Prière et jeûne

Remi de Maindreville, sj, et Marie-Caroline Bustarret dans Christus :

Le pape François invite tous les baptisés à un « exercice pénitentiel du jeûne et de la prière » de manière à engager « une conversion de l’agir ecclésial » qui puisse mettre fin aux abus et au cléricalisme qui les encourage. À première vue, cette proposition semble largement insuffisante pour beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté qui sont saisis par l’ampleur du mal gangrénant l’Église. Nous entendons d’ores et déjà des voix s’élever pour dire que ce n’est pas avec de belles paroles et des actes de piété que l’on va résoudre ce problème, car c’est aux racines du mal qu’il faut s’attaquer. Or, en dénonçant le cléricalisme, le pape François pointe les racines du mal et, en appelant à la prière et au jeûne, il propose, contre toute apparence, une piste d’action concrète. Pourquoi et comment ?

Et si Dieu n’existait pas ?

« À l’évidence une idée de Dieu, voire un désir de Dieu, habite aujourd’hui beaucoup de gens, et même parfois d’une façon récurrente et lancinante qui n’est pas sans évoquer la conversion de saint Augustin.

Rencontres, entretiens, témoignages font affleurer cet élan d’un désir prêt à s’en remettre totalement à cette force si vivante qui attire et appelle au-dedans de soi. Mais là justement, au moment de lâcher prise, de s’abandonner de toute sa foi dans cette relation mystérieuse et à proprement parler « consolante » dans la joie qu’elle donne, les mots et souvenirs qu’elle fait monter de la mémoire, tombe le couperet.  Question posée par autrui ou montant du plus profond de soi, peu importe, elle surgit là comme l’écran noir qui vide toute réalité : ‘Et si Dieu n’existait pas ?' »

Remi de Maindreville, sj, sur revue-christus.com