses enjeux théologiques, il faut bien sûr lire le document produit par la commission pontificale pour les relations avec le judaïsme, le 10 décembre 2015, à l’occasion du cinquantenaire de Nostra Aetate : « Les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables ».

Appeler au sacerdoce est « une mission urgente », en vue de l’évangélisation

C’est ce qu’a rappelé le Pape François aux 300 participants de la Convention internationale sur les vocations sacerdotales, organisée à Rome par la Congrégation pour le Clergé.

La vocation est un appel que Dieu adresse à un jeune. Il s’agit d’une rencontre avec le Seigneur : « La vocation commence par un regard de miséricorde qui s’est posé sur moi ». Si Pastorale des Vocations il y a – et le Pape s’est dit un peu craintif quand à l’emploi de ce genre d’expression ecclésiale – elle ne peut pas être le seul résultat d’un programme élaboré dans un bureau. Les évêques et les prêtres sont des instruments privilégiés du Seigneur pour appeler des jeunes à suivre le Christ et à servir l’Eglise et le monde en tant que prêtres. En vivant à plein leur mission d’évangélisation, ils deviennent des ouvriers pour la moisson entraînant d’autres ouvriers : « N’ayez pas peur d’annoncer l’Évangile, de rencontrer, d’orienter la vie des jeunes. Et ne soyez pas timides pour leur proposer la voie de la vie sacerdotale. » De fait, les communautés chrétiennes évangélisatrices sont le berceau des vocations au sacerdoce et à la vie consacrée.

Aide toi le ciel t’aidera

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Le dessin de Denis Pessin pour Slate peut donner lieu à bien des commentaires. Il peut notamment nous rappeler que le premier rôle du message du Christ est de trouver une incarnation concrète dans le monde. Trouver une place en crèche aujourd’hui c’est encore un peu la croix et la bannière… Dans le regard que l’on porte sur la politique, il serait bon de se demander d’abord si les acteurs se mettent authentiquement au service du bien commun (accueillons chacun comme on accueille le Christ), avant de se demander quel rôle ils jouent dans nos querelles de symboles. Sans que cela évacue pour autant l’importance du débat sur la place de la religion dans notre société, il est légitime de veiller à ne pas tomber dans un certain pharisianisme politique qui veut que l’on nettoie l’extérieur de la coupe et du plat avant de se pencher sur ce qu’il contient.

« Donne-moi une bonne digestion, Seigneur … »

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T. More

Donne-moi une bonne digestion, Seigneur, et aussi quelque chose à digérer. Donne-moi la santé du corps avec le sens de la garder au mieux. Donne-moi une âme sainte, Seigneur, qui ait les yeux sur la beauté et la pureté, afin qu’elle ne s’épouvante pas en voyant le péché, mais sache redresser la situation. Donne-moi une âme qui ignore l’ennui, le gémissement et le soupir. Ne permets pas que je me fasse trop de souci pour cette chose encombrante que j’appelle « moi ». Seigneur, donne-moi l’humour pour que je tire quelque bonheur de cette vie et en fasse profiter les autres. Amen. 

 

Cette prière de Thomas More était l’un des préférées de Jean Boissonnat, décédé il y a peu, alors on la partage, en vous souhaitant un bon week-end ! (et digérez-bien et faites des blagues pour être heureux !)

De la responsabilité sociale des entreprises…

capture« Même certains grands patrons appellent ce changement de leurs vœux. C’est le cas d’Antoine Frérot, PDG de Veolia : il souhaite que l’on reconnaisse ‘que l’avenir des entreprises dépend de la satisfaction des intérêts de tous ceux qui y participent, au prorata de leurs engagements’ et ‘que le rôle du chef d’entreprise est de rechercher cette harmonie’  »

Voir plus…

Coriace !

Au début de la semaine aux portes du Vatican, cette œuvre GENIALE est apparue. La mairie de Rome l’a enlevée, l’artiste est « revenu » – à tout le moins en ligne.

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Dis papa, c’est quoi cette bouteille de lait ?

Alexandre Jardin jette une brique de lait à Bruno Le MaireLors de l’émission politique hier sur France 2 avec Bruno Lemaire, l’écrivain Alexandre Jardin a fait une entrée remarquée par un beau coup de publicité à la marque « C’est qui le patron ?! » qui a lancé ce lundi sa nouvelle brique de lait.

L’esprit de la marque mêle divers concepts comme celui des AMAP qui mettent en relation directe producteurs et consommateurs, de l’économie participative, mais aussi, osons le dire, une idée qui connait un succès depuis déjà bien longtemps dans un domaine où l’on s’en serait pourtant bien passé : l’industrie musicale. Moins pour sa dimension éthique que pour sa rentabilité, les producteurs des The Voice, Nouvelle Star et autres émissions du genre ont depuis longtemps compris l’intérêt de mettre sur le marché un produit conçu et choisi par avance par les consommateurs.

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Amoris Laetitia : revivez la journée d’étude

Amoris LaetitiaCette journée s’est tenue à l’Institut Catholique de Paris le 17 octobre, en présence du cardinal Vingt-Trois. Vous pouvez la revivre en consultant les textes des interventions des participants, ou en écoutant leurs enregistrements audio. Vous pouvez les trouver sur le site de l’ICP.

 

« J’ai de l’acné mais je me soigne. Et toi, pour ton cerveau on va faire comment ? »

Je me défends du harcèlementLe 3 novembre 2016 ce sera la deuxième journée nationale « Non au harcèlement ». Cette journée nationale de sensibilisation au harcèlement à l’école a été mise en place en 2015. « Najat Vallaud-Belkacem a présenté la première journée nationale « Non au harcèlement », qui aura lieu le jeudi 5 novembre, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue le jeudi 29 octobre 2015. La campagne et les annonces s’adressent prioritairement aux enfants de primaire et aux témoins car c’est dès le plus jeune âge qu’apparaissent les premières situations de harcèlement. La recherche et les expériences de terrain ont prouvé que c’est en rendant les témoins acteurs de la prévention, en les faisant changer de regard et de position dans le groupe que le harcèlement diminuait. » indiquait l’année dernière le ministère de l’éducation nationale.

En mars 2016, est paru un excellent ouvrage : E. Piquet et L. Mandel, Je me défends du harcèlement, éd. Albin Michel Jeunesse, 2016.

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Oui à la crèche, sans Jésus

creche-noelIl était une fois un pays extraordinaire dont les habitants se faisaient la guerre à cause de la paix. Dans ce pays extraordinaire, les juges semblaient penser que la paix serait admise, pour autant qu’elle reste décorative.

Le rapporteur public devant le Conseil d’Etat a rendu ses conclusions dans l’affaire des crèches. Il ne s’agit donc pas de l’arrêt du Conseil d’Etat mais de conclusions – généralement suivies. La position, notable, est celle-ci : la laïcité ne s’oppose pas, par principe, à la présence d’une crèche dans une mairie, bâtiment public par excellence. Le rapporteur a expliqué : « Nous ne croyons pas que le contexte de crispation sur la laïcité vous impose d’instruire par principe le procès de la crèche ».

Mais il y a des conditions et, selon l’AJDA, il conviendrait que la crèche, « objet mixte, à la fois religieux et décoratif (…) s’inscrive dans le temps festif de Noël en tant que fête sécularisée ». Lire la suite

Castel Gandolfo ouvert au public !

Deux ans après avoir ouvert aux touristes ses magnifiques jardins, le pape François a décidé d’ouvrir au grand public les appartements privés de la grande résidence d’été des papes à Castel Gandolfo, renonçant ainsi définitivement à aller s’y reposer comme faisaient ses prédécesseurs. À compter du 21 octobre prochain, les visiteurs pourront découvrir ces lieux aux tentures damassés de pourpre et d’or, à la décoration fidèle au Palais apostolique du Vatican. Un havre de paix que le pape Benoît XVI chérissait particulièrement. Le pape émérite s’y était d’ailleurs retiré après sa renonciation, le 28 février 2013, le temps que les cardinaux élisent son successeur et que les travaux de son logement définitif, au monastère Mater Ecclesiae, dans les jardins du Vatican, soient terminés.

La suite sur Aleteia

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La Tombola du Pape

La Tombola du Pape(RV) La 4ème édition de la tombola de bienfaisance au profit des œuvres de charité du Saint-Père aura lieu le 2 février 2017. Sur volonté du Pape, l’argent récolté bénéficiera comme l’an dernier aux sans-abris, mais également aux populations touchées par le séisme qui a fait plus 300 morts dans le centre de l’Italie, le 24 août dernier.

La suite sur Radio Vatican.

Messe pour les 4 jeunes victimes à Angers

lumièreA Angers, il y a quelques jours, un balcon s’est effondré, provoquant le décès de 4 jeunes. A la demande des étudiants catholiques, une messe a été célébrée ce mercredi à la mémoire des victimes. Le vicaire général a prononcé l’homélie.

« La vie, nos vies humaines, sont un mystère. Nous sommes des êtres vivants, pleins de promesse, de potentialités, de vitalité mais nous sommes aussi des êtres fragiles, exposés à toute sorte de risques, des êtres mortels. Personne n’est à l’abri d’une maladie grave, d’un accident. »

« Et pour nous qui restons là, sur cette terre, Jésus, dans l’Évangile, nous dit : « Vous aussi, tenez-vous prêts ! » Vous ne savez pas quand votre heure viendra . »

« Dimanche dernier, le pape François a canonisé Sainte Élisabeth de La Trinité, une jeune femme décédée à 26 ans de maladie. Parmi ses paroles, j’aime beaucoup cette phrase : « Malgré tout ce qui se passe, crois toujours en l’amour ! » »

A lire sur Ouest-France

Parrain du bout de la rue

parrains-mille-association-propose-daccompagner-enfant-jeune_0_730_547On connaît plus souvent le parrainage international. Une démarche complémentaire se développe : le parrainage de proximité. Une façon d’apporter sa pierre, à laquelle La Croix consacre un article aujourd’hui.

« Les parents qui s’adressent à France Parrainages souhaitent apporter à leur enfant une ouverture, un enrichissement, un élargissement des possibles par un parrain ou une marraine », explique Vincent Le Scornet, responsable du parrainage de proximité au sein de cette association. « Souvent il s’agit de mamans seules qui ne bénéficient pas d’un réseau de soutien. Le parrainage leur permet de souffler et de s’investir dans un autre champ. »

Et des parrains et marraines, l’article en présente de toutes sortes : couple retraité, couple engagé, jeune célibataire sportif. Une idée d’action personnelle concrète.

Cathos de gauche : même pas morts ?

resurrection-de-lazare-par-rembrandtRéagissant à un article de Gaël Brustier, René Poujol s’insurge, dans une tribune publiée ce jeudi sur Causeur et Aleteia, contre l’idée que les cathos de gauche seraient morts et enterrés, balayés par la tempête de la Manif pour Tous. Pour lui, le recul du vote catholique à gauche est d’abord un problème d’offre politique : orphelins politiquement, les catholiques de gauche seraient les grands déçus de François Hollande qui n’aurait su ni conduire un authentique débat sur le mariage pour tous, ni mener une politique économique au niveau des attentes. Enfin, les catholiques de gauche continuent pour lui à souffrir d’un défaut de visibilité, continuant à opter pour une forme de discrétion en décalage avec le catholicisme décomplexé de la jeune génération.

Mais parle-t-on encore de « cathos de gauche », au sens historique du terme ? Ou parle-t-on plus justement de « cathos à gauche », moins nombreux, offrant volontiers leur soutien à la gauche mais sans développer pour autant des attentes en matière de réforme liturgique en résonance avec leur engagement politique ? Quels sont les éléments qui, au-delà du « mai 68 conservateur », structurent le positionnement politique des catholiques ? Ne sont-ils pas toujours plus nombreux à chercher un autre marqueur que la gauche ou la droite ? C’est peut-être en cela que la catégorie de « cathos de gauche » est remise en question.

Le respect, ça paye !

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(c) Getty Images

Etonnante approche outre-Atlantique que de vouloir tout mesurer, même ce qui est à l’oeuvre dans nos relations au travail et ailleurs !… Un papier de la très sérieuse Harvard Business Review rend compte d’une étude sur le lien entre respect au travail et motivation des salariés.

Si la leçon de vos parents sur la politesse – parce que « c’est bien » – ne vous avait pas suffi, voici une occasion de redécouvrir notamment la vacuité de l’excuse « désolé, je n’ai pas le temps d’être aimable » (sic !) et le fait que ce n’est pas parce que l’on a pu être mal traité (maltraité ?) par la génération d’avant qu’il faut poursuivre la chronique du mépris – une occasion de résurrection en quelque sorte, exigeante par hypothèse mais qui peut porter du fruit.

Au-delà – tout le monde n’est pas « manager », « dirigeant », … – l’occasion de se dire que l’exemplarité de nos comportements a une empreinte positive sur le monde !

Tiens, je ne sais pas vous, mais cela me rappelle une récente publication des Evêques de France sur le monde politique et un rappel à une forme d’exemplarité … Comment ça, personne ne vous en a parlé sur ce site ? Quel scandale ! Le lien juste après pour que vous puissiez vous rattraper : ici.

Les périphéries, la prostitution, une maison

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(A. Richard)

Mise à disposition par le diocèse de Meaux, la Maison Magdalena accueille, depuis peu, trois personnes qui se sont longtemps prostituées au Bois de Boulogne, c’est ce que nous narrait La Croix tout récemment.

Parmi elles, une Colombienne transsexuelle, qui a rendu les clefs de son appartement parisien pour y vivre, confie : « J’ai peur de la suite. Parce que, en tant que transsexuelle, il n’y a que la prostitution qui s’offre d’ordinaire à nous mais il faut faire confiance. C’est la première fois de ma vie que je rencontre un prêtre qui veut bien m’aider. Et puis Dieu est là.. »

Dans nos oreilles résonnent les paroles du Pape François quand il nous invite à « aller aux périphéries » et qui nous parle de l’Eglise comme d’un « hôpital de campagne » …

Ce prêtre qui va aux périphéries, il les a connues dans des périodes sombres de sa propre histoire ; aujourd’hui, ce sont même Les Inrockuptibles qui lui tirent le portrait ! Le Père Jean-Philippe Chauveau a créé en 1998 l’association Magdalena au cœur de la paroisse Sainte-Cécile à Boulogne-Billancourt, dans le Diocèse des Hauts-de-Seine. Cette association qui compte aujourd’hui 200 bénévoles comme les autres initiatives prises dans ce cadre (pèlerinage des prostituées à Lourdes, « maraudes » auprès des SDF, autre maison mais dans l’Indre cette fois dédiée à la réinsertion de toxicomanes, …) semblent tout à fait exemplaires.

A découvrir et partager si on le souhaite. Pour le reste, chacun choisira « ses périphéries » mais en attendant on peut donner à cette association, reconnue par le Diocèse, et c’est par là : http://www.magdalena92.com/?-Appel-a-dons-

En Suisse, Justice et Paix dit oui à lʼinitiative « Sortir du nucléaire »

centrale_nucleaire_de_cruas-meysseLa Commission nationale Justice et Paix de la Conférence des évêques suisses recommande dʼapprouver lʼinitiative « Sortir du nucléaire » soumise au peuple le 27 novembre prochain. Elle estime que la mise hors service des centrales nucléaires suisses au maximum 45 ans après leur installation est faisable et souhaitable dʼun point de vue pratique comme éthique.

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Je danserai pour Toi

capture« La forme, qui associe un humour de café-théâtre avec un jeu en permanence chorégraphié, fait rire en permanence et sans le moindre irrespect. Comment résister à des saillies telles que « je tombe nez à nez avec les yeux d’un Indien assis en tailleur et en slip qui a l’air de s’en foutre de ses bourrelets, et je suis comme transpercée par la douceur de son regard » ou « je traverse Paris à vélo tous les jours pour me rendre à la messe… à trois kilomètres de chez moi et ça grimpe. Du coup, jackpot, j’hérite d’un cul de Brésilienne ».
Par ailleurs, le fond est bien là. En vrac autant qu’en passant, on a droit au fait que le corps et l’âme ne font qu’un, à la puissance de la prière, au fait que dans l’Évangile tout n’est que souffle, rythme et déplacement, à saint Séraphim de Sarov… »

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