La prison et les jonquilles

« Robert, l’aumônier nous avait donné rendez-vous devant la porte, pour entrer tous ensemble. Et une porte, et deux portes, et trois portes, bien verrouillées à chaque fois. Dans la petite entrée où nous nous serrons tous les sept nous nous délestons de nos sacs, clés, portables, blousons… puis passage dans le détecteur de métaux, et encore une porte, un sas et une porte, et enfin la dernière porte nous donne accès à la salle. L’équipe est rodée et a tôt fait de transformer la pièce en oratoire : le rideau tiré laisse apparaître une grande croix et une icône de chaque côté, l’autel relégué dans un coin est mis au centre, il symbolise le Christ qui nous rassemble. Même des fleurs ont été apportées : un beau vase de jonquilles, fleurs de saison, du jardin de l’aumônier. »

Ou quand la Cybersister nous raconte sa première messe en prison : un beau témoignage… rayonnant comme ces fleurs ! Allez vite le lire !

Matignon et la CEF sont dans un bureau

L’instance de dialogue entre le gouvernement et l’Église catholique s’est réunie ce mardi 12 décembre à Matignon, comme le rapporte La Croix. Au programme, différents points techniques relatifs à des réformes engagées en 2017, et qui ont un impact sur la vie de l’Église : diplômes requis pour les aumôniers de prison, effet des futures réformes fiscales sur les dons et legs, … Surtout, la CEF a souhaité engagé un dialogue sur des questions plus politique, en droite ligne de la récente assemblée plénière à Lourdes.

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Nous avons jugé ces hommes, et c’est à présent notre silence qui nous juge

« En 1923, Albert Londres décide d’enquêter sur les pénitenciers de la Guyane. Ses articles pour Le Petit Parisien seront réunis plus tard dans un livre intitulé Au bagne, dont la lecture reste saisissante plus de soixante ans après que le bagne a disparu. Nous découvrons que nos ascendants se sont, à quelques grandes voix près, accommodés du chemin de la pourriture.

Il nous est interdit de nous croire meilleurs. Lire la suite

Le Pape célébrera la messe du Jeudi saint en prison

Le pape François célébrera la messe de la Cène du Seigneur, le Jeudi Saint 13 avril 2017, à la prison de Paliano, au sud-est de Rome. Le pape y lavera les pieds de détenus au cours de la messe.

Depuis son élection, le Pape célèbre toujours cette messe hors des basiliques romaines : dans un centre pour demandeurs d’asile en 2016, dans un centre pour personnes handicapées en 2014, dans des prisons en 2013 et 2015.

 

Sur le chemin de Compostelle avec des personnes détenues

« Ce projet est à l’initiative de l’aumônerie catholique qui intervient à la Maison d’Arrêt de Lyon-Corbas.

Si le chemin emprunté est celui qui mène à St Jacques de Compostelle, il ne s’agit pas d’un pèlerinage religieux. Pour autant l’expérience proposée est bien un pèlerinage au sens d’un travail sur soi, d’un voyage aussi intérieur, d’une expérience spirituelle respectueuse du point où chacun en est, de sa religion ou absence de religion. En outre, c’est un chemin aisément praticable, qui n’exige pas que les participants soient de grands sportifs ; c’est une des principales routes de l’histoire européenne, et qui permet la découverte de chefs d’œuvre culturels (dont le portail roman de l’abbaye de Conques, terme du voyage).

Elle permet une immersion dans la nature de personnes qui en sont privées depuis longtemps. Ce contact favorise une ressaisie de soi-même. C’est un itinéraire touristique aujourd’hui largement fréquenté. Il en résulte une certaine valorisation (mettre ses pas dans ceux de tout le monde ; raconter ensuite aux familles un évènement que celles-ci pourront se représenter plus aisément que la vie carcérale).

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Shakespeare en prison

« J’ai regardé les hommes changer »

« Cette expérience montre qu’une bonne partie des personnes que nous incarcérons ont beaucoup à rendre à la société »

Jubilé de la miséricorde à Cuba : amnistie de 787 prisonniers en réponse à l’appel du Pape

Bonne nouvelle lue sur Radio Vatican : les autorités cubaines communistes ont décidé d’amnistier 787 prisonniers, parmi lesquels des femmes, des enfants et des malades, en réponse à un appel du Pape lancé en cette Année sainte de la Miséricorde.

«Le Conseil d’État de la république de Cuba a accordé, en réponse à l’appel du pape François aux chefs d’Etat en cette année sainte de la Miséricorde, une amnistie à 787 condamnés», peut-on lire en une du quotidien Granma, organe officiel du Parti communiste cubain.

« Ont été pris en compte, la nature des faits reprochés, le comportement en prison et la durée de la peine déjà purgée », poursuit le texte qui précise que des femmes, des enfants et des malades ont été libérés pour « raisons humanitaires » et que les autorités ont exclu les personnes condamnées pour « assassinat, homicide, corruption de mineur, viol, trafic de drogue » (via Le Figaro).

Radio Vatican ajoute que quelque 3522 prisonniers avaient été amnistiées le 11 septembre 2015, peu avant la visite sur l’île du souverain pontife. Au Paraguay, le président Horacio Cartes avait également annoncé des libérations de prisonniers en lien avec une demande du Pape François, qu’il a publiée sur son compte Twitter.

Miséricorde en prison

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« ‘C’est une mise à nu terrible’, explique Jean-Marie Claeys, diacre et aumônier régional de prison en Auvergne Rhône-Alpes. ‘Toutes les zones d’ombre de l’âme humaine sont révélées, il y a une perte de dignité extrême’, ajoute-t-il. Rien ne peut être caché, y compris sa propre intimité. ‘Sans compter le poids de la faute, le poids de la culpabilité, les remords, le jugement des autres. La perte, aussi, de son travail, de sa femme, de ses enfants…’ Ce choc carcéral est à l’origine, souvent, de suicides, et fait naître des sentiments de haine et de vengeance ».

À lire dans La Croix…

Prier avec les détenus

jubile_detenus-212x300À la demande du Pape, le Jubilé des détenus a lieu ce 6 novembre, à Rome. Durant toute cette Année de la Miséricorde, les aumôneries de prison leur ont permis d’entrer comme tous les chrétiens dans des démarches et des réflexions autour de la réconciliation. L’occasion de prier avec les détenus en ce week-end, avec l’aide de la Fraternité du Bon Larron (à découvrir par ici) :

J’étais errant et je suivais mes voies,
Me repaissant parfois des brebis les plus grasses.
Et Toi, ô mon Seigneur, Tu fis entendre Ta voix
Et Ton cœur de Père me couvrît de Ta grâce.

Moi qui étais si vil, sans éclat ni beauté,
Je ne méritais rien, sauf Ton châtiment.
Mais Ta miséricorde, Ton amour, Ta bonté
M’ont ôté toutes mes chaînes, sorti de mes tourments.

Moi qui étais paria et vivais dans le vice
Rejeté par les hommes que j’avais fait souffrir,
Tu as donné Ton Fils pour subir les sévices
Qui m’étaient réservés et Tu le fis mourir.

Tu rejetas sur Lui toutes mes fautes passées,
Et Lui a accepté sur la croix le mépris,
Me lavant de son Sang, effaçant mon passé
Afin que je renaisse purifié et guéri.

Je suis reconnaissant de cette preuve d’amour.
Aujourd’hui dans ma geôle, c’est à Lui que je pense,
C’est vers Lui que je tourne mon regard chaque jour,
Lui qui m’a pardonné, par Sa mort, mes offenses.

Au milieu des ténèbres, je vis dans Sa lumière.
Les murs et les barreaux n’ont plus de consistance,
Ils ont été fondus en louanges, en prières,
Que j’adresse à Jésus, je vis dans sa présence.

Bon week-end à toutes et tous ! Profitons de notre liberté pour en faire quelque chose, ce n’est pas le bonheur de certains …

 

« Respeto », en prison

xvm3145e978-9a09-11e6-98ad-024241f442a6 Soyons juste : à côté de l’exemple effrayant de la prison de Nîmes, existent aussi l’initiative Respeto, du nom d’un programme mis en place dans certains établissements pénitentiaires espagnols. Le Figaro évoque les cas de Mont-de-Marsan et de Villepinte.

Le projet «Respeto» est un accord qui permet aux prisonniers de bénéficier d’avantages, comme celui d’être en possession de la clé de leur cellule sur un laps de temps défini. Mais pour bénéficier de ces avantages, le détenu doit signer une «charte». Il doit se soumettre à des contraintes et surtout avoir une attitude respectueuse, envers le personnel surveillant et ses co-détenus. Tout écart de conduite est sanctionné d’une exclusion du programme, qui signifie un retour en détention «normale». (…)  A Villepinte, le contrat offre aux détenus des cellules ouvertes en journée, un accès libre aux douches et au terrain de sport en soirée entre autres. Mais en échange, il y a des obligations: lever à 7h30, cours d’éducation civique ou encore séance de ménage.

Quelle dignité, en prison ?

5876718lpw-5877051-jpg_3853861Le Point publie un reportage sinistre sur la réalité de la vie en prison, dans une des prisons les plus surpeuplées de France. Nous sommes loin des discours entendus sur « les prisonniers qui se la coulent douce avec nos impôts ». Construire des prisons, dans ces conditions, n’est même plus une question de capacité d’incarcération mais de respect de la dignité de la personne humaine.