Quel monde commun voulons-nous pour demain ?

Avec les Etats généraux de bioéthique, de quel modèle de société voulons-nous ?

C’est la question que se pose le p. Bruno Saintôt (s.j.), responsable du département de bioéthique au Centre Sèvres dans un billet explicitant deux de ces modèles.

« Les questionnements sur chacun des dossiers bioéthiques pourraient nous obliger à travailler, devant les urgences du temps, à un nouvel humanisme. Encore faut-il ne pas les traiter uniquement comme des points techniques, mais nous aider à en mesurer les enjeux collectifs : quel monde commun voulons-nous pour demain ? C’est bien de cela dont il est question. »

Facebook exploite-t-il notre vulnérabilité ?

« Ancien de Google, James Williams explique que l’industrie de la tech est ‘la plus importante, la plus standardisée, et la plus centralisée des formes de contrôle de l’attention de l’histoire de l’humanité’.
Sean Parker, le charismatique président fondateur de Facebook, déclare que le réseau social ‘exploite la vulnérabilité de la psychologie humaine’.
Et Chamath Palihapitiya, ex-cadre de Facebook dénonce le fait que le réseau social ‘est en train de détruire le tissu social de nos sociétés' ».

Guillaume Ledit sur Usbek & Rica

Les jeunes ne sont pas hostiles aux religions.

A person writing in a blackboard during Religion class in a school. Next, some books.C’est que révèle l’enquête menée par CoExister, association de jeunes militant pour une « coexistence active », « savoir-être essentiel qui demande à chaque individu de ne faire l’économie ni de son identité, ni de son ouverture aux autres », et pour un dialogue apaisé entre religions. La journal La Vie y revient :

Prenez un groupe de 20 à 90 collégiens ou lycéens (BTS inclus) et demandez-leur les trois premiers mots qui leur viennent immédiatement à l’esprit pour chacune des quatre principales croyances (ou convictions) : christianisme, islam, judaïsme et athéisme (ou agnosticisme). Ils auront au préalable entouré la conviction dont ils se sentent le plus proche. Tel est l’exercice organisé par l’association Coexister, qui milite depuis 2009 pour la « coexistence active » des religions, au début de chaque atelier de sensibilisation qu’elle a mené depuis 2 ans auprès d’établissements scolaires (dont 60% privés) ou d’associations dans le but de « déconstruire les préjugés ». […] Premier enseignement : « des mots spontanés relativement exacts et bienveillants ».

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Après Simone à Lyon, Dorothy à Paris !

Dorothy-Day-fondatrice-journal-The-Catholic-Worker_0_729_554Vous connaissez peut-être Le Simone, « café culturel au cœur de Lyon », inauguré par Les Altercathos (« Les alternatives catholiques » en texte plein), « association de laïcs lyonnais qui n’a pas une vocation cultuelle mais culturelle ». L’initiative vaut le détour, d’autant qu’une de nos fidèles amies du Samaritain en est de mémoire l’une des co-fondatrices et un pilier …

Mais voilà que Simone à Lyon semble envoyer sa cousine Dorothy à Paris ! Projet de « café-atelier catholique » à venir dans la capitale, Foucauld Giuliani, son coordinateur, explique dans les colonnes de La Croix l’attachement à Dorothy Day, journaliste et militante catholique, dont le procès en béatification a été ouvert en 2000, aussi bien que l’essence du projet :

L’idée, c’est de proposer un lieu qui prenne en compte toutes les dimensions de la personne humaine : la sociabilité, le travail, la vie politique et spirituelle.
Bien que créé par des chrétiens, ce lieu ne leur sera pas réservé. Nous sommes plutôt convaincus qu’assumer nos convictions sera la base d’un dialogue sincère avec les autres clients du café.

[…] Nous avons choisi Dorothy Day car cette Américaine catholique engagée incarne des choses essentielles : le souci du bien commun, la défense des plus faibles et la vie spirituelle.

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La laïcité peut-elle varier ?

laicite-sappliquer-toujours-lieux-facon-indifferenciee-faire-lobjet-approche_0_730_685En marge des valses-hésitations de notre Premier Ministre (sur le mode « non, je n’ai pas dit qu’on pouvait approcher la laïcité de différentes manières ! »), on peut raisonnablement se poser la question de savoir si la laïcité peut et doit s’appliquer pareillement en tous lieux et en tous temps.

C’est l’objet du débat entre Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, et Charles Arambourou, membre de l’union des familles laïques, dont La Croix fait écho.

A ceux qui militeraient pour une application univoque (oserais-je « aveugle » ?) de la laïcité, l’examen des faits montre beaucoup de contre-exemples. Dans une contribution avec le Père Jacques Anelli et l’Imam Mohamed Bechir Ould-Sass sur « Les religions : menace ou bienfait pour le vivre ensemble ? », Jean-Paul Willaime, fin connaisseur de ces sujet, notait ainsi les différences d’approche, au sein même de l’Etat, entre l’Education Nationale d’une part, les Armées ou le monde hospitalier d’autre part.

Ne peut-on imaginer collectivement et sereinement que le respect d’un principe puisse très bien accepter des applications diversifiées ? Une question d’Esprit et de Lettre sûrement … qui reste difficile à partager dans un environnement qui utilise parfois la République comme une paire d’oeillères.

« Evêques et politique : mêlez-vous de nos oignons ! »

rencontres-nationales-association-coexister-lille-dernier_0_730_485Il est salutaire que nos évêques nous interpellent avec vigueur sur cette obsession identitaire qui habite nombre d’entre nous, et pas d’ailleurs forcément toujours à l’extrême droite.

Très intéressante tribune de Marc Le Boucher ce jour dans La Croix ; à lire et partager ! Elle fait bien entendu suite à la contribution de la Conférence des Evêques de France « Dans un monde qui change retrouver le sens du politique » (pour mémoire, le texte intégral en cliquant ici).

En complément, on peut également lire les récentes contributions de Dominique Quinio, Présidente des Semaines Sociales de France, et du Père Bertrand Auville, Délégué auprès du monde politique pour le Diocèse de Nanterre, sur « Elections 2017 : un vote pour quelle société ? » en cliquant là.

 

Le numérique est-il diabolique ?

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Non qu’il s’agisse d’exorcisme mais de ce que en quoi le numérique dans nos vies et dans la société « sépare » (diabolein en grec), fragmente, divise. Dans Libération, le philosophe Eric Sadin porte un regard très sombre sur l’avènement du numérique, qui n’est pas sans rappeler dans la tonalité les dénonciations de Papes comme Léon XIII sur les nouvelles formes du libéralisme à la fin du XIXe siècle ou encore Jean-Paul II sur le drame du système quand il prend le pas sur les individus et l’homme.

Dans les faits, [la « colonisation » du monde par « l’esprit de la Silicon Valley »] est un modèle civilisationnel fondé sur la marchandisation intégrale de la vie et l’organisation automatisée de la société qui en train de s’instaurer à grande vitesse.

Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ? Certainement pas et les auteurs du Samaritain seraient mal placés pour le faire ! Mais notre dépendance croissante au numérique – voir l’état de fragilité dans lequel nous sommes quand le réseau est l’objet d’attaques majeures, comme il y a quelques jours – ajouté au faible investissement de nos hommes politiques sur ces sujets ne peuvent que nourrir notre questionnement citoyen.

Et le numérique est aussi ce que nous décidons d’en faire. Deux contributions fort intéressantes pour nourrir la réflexion sur nos propres comportements : « Cathos, numérique et bien(s) commun(s) » de Floriane aux Alternatives catholiques et « Internet : voleur ou passeur d’humanité ? » de Jean Caron et un certain Erwan Le Morhedec.