Un préfet théologien !

Il s’agit du Cardinal Ladaria, préfet de la congrégation pour la doctrine de la Foi. Dans un entretien accordé à L’Osservatore Romano, on en apprend plus sur ce personnage si important au bon fonctionnement de l’Eglise, sur son travail avec Benoît XVI et sur les enjeux théologiques du moment.

Extrait : « Par rapport à l’époque du Concile, diriez-vous qu’aujourd’hui la théologie est un peu en déclin ?

Je ne dirais pas cela. Toutefois il y a toujours eu des grands moments et il faut considérer que le concile a été un de ceux-là. À Vatican II, il y avait d’illustres théologiens et j’ai ensuite connu personnellement certains d’entre eux. Aujourd’hui, ces grands noms manquent. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas un haut niveau théologique dans les universités et, en tous cas, je ne crois pas que la théologie soit en déclin. Nous sommes plutôt à une période d’assimilation et de critique après le concile. »

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Un oecuménisme bien en chaire

Non, il n’y a pas de faute d’orthographe dans le titre de ce billet : il s’agit bien de la création d’une chaire de théologie oecuménique au Centre Sèvres : « Cette chaire propose des enseignements qui permettent de mieux connaître les Églises chrétiennes dans leur diversité, les avancées du dialogue œcuménique, les perspectives nouvelles qui se dessinent pour l’avenir. Sa visée essentielle est de faire réfléchir sur la portée théologique des questions ainsi rencontrées et, par là, de contribuer pour sa part à la communion des Églises ».

Anne-Cathy GRABER, c.c.n. et Michel FÉDOU, s.j., titulaires de cette chaire la présentent dans cette courte vidéo :

ThéoDom en vacances

ThéoDomAprès Martine à la campagne, voici ThéoDom à la montagne : du 22 au 28 juillet, 5 jours dans le massif de la Chartreuse, au monastère de Chalais, avec des dominicains (frères et sœurs).

Au programme, des enseignements de théologie, des ateliers pour échanger avec les autres, des ballades dans la montagne, des temps de prières avec la communauté, etc. Fil rouge de la session : « le dialogue avec le monde ».

ThéoDom sera aussi à la mer (Belle-Île-en-mer) et près de Lyon (ThéoDom campus), à des dates différentes. Si vous êtes étudiants, jeunes pros, que vous avez de 20 à 35 ans, foncez.

Pour les informations, et pour trouver le bouton « je m’inscris » (c’est facile, il est vert), c’est sur le site de Theodom.

 

Université et Esprit Saint

Dans la mouvance de la Pentecôte, le p. Etienne Grieu, président du Centre Sèvres a écrit un magnifique billet sur le lien entre Université et Esprit Saint. En voici un bref extrait : « il est une autre affinité entre l’Université et l’Esprit. Elle tient, précisément, à son souci de l’universel, qui passe par le refus de faire jouer les dons de l’Esprit les uns contre les autres. Dès lors, la force n’est pas dissociée du conseil, l’empêchant de prendre un tour brutal ; la science ne se conçoit pas sans la crainte de Dieu, sans quoi elle peut aller vers l’orgueil ; la piété ne se refuse pas à l’intelligence qui la garde d’être naïve et sans pertinence ; et la sagesse a besoin de la force pour être sans cesse remise en chemin. »

 

La joie d’étudier !

Récemment, le Pape a publié une nouvelle constitution apostolique intitulée Veritatis gaudium (la joie de la vérité) sur les universités et facultés ecclésiastiques. C’est un document important, à lire en particulier si vous êtes étudiant, enseignant et/ou chercheur dans une fac de théologie…

Comment ? Vous n’êtes pas concerné ? « L’exigence prioritaire aujourd’hui à l’ordre du jour est, en effet, que tout le Peuple de Dieu se prépare à entreprendre avec esprit une nouvelle étape de l’évangélisation. Cela demande un processus résolu de discernement, de purification et de réforme. » dit le pape…Lire la suite

Oui, nous avons besoin de théologiens !

« l’Eglise a-t-elle besoin de théologiens ? » C’est la question posée par Sophie de Villeneuve,dans l’émission « Mille questions à la foi » sur Radio Notre-Dame, au père Bernard Sesboüé sj., jésuite, théologien, et auteur notamment de Introduction à la théologie, histoire et intelligence du dogme (Salvator).

[spoiler] Et la réponse est bien évidemment un grand oui !

On peut lire une partie de l’entretien sur croire.com ou l’écouter dans son intégralité, via Radio Notre-Dame, ici :

La théologie, ça sert à quoi ?

Un nouveau blogue ! Theo-drama par PEG

1/ La théologie, c’est pour tout le monde. Ce n’est pas pour les curés, encore moins les universitaires et les experts. Nous sommes tous appelés à faire ce travail — et c’est un travail — de réflexion profonde sur la Révélation divine. D’ailleurs à presque chaque messe j’ai un petit moment d’émerveillement en songeant à la foi en l’homme incroyable que montre l’Église en mettant les épîtres à presque chaque liturgie, lorsqu’on sait la subtilité et la complexité de la pensée de Saint Paul. C’est comme mettre Platon au programme de CM2 : faut oser. Pourtant, l’Église considère que tout croyant est assez grand, assez mûr, pour se frotter à Paul. (Et pendant qu’on y est, mettons Platon au programme de CM2.)
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Nouveautés au centre d’études théologiques de Caen

Nouveautés au centre d’études théologiques de CaenLu sur Ouest France : Une nouvelle série de cours et de sessions commence au Centre d’études théologiques (CET) de Caen à partir de ce lundi 30 janvier 2017.

Outre les cours classiques (Nouveau Testament, Sacrements, Pères de l’Église, Philosophie…), on trouve ce semestre des propositions inédites comme les différents cours sur l’Apocalypse, les figures spirituelles, ou un cours sur le père Henri de Lubac dont la théologie a marqué le pape Benoît XVIDe nombreuses propositions sont aussi faites en soirée ou en ligne pour les personnes qui ne peuvent se déplacer.« Les cours décentralisés proposés en plus depuis cette année à Cherbourg et à Alençon ont un grand succès », souligne Pascaline Lano, directrice du CET.

Un nouveau site internet est désormais disponible, ainsi qu’une page Facebook.

Chine : un peu de théologie politique

chine-assemblee

Le cas de l’Église chinoise nous rappelle toujours un principe exprimé avec force par le théologien politique William Cavanaugh : l’Église ne peut être soluble dans une nation, dans une superposition totale du théologique et du politique. Car l’Église a elle-même un rôle politique intrinsèque, pour la simple et bonne raison que les croyants obéissent à Dieu avant d’obéir à un pouvoir terrestre. En cela, l’Église est du monde et pas du monde, elle est fondamentalement une puissance étrangère, non pas parce qu’elle serait à la solde du Vatican, mais d’abord parce qu’elle se place entre les mains de Dieu.

La réunion par le pouvoir chinois ces 27-29 décembre dernier d’une « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques », composée des évêques de l’Église officielle chinoise, va à l’encontre de ces principes. Elle a été l’occasion de déclarations du pouvoir chinois indiquant quel rôle il entend donner à l’Eglise, comme le rapporte la Croix :

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de « sinisation » de la religion »

En Chine, les religions « n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère« . Le problème donc, c’est que l’Eglise catholique ne peut qu’être, en partie, étrangère… Les questions géopolitiques qui concernent le Vatican sont toujours, en premier lieu, des questions théologiques.

Source photo : Eglises d’Asie.

Théologien vs. Théoricien de Dieu

Henri de LubacHenri de Lubac s’affrontait déjà, il y a presque un siècle, à certaines tentations de réduire la foi chrétienne à une mystique privée du mystère, comme des tenants du mystère sans mystique, et à ceux-là qui dans l’Église, au nom d’un certain néothomisme, s’accrochaient à une absolutisation de la religion catholique, en lieu et place de la foi au Christ.

Hors de la mystique […] le mystère s’extériorise, il risque de se perdre en pures formules, en abstractions vides ; celles-ci pourront bien se durcir, et la foi se prendra peut-être alors pour plus intègre et plus ferme parce que l’expression s’en fera plus dure : ce ne sera pas le mystère de foi intériorisé pour féconder toute la vie. L’adhésion spirituelle au mystère se changera en conformisme, et celui qui dans cet esprit, ou plutôt cette absence d’esprit se fera le spécialiste du mystère sera, pour user d’une expression de Grégoire IX, « théoricien de Dieu », mais non vraiment « théologien ». 1

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Notes:

  1. Henri de Lubac, « Préface », dans : André RAVIER (dir.) La mystique et les mystiques, Paris, Desclée de Brouwer, 1965