Cette France qui gronde

« On aurait tort de négliger cette France qui gronde de plus en plus fort, et donnera sans doute 40%, voire davantage, au Front National.

Cette France, c’est celle des perdants de la mondialisation et de l’Europe, celle des marges et des bourgades dont se désintéressent la droite comme la gauche. Cette France-là, non seulement elle est perdante sur tous les tableaux, mais elle est humiliée, jugée trop plouc par les élites urbaines et médiatiques ».

Jean-Claude Guillebaud, sur lavie.fr

Présidentielle : Les évêques de France aux catholiques

« Pas de consignes de vote, mais des points d’attention : après le premier tour de l’élection présidentielle, la Conférence des évêques de France a redit par la voix de son porte-parole quels devaient être les fondamentaux du discernement pour les catholiques.
Toutefois, ‘à la lumière de l’Évangile qui inspire son Enseignement social, l’Église catholique veut éclairer les consciences en donnant des éléments pour le discernement’, explique l’instance épiscopale par la voix de son porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas ».

Laurence Desjoyaux dans La Vie

Miséricorde pour les hommes, miséricorde pour la terre

« Heureuse coïncidence que la célébration de la fête de la divine miséricorde le jour d’une élection capitale et le lendemain d’une mobilisation mondiale pour une cause, l’écologie, qui n’est plus au cœur des débats publics. L’amour infini du Seigneur, qui ne se lasse jamais de donner son pardon et d’attirer les hommes vers lui, nous rappelle que les ténèbres n’auront pas le dernier mot ; que, même au plus fort du désespoir d’Israël, Dieu n’a pas abandonné son peuple. Le soin de la maison commune nous semble un engagement bien vain face à la menace terroriste ? La peur nous semble devenir le critère ultime de discernement dans l’isoloir ? Ce sont des réflexes humains bien compréhensibles. Mais s’il est une force particulière du christianisme, elle n’est pas dans le poids électoral des catholiques, des protestants, des orthodoxes au moment de dépouiller les votes. Elle est dans la bonne nouvelle de Pâques au plus fort du doute ».

Mahaut Herrmann sur lavie.fr

La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Présidentielle : « Prions pour que le Seigneur intervienne ! »

Patrice de Plunkett partage un texte du Père abbé du Barroux.

Cette élection présidentielle est jouée d’avance. Nous ne sommes pas en démocratie. Le système nous donne le choix entre divers candidats issus du système. Nous pouvons voter pour le moins pire, mais nous avons mieux à faire. Prions pour que le Seigneur intervienne, pour qu’Il donne sa grâce et qu’Il retourne l’élu comme saint Paul sur le chemin de Damas.

Voici donc quelques prières [*] à réciter avec foi en Celui qui a vaincu la mort. J’ai choisi sciemment des psaumes, parce qu’ils sont inspirés du Saint-Esprit.

+ F. Louis-Marie, OSB

abbe

*× les psaumes 21, 72 et 101.

Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Vote blanc, discernement et intransigeance

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, appelle les chrétiens non seulement à voter, mais aussi à éviter l’abstention ou le vote blanc.

Voter, c’est choisir. Voter blanc peut être un aveu d’absence de discernement ou d’une attitude puriste et intransigeante. Comme la politique est toujours un « art du compromis », un chrétien ne peut s’abstenir de voter.

Il s’explique dans un entretien à La Croix :

Ces derniers temps, au cours de mes échanges avec des chrétiens, j’entends souvent : « Quand on voit ce spectacle désolant, on n’ira pas voter ou on votera blanc. » Devant cette attitude de dépit, je leur dis : « Est-ce un acte responsable ? » Leur discours revient plus ou moins à dire : je refuse de discerner ce qui me semble être le mieux pour l’avenir de mon pays, ou alors, il y a tel ou tel élément « non négociable » sur lesquels je ne veux pas transiger, donc je ne me mouille pas. De la part d’un chrétien, ce n’est pas une attitude juste.

La laïcité menacée ?

« Surprenante polémique dans la ville de Bourgoin-Jallieu (Isère). Pour répondre à l’augmentation du nombre d’électeurs dans cette ville, la mairie a décidé d’installer trois bureaux de vote pour les élections présidentielles dans le gymnase d’un collège privé catholique. Il n’en fallait pas plus pour susciter le courroux du Comité 1905 Auvergne Rhône-Alpes.

Dans une lettre datée du 21 mars, le Comité 1905 interpelle le maire de Bourgoin-Jallieu au sujet de ce bureau de vote. ‘Notre République laïque n’a-t-elle pas suffisamment de locaux pour devoir utiliser des locaux confessionnels ?’, interroge l’association. ‘Demander à des athées ou des agnostiques, à des croyants d’autres religions (…) de se rendre dans un établissement catholique pour aller voter, est-ce une image acceptable de nos institutions ?' ».

Lire plus dans La Croix

Pour qui votez-vous ? Cinq chrétiens répondent

« À quelques semaines de l’élection présidentielle, et au bout d’une campagne électorale qui n’aura ressemblé à aucune autre, la perplexité de beaucoup de Français est connue. Comment « bien voter » en tant que citoyen et en tant que croyant ? Le risque existe d’un vote par défaut ou par élimination, sans parler d’une abstention protestataire ou désenchantée. Pourtant, certains électeurs ont choisi, parfois depuis longtemps, parfois au bout d’une lente évolution personnelle. Cinq d’entre eux ont accepté de nous dire pourquoi, en tant que croyants, ils envisageaient d’apporter leur suffrage à l’un ou l’autre des candidats. Que l’on prenne leur témoignage comme une invitation au débat. Pas plus, pas moins. Car ce dossier n’a pas pour objet de donner des consignes de vote, fussent-elles subliminales. La Vie n’a jamais distribué les cartes électorales. De même, notre plongée dans les programmes n’est constituée que de coups de sonde, aussi éclairants que possible, mais qui n’épuisent pas le débat. Enfin, en nous en tenant aux principaux candidats, tels que la multiplication des sondages permet de l’établir, nous ne voulons pas affirmer que les autres, ces « petits » qui ont obtenu vaille que vaille leurs 500 signatures, n’ont rien à apporter. Il s’agit pour nous, simplement, d’éclairer l’essentiel du débat politique. Non pas peut-être tel que tous nos lecteurs le souhaiteraient, mais tel qu’il se présente pour la majorité des Français.
Jean-Pierre Denis »

Lire le dossier dans La Vie

Voter en chrétien : oui mais comment ?

Un long article publié dans la Vie par Marie-Lucile Kubacki fait état des réflexions actuelles des chrétiens sur leurs critères de vote, à l’approche de la présidentielle.

Bien entendu, si plusieurs points d’attention restent partagés par les chrétiens (respect de la vie, attention au plus faible, au bien commun, à la dignité humaine et à la paix), on constate que les désaccord apparaissent dès lors qu’il s’agit de hiérarchiser ces points, notamment pour évoquer des « points non négociables ». Les constats posés par cet article nous rappellent que les chrétiens appartiennent aussi, chacun, à une sociologie, à une histoire familiale. Lire la suite

Le parti le plus sage, entre chrétiens, est de ne pas se haïr pour des questions controversables

« Dans ces temps difficiles où certains semblent se résoudre à une impossibilité pour les chrétiens de s’engager honnêtement, sans se salir les mains, comme si c’était une fatalité, il faut au contraire saluer ceux qui accomplissent ce service de la politique et qui veulent tenir leur place dans le monde – politique -, sans être du monde. On pourra toujours nous reprocher de n’être pas des saints ; on ne doit pas pouvoir nous reprocher notre indifférence et notre passivité. La peur des coups ou des compromis n’est pas un motif suffisant pour déserter le champ du politique.

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Mgr Pontier ne prend *vraiment* pas parti

Mgr Georges Pontier ne prend vraiment pas parti et développe d’autres sujets de profonde préoccupation de l’Eglise, parallèlement au rapport à l’argent et à la place de l’étranger. Outre la place des musulmans dans nos sociétés, dans son allocution très politique (au sens noble), il évoque également la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort naturelle – et ceux qui veulent constitutionnaliser l’inverse peuvent se sentir concernés à juste titre.Lire la suite

Les évêques ont du pain sur la planche

Réunis à Lourdes à partir d’aujourd’hui, du 28 au 31 mars, les évêques vont avoir du pain sur la planche. Principaux sujets à l’ordre du jour : la pédophilie, l’approche des éléctions présidentielles et la diversité des catholiques français (avec une intervention du philosophe Pierre Manent). A noter que, d’après La Croix,

À la clôture de leur Assemblée, vendredi 31 mars, ils publieront un texte intitulé Pour de nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato’si.

Faites le test

Un premier test à découvrir et à partager à l’approche de la Présidentielle, pour cerner de quel candidat vous êtes le plus proche :

https://www.jevote.info/quiz/elections2017

Et si vous répondez la plupart du temps « ne se prononce pas » et que vos niveaux d’adhésion sont faibles… c’est peut-être que vous appartenez au premier parti de France : les indécis et autre orphelins de candidats correspondant à leurs idées. Même si les réponses sont parfois simplistes, le test peut-être l’occasion d’un bon exercice de discernement sur un ensemble de questions (fiscalité, éducation, défense, …).

Macron, démocrate-chrétien ?

Emmanuel Macron serait-il un héritier, plus ou moins lointain, de la Démocratie-chrétienne ? C’est ce que laissent entendre plusieurs personnalités clairement issues de cette famille de pensée comme le professeur Jean-Dominique Durand, et c’est ce qui a conduit la rédaction de Famille Chrétienne à définir Emmanuel Macron comme “Démocrate post-chrétien”. Le concept est original, nouveau, pertinent.

Lire la suite de l’article de Charles Vaugirard sur les Cahiers Libres

 

Où va notre démocratie ?

« J’ajouterai un mot sur le risque sérieux d’une victoire finale de Marine Le Pen. À ce sujet, la plupart des politiciens et certains médias ne sont pas sans reproches. Ils auront passé leur temps à brandir contre Marine Le Pen la seule arme de la morale et de l’inquisition soupçonneuse, sans jamais répondre aux questions que pose son avancée. En 1984, on s’en souvient, Laurent Fabius avait déclaré : ‘Le Front National pose les bonnes questions mais donne les mauvaises réponses’.

En 2017 – 33 ans plus tard – les dirigeants des grands partis n’essaient toujours pas de donner de bonnes réponses pour contrecarrer les mauvaises. Or les questions posées ne sont pas anodines : oubli des classes populaires, crise de l’Europe, insuccès de l’euro, politique migratoire brouillonne, etc. Oublier d’y répondre, c’est conforter celle qu’on prétend combattre. Hélas ! »

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Lettre à Mesdames, Messieurs, les candidats à la Présidence de la République

« Acceptez-vous de nous partager vos diagnostics suivis des traitements que vous entendez mettre en œuvre pour guérir ce corps social enfiévré ? La première urgence est celle de gestes d’hospitalité à l’égard de ceux qui vivent dans la rue et/ou dans des conditions déshumanisantes.

La politique ne se réduit pas à des actes de gestion, elle est une vision dynamique et enthousiaste à l’adresse des concitoyens pour faire se lever au sein de la Nation, des énergies et des synergies créatrices d’espoir. Les réponses sont toujours à la hauteur de la confiance.

Voulez-vous prendre l’engagement de défendre les plus vulnérables pour faire de l’habitat une des grandes causes nationales ? »

Père Bernard Devert, Fondateur d’Habitat et Humanisme

Le premier grand débat : antidote ou poison de la campagne ?

Il y a deux manières de considérer le grand debat de ce soir, entre les cinq principaux candidats à la présidentielle, comme il y a deux manières de considérer les primaires : salut ou aveux de faiblesse démocratique ? On a pu souligner la forte participation aux primaires comme on insistera demain sur le fort niveau d’audience du débat. On évoquera alors le fait que « oui, les Français s’intéressent vraiment à la politique », que l’on aura assisté à un « beau moment de démocratie » et que ce débat aura pu offrir « une séquence d’explication avec les Français, les yeux dans le yeux ». Bref, on saura se rassurer sur la stabilité retrouvée de notre système démocratique, à quelques semaines du premier tour. Vraiment ?

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Deo et débats : catholiques en débat

L’édition de mars de l’émission de la chaîne KTO « Deo et débats » était consacrée – entre autres sujets – aux Présidentielles et à l’entrée dans la 5ème année de pontificat du Pape François.

Consacrée aux débats entre laïcs sur des questions d’actualité, l’émission mensuelle accueillait cette fois-ci Dominique Quinio, Jérôme Vignon, Tugdual Derville, François Huguenin-Maillot et Albéric de Serrant.

La transcendance s’est dissoute dans la présidence normale

« Le faire supplée les fragilités du croire et les déceptions du dire. Pour la transcendance, on repassera. Autrefois, l’Église et l’État s’arrangeaient tant bien que mal pour l’assurer. Et pas seulement sous les rois. La vague nostalgie du gaullisme qui ressurgit épisodiquement dans le bruissement du discours politique tient à cela. Amollie par Chirac, abîmée par le bling-bling sarkozyste, la transcendance s’est dissoute dans la présidence normale. L’horizontalité de la société lui permet d’endurer, d’attendre et de suppléer. Pour la verticalité, il semble qu’il faille encore attendre. Et prier, car on en a besoin ».

Jean-Pierre Denis dans La Vie

La Présidentielle la plus religieuse de la Ve République

Emmanuel-Macron-meeting-porte-de-Versailles

Un intéressant article paru dans Vingt Minutes analyse les multiples et inédites références au religieux dans la présente campagne présidentielle, en dépassant la seule question de la « manipulation électorale ». De Fillon à Macron, en passant par Mélenchon, les candidats ne semblent plus avoir de gêne pour parler de foi.

20 Minutes a demandé à trois politologues si le fond de l’air avait déjà été aussi « spirituel » à l’approche du scrutin central de la vie politique française. La réponse est unanime : non, clairement pas.

S’il est essentiel de distinguer à quel titre, dans quel contexte et dans quels objectifs les références religieuses sont amenées par les différents candidats (quête d’une nouvelle mystique pour Emmanuel Macron, adaptation aux évolutions de l’électorat de droite pour François Fillon), il est certain qu’elles témoignes d’une porosité inédite du politique aux sujets religieux.

Reste à savoir qui aura la bénédiction finale des électeurs et quel sera le devenir concret de ces références religieuses dans l’exercice du pouvoir. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, …

Source photo

La présidentielle, l’occasion de dégager une vision commune sur le travail ?

Capture« Ce n’est pas le travail qui va se raréfier, c’est le travail salarié qui va se contracter. C’est très différent Par exemple, une partie de l’activité qui relevait du travail salarié est déjà effectuée par le consommateur : lorsqu’il commande un billet de train sur internet ou lorsqu’il scanne ses achats dans une caisse sans caissière. C’est lui qui travaille à la place d’un salarié, mais vous voyez bien que ce travail ne se fait pas tout seul ! Il faut donc bien distinguer les différentes formes de travail : une partie est familial, associatif, collaboratif ou consiste en un « travail du client ». Ce travail là est bénévole, il ne procure pas de revenu à la différence du travail salarié ou du travail indépendant. Je reviens donc à votre question :  le travail salarié va-t-il se raréfier ? »

Pierre-Yves Gomez, dans actuel CE

Jean-Luc Mélenchon et le Pape François

Famille Chrétienne a interrogé Jean-Luc Mélenchon sur le Pape François. Est notamment abordé le rôle du Pape en matière d’écologie, de politique internationale, autour de la crise des migrants, … Un témoignage de la portée des paroles du Pape dans la sphère politique française.

Hamon, candidat Terra Nova

hamon-debat-televise_articleFamille Chrétienne offre un intéressant éclairage sur le candidat Hamon vu par son suppléant. Sur la Nation, la religion, comme sur les diverses questions « sociétales ».

Benoît Hamon, en grand politique, a toujours pris soin de ne pas insulter ou mépriser ces gens. En revanche, il a des convictions bien établies en faveur du mariage et de l’adoption pour tous, et de la PMA, même s’il s’oppose à la GPA. Il y a chez lui une forme de libertarisme qui le rapproche d’Emmanuel Macron. Là encore, on revient au problème fondamental de la gauche : lorsqu’on a abandonné la nation et le travail, on en arrive à la fabrication d’un homme nouveau, moderne, qui doit maîtriser sa vie et sa mort, avec le suicide assisté, que défend Benoît Hamon. C’est aussi une des raisons pour lesquelles je ne me retrouve plus dans cette proposition. Le politique, c’est penser les limites et les frontières. Tous les désirs ne se transforment pas en droits.

A lire intégralement ici.

Maintenant tout commence

 

ATHLETISME departLa victoire de Benoît Hamon à la Primaire de la gauche ouvre une nouvelle étape dans la campagne présidentielle.

Les candidats des différents partis étant enfin désignés, les différents protagonistes vont pouvoir entrer dans le cœur de l’affrontement. En particulier, Marine Le Pen – qui a gardé un relatif silence jusqu’alors en laissant monter la déception par le seul jeu de ses concurrents – ne devrait pas tarder à entrer dans l’arène. Même si quelques incertitudes planent encore à droite sur la candidature Fillon, entâchée d’accusations d’emplois fictifs – la désignation du candidat socialiste va ouvrir une nouvelle étape dans le débat politique.

Pour le parti socialiste lui-même, le jeu est loin d’être verrouillé par le résultat de la Primaire : on pourrait croire Benoît Hamon désigné d’office chef légitime de l’opposition pour le cinquennat à venir, mais un faible score des socialistes à la présidentielle pourrait tout aussi bien signifier des règlements de compte sévère au sein du parti après le scrutin. Considérée par les observateurs comme un véritable Congrès du PS, la Primaire de la Gauche pourrait alors n’en être que le premier round, le second se jouant après la présidentielle. Il pourrait ainsi permettre un retour de Manuel Valls et la transformation fondamentale – voire la disparition – du PS.

Les élections présidentielles françaises sont largement suivies à l’étranger, dans un contexte de bouleversements politiques forts intervenus dans plusieurs pays à la suite d’élections ou de réferndums (en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, …). Les Français vont-ils vouloir eux aussi tourner une page ? De quelle façon ?

Plus que jamais, il est temps de vivre cette campagne dans la prière, tournés vers le monde politique en devenir.

Le Roi Hamon ?

imageComment comprendre la première place de Benoît Hamon au premier tour des Primaires de la gauche ?

Il est possible de raisonner d’abord selon les clivages et jeux d’opposition traditionnels du monde politique, en voyant dans la première place de Benoît Hamon une victoire des Frondeurs et une prise de distance des électeurs de gauche avec le bilan de François Hollande et de son premier ministre. Dans une telle optique, on peut entendre ici et là que le vote en faveur de Benoît Hamon est un vote « plus à gauche », « plus socialiste » que le vote en faveur de Manuel Valls. Ou un pur vote de rejet à l’encontre de ce dernier.

Mais il est plus intéressant d’analyser ce score à la lumière des évolutions actuelles de la gauche. Lire la suite

Radiographie du vote catholique à la mi-janvier

ifop FC

Famille Chrétienne expose les résultats d’un sondage Ifop sur le vote des catholiques à la présidentielle, effectué à sa demande.

Si la dynamique en faveur de François Fillon semble se confirmer, il est intéressant de constater que le vote FN des catholiques pratiquants s’est considérablement rapproché de la moyenne des Français et qu’Emmanuel Macron mobilise beaucoup moins chez les catholiques pratiquants que dans l’ensemble de la population (9% d’un côté, 17% de l’autre).

A ce stade, plusieurs facteurs amènent à prendre avec des pincettes ces intentions de vote des catholiques, comme les intentions de vote en général. Les catholiques ne sont pas plus épargnés que l’ensemble des Français par une lassitude à l’égard de la classe politique, une tendance au vote « flottant », incertain, évoluant au gré des mois et des semaines. A gauche, le champ reste encore très ouvert dans l’attente des résultats des Primaires et, plus encore, de ses suites : dans quelle mesure se dirige-t-on vers une dispersion des votes à gauche ? Les catholiques ont sans doute des positions plus arrêtées que la moyenne des Français sur les différents candidats de la Primaire de gauche, selon leur rapport au fait religieux, ce qui pourrait les amener à dédaigner le candidat socialiste, selon la personalité élue.

Le dépistage des candidats catholiques continue

aleteia

Dans un article paru hier sur son site d’information catholique, Aleteia propose de se pencher sur les candidats de la Primaire de la gauche pour se demander lequel est le plus catholique.

La pratique n’est que la prolongation des analyses précédentes sur les candidats de la Primaire de la droite et du centre : la volonté d’attribuer des labels de catholicité en politique, à partir du rapport du candidat à des marqueurs catholiques et à partir de sa manière de les faire exister médiatiquement. Dans l’article d’Aleteia, on analyse à la fois la participation du candidat aux rites, son rapport à la foi, ses déclarations publiques et… son rapport à la franc-maçonnerie. Que dit cette attitude des catholiques ? Que signifie-t-elle pour la vie de foi et la vie politique ?

Politiquement, le débat en ressort fortement appauvri. Il suffit de cocher des cases en matière de comportement, d’ancrage sociologique, de croyance. On est bien loin d’une analyse politique de fond. On parle des Primaire comme d’une course de petits chevaux où il faut repérer de loin dans le brouillard qui a un dossard aux couleurs catholiques. Mais ces Primaires ont-elles du sens ? Parviennent-elles à renouveler les idées politiques ? Que disent-elles des évolutions de la gauche et des options politiques dans notre pays ? Au-delà même du fait de se lamenter sur la non participation des Poissons roses à la compétition, on peut aussi faire le constat de l’élimination d’autres outsiders comme Fabien Verdier. Le déroulement de la Primaire est une mauvaise nouvelle pour la politique en général et les catholiques devraient en premier lieu s’exprimer sur ce point, en n’oubliant pas la haute estime dans laquelle la doctrine sociale de l’Eglise tient la politique, « forme la plus haute de charité » pour le Pape François.

Être catholique devient toujours plus un marqueur sociologique, une donnée communautaire. Dire « les cathos » ou alors dire de quelqu’un « il est bien catho » renvoie à un ensemble de critères qui dépassent largemment la vie de foi : pas seulement la croyance mais la participation forte aux rites, à laquelle s’ajoute l’apparence vestimentaire, pas seulement l’adhésion à la doctrine sociale de l’Eglise mais l’affirmation de son discours spécifique sur les questions éthiques, voire un engagement continu autour de ces combats, qui permettent de se démarquer socialement, … Cela soulève deux questions : celle de la place des catholiques qui ne se reconnaîtraient pas dans ces marqueurs identitaires dans l’Eglise, qui est au fond celle de notre capacité à accepter des différences d’interprétation et la mise en débat, et, d’autre part, la question de l’assimilation de la foi à des marqueurs sociologiques. La cristallisation d’une « communauté catholique », par le fait même de ses spécificités dans le monde contemporain, devrait soulever toujours davantage ces questions.

Catholicisme et libéralisme sont dans un bateau

Le pape Léon XIII et François Fillon, montage.

Au sortir d’une période mouvementée pour les catholiques dans l’espace médiatique, dans le contexte de la Primaire de la droite et du centre, la presse se tourne vers des analyses plus approfondies sur ce qu’implique le catholicisme en matière de contenu politique. Un mot semple émerger plus particulièrement, et pourrait bien devenir l’une des clés de voûte de l’élection présidentielle : libéralisme.

Ainsi, un journaliste de l’Obs s’essaie à un cours sur la doctrine sociale de l’Eglise (qu’il confond au passage avec ce que pourrait être un axe socialisant de la DSE) pour mettre en valeur les prises de position anti-libérales de l’Eglise sur le plan économique au cours de l’Histoire. En dépit des approximations dont fait preuve cet article, il a au moins le mérite de s’interroger sur ce qu’est le catholicisme en politique, en questionnant la labellisation AOC de « candidat catholique » de François Fillon. En guise de conclusion, l’article en appelle à François (le pape) contre François (le candidat LR), confirmant la tendance actuelle à faire de la figure du Pape un baromètre de la pensée politique catholique et une figure d’autorité reconnue de tous.

De son côté, la Croix identifie cette question du libéralisme économique à un courant, qui est celui du catholicisme social, s’interrogeant sur les mutations de l’univers catholique : à rebours des prises de position du Pape François, les catholiques français se détourneraient du message ecclésial sur les questions économiques pour conforter un catholicisme « bourgeois », moral et libéral.

Cette question libérale, qui se trouve aujourd’hui interrogée dans ses liens avec le catholicime, devrait se trouver au centre des débats économiques, depuis le programme libéral d’Emamnuel Macron jusqu’aux attaques du FN en direction de la droite sur ses options libérales. Car le libéralisme de François Fillon pourrait bien amener le FN à cimenter un discours anti-libéral et étatiste en direction des classes populaires, pour se poser en protecteur des acquis sociaux. Le débat ne pourra qu’être salutaire pour les catholiques, encore peu mobilisés sur les questions économiques et ainsi interrogés dans leur adhésion globale aux discours de l’Eglise. Le front national et la gauche au service de la pensée sociale ?

Source photo montage

Jean-Luc Mélenchon tend la main aux catholiques

Ce lundi, Jean-Luc Mélenchon répondait, dans une vidéo, à l’appel lancé par le Secours Catholique dans son dernier rapport sur la pauvreté, aux candidats à la présidentielle : « allez-vous parler de la pauvreté en France ? ».

« Là, il y a un rapport qui vient de sortir », explique-t-il, « c’est le secours catholique » et « ils demandent à tous les candidats à l’élection présidentielle [à propos de la pauvreté] : « est-ce que vous allez en parler, oui ou non ? » Alors moi je vous réponds en direct : oui, je vais en parler. Je vais en parler à tous mes discours, toutes mes interventions ».

« C’est pas forcément de leur côté que j’irais spontanément », avance le candidat à la présidentielle en parlant du Secours Catholique « mais je veux dire : ils ont fait du beau boulot, et ils font du travail. » Il ajoute : « quand il y a quelqu’un qui fait quelque chose, il faut l’aider, et il faut lui apporter du soutien même si on n’est pas toujours, politiquement, branchés de la même manière », « aidez le Secours Populaire, ou le Secours Catholique ».

Appel aux hommes de bonne volonté.