Fillon un an après

AFP / SEBASTIEN BOZON

Le 27 novembre 2016, François Fillon remportait haut la main la Primaire de la droite, caracolant en tête des sondages de la présidentielle. Un an après, de l’eau a coulé sous les ponts et François Fillon démissionne de son mouvement Force Républicaine pour se retirer de la politique, sur fond de polémiques ouvertes par la publication du livre-réquisitoire de son ancien responsable de campagne, Patrick Stefanini. France Info revient en quelques dates sur la folle année de François Fillon.Lire la suite

Déo et débats : les catholiques en débat

Si vous avez manqué l’édition du 19 mai mai de l’emission Déo & Débats, diffusée sur KTO, vous pouvez la revoir ici :

Autour de Philippine de Saint-Pierre, Erwan le Morhedec, François Huguenin, Jean-Louis Schlegel, Jean-Marie Andrès et Guillaume de Prémare ont croisé leurs points de vue de laïcs sur le climat politique de la France en ces premiers jours de mandat d’Emmanuel Macron.

Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie

« Ce piteux concours n’incline pas à sourire. À force de réalisme électoral, c’est-à-dire de cynisme, on contribue ainsi à faire éclore ce populisme qu’on promettra ensuite de combattre, avec des effets de manche. Un peu de mépris, ces jours-ci, nous gagne. N’y cédons pas. Chateaubriand écrit, dans ses Mémoires d’outre-tombe : ‘Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux' ».

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Présidentielle : les responsables d’Églises de Lyon s’engagent

C’est une déclaration œcuménique que cosigne Mgr Barbarin, cardinal archevêque de Lyon.

Extrait : « Cette situation d’une ampleur inédite n’est pas sans risque car nous ne pouvons pas considérer comme anodine la présence au second tour d’un parti qui, historiquement a toujours été porteur d’un discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse. Nous croyons que l’Évangile que nous avons reçu et que nous essayons de vivre, nous engage sans cesse à être des « artisans de paix », des « affamés et assoiffés de justice ». C’est pourquoi aujourd’hui nous tenons à rappeler ensemble que nous sommes et nous serons toujours clairement engagés pour que reculent les discriminations, les inégalités, la violence, la xénophobie et toutes les paroles de haine qui fracturent notre société. »

Lire l’intégralité du communiqué…

L’Eglise a tort de faire confiance à la conscience des électeurs…

Apparemment, l’Eglise a tort de donner des éléments de discernement et de faire confiance à la conscience des électeurs. C’est en tout cas l’avis du Monde dans un édito : La faute morale de l’Eglise de France

Réponse de Patrice de Plunkett

« L’Eglise catholique s’est refusée à voter pour Emmanuel Macron ». Voilà en effet une très scandaleuse dérobade, digne de tous les soupçons… Le Monde incrimine même le pape : dans l’avion de son retour d’Egypte, François, interrogé par les journalistes sur la politique franco-française, a osé répondre qu’il ne savait pas d’où venait  l’un des deux candidats : or ce candidat était M. Macron, qu’il n’est pas permis d’ignorer. La conférence épiscopale ès-qualité aurait dû voler au secours de la victoire de M. Macron en compagnie de MM. Pigasse, Niel et Bergé, divinités du capitalisme libéral ; elle ne le fait pas. Elle est coupable. De quoi ? De « se résigner à la banalisation de l’extrême droite ».

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Mgr Wintzer interrogé sur sa prise de position contre Le Pen

Comme nous l’avions déjà relayé, Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers, s’était exprimé dans le journal La Croix pour dire pourquoi il ne voterait pas Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. Interrogé dans le quotidien local Centre Presse, il réaffirme sa position – voter E. Macron – et assume sa prise de parole dans le débat :

« Je le fais à titre personnel ; je n’engage pas le diocèse de Poitiers ni l’Eglise catholique. Le fait d’être évêque donne une capacité à s’exprimer et il faut pouvoir l’utiliser lorsqu’on estime que son pays et la société sont confrontés à des choix. Or, il y a un choix que j’estime néfaste qui est celui du Front national. […] D’abord, mon propos n’est pas un message adressé aux seuls catholiques. Je ne le fais pas dans une homélie ou dans les bulletins diocésains. J’ai préféré une réflexion de raison qui permet plus de liberté dans la discussion plutôt qu’un argument moral. Une fois qu’on dit c’est bien ou c’est mal, ça risque de fermer le débat. »

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Pour Mgr Berthet, voter c’est espérer

Suivant la ligne de la CEF, Mgr Berthet, évêque de Saint-Dié (Vosges) et récemment nommé Président du Conseil pour l’Unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme ne donne pas de consigne de vote. Il publie néanmoins un court communiqué quelques jours avec le second tour de l’élection présidentielle.

Extrait : « Dans les tout prochains scrutins, le simple fait de voter sera d’abord un refus du désabusement et du désengagement citoyen, un acte de foi dans la vitalité possible de notre démocratie. Mais notre espérance ne s’arrête pas là ; il me semble qu’elle peut s’incarner dans une confiance réaliste et créative en l’avenir de notre société. […] Nous devons refuser résolument de fermer notre porte à ceux qui ne savent plus où vivre, tout en maintenant fermement les exigences d’une vraie intégration. »

Et il conclut : « En tant que chrétien, pasteur et citoyen, j’ose poser ces actes d’espérance, en souhaitant qu’ils inspirent l’expression de notre devoir civique.« 

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Appel de la revue ESPRIT en faveur d’Emmanuel Macron

La revue Esprit, fondée en 1932 par Emmanuel Mounier, publie un appel sans ambiguïté pour un vote au second tour en faveur d’Emmanuel Macron, dont voici la conclusion :

La position d’Esprit est donc claire : pour la sauvegarde des libertés fondamentales, il importe, ce dimanche 7 mai, d’apporter massivement nos voix à Emmanuel Macron, et de ménager la plus large défaite possible à la candidate Marine Le Pen. Nous vivons un moment ou plutôt une épreuve historique : se comporter en simples spectateurs, sans engagement, serait le pire des comportements.

A lire en intégralité ici.

Vivre ensemble dans le respect de chacun


Mgr Stanislas Lalanne a pris position dans le débat présidentiel. Au terme de sa déclaration, il conclut ainsi :

L’attention aux deux points fondamentaux – respect inconditionnel de tout être humain et recherche ensemble du bien commun – font que je ne peux pas voter pour une candidate porteuse d’un projet de société marqué par le rejet de l’autre et l’isolement de la France.

J’attends, en particulier, d’un président de la République qu’il œuvre à rétablir la confiance, la confiance entre tous ceux qui habitent en France et la confiance des Français en leur pays. Qu’il soit attentif au respect de la vie, à toutes les fragilités et pauvretés. Qu’il ait le souci que la France soit une terre où il fait bon vivre pour tous en recherchant inlassablement une meilleure justice sociale.

Béatitudes de l’homme politique

« Évêque de Nha Trang, archevêque coadjuteur de Saigon, de famille princière, François-Xavier Nguyen Van Thuân fut détenu treize années dans les prisons communistes du Vietnam avant d’être exilé à Rome. Nommé président du Conseil pontifical Justice et Paix par Jean Paul II, il est mort en 2002. Sa cause de béatification a été introduite en 2007 ».

Ces Béatitudes de l’homme politique sont de lui.

 

« Le plus facile : dire de voter pour tel ou tel ou inviter à la réflexion et au discernement ? »

Interview de Mgr Pontier entre les deux tours de la présidentielle :

On vous reproche de ne pas orienter clairement le vote des catholiques pour tel ou tel candidat. Que répondez-vous ?

Je constate que ces reproches viennent de tous côtés, des soutiens des deux candidats en lice pour le deuxième tour qui aimeraient que l’on choisisse leur candidat. Il y a aussi les partisans de l’abstention ou du vote blanc qui voudraient que l’on soutienne ce choix. Je comprends que l’on puisse être désorienté face à la tournure qu’ont pu prendre les débats. Il faut reconnaître qu’il est difficile de se forger une opinion dans ce climat hystérisé. Mais qu’est-il plus facile : dire de voter pour tel ou tel ou inviter à la réflexion et au discernement ? Dans cette ambiance, il me semble que le rôle de l’Église est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat mais de rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte. […]

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Un catholique peut-il diaboliser un projet, ou un candidat ?

« Diaboliser un programme ou un projet, oui totalement ! Et l’Église ne s’est jamais gênée de le faire face aux grandes idéologies. Un projet peut être idéologique et intrinsèquement pervers en s’appuyant sur une anthropologie – le pape Benoît XVI a souvent insisté dessus – sectaire ou sur une anthropologie fermée à la valeur transcendante de la personne humaine. Tout programme, si c’est vraiment un programme cohérent, repose sur une certaine conception de l’Homme et de la société, sinon c’est une succession de promesses pour récupérer un électorat.

En revanche, on ne peut jamais diaboliser une personne. Une personne peut changer, elle peut regretter son projet ou ne pas l’appliquer. Il ne faut pas diaboliser les personnes, en sachant qu’il y a chez les hommes politiques un sens du service et de l’abnégation ».

Mgr Ravel sur famillechretienne.fr

Présidentielle, La Croix s’engage

Ce n’est pas si fréquent : La Croix s’engage dans le débat présidentiel. Si La Vie l’a déjà fait, de façon attendue mais pas moins notable, par la plume de Jean-Pierre Denis dans un edito intitulé A question simple, réponse claire, ce n’est que la deuxième fois que La Croix exprime ainsi un choix en plusieurs décennies. Après 2002, elle a donc choisi de le faire de nouveau :

Nous n’acceptons pas l’idée d’un choix déterminé par la crainte. Crainte de l’avenir, de l’Europe, du monde, de l’étranger, de l’autre. Nous ne pouvons nous résigner à ce que l’on élève des clôtures autour de la France et que l’on introduise des séparations entre les habitants de notre pays en fonction de leur nationalité. Face à ce qui risque d’advenir avec Marine Le Pen, l’abstention ne suffit pas. Le programme d’Emmanuel Macron ne peut recueillir notre pleine adhésion, nous l’avons déjà écrit. Mais parce que ce candidat a fait un choix de rassemblement et de confiance dans l’avenir, nous lui apportons notre soutien.

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« La Politique n’est pas le dernier mot de la vie des hommes »

Intéressants éléments de Mgr Aillet en vue du second tour : il appelle au discernement, à la prudence et il nous invite à demander à l’Esprit Saint le don de Conseil.

 

Quel que soit le résultat des élections du 7 mai, nous n’oublierons pas pour autant que la Politique n’est pas le dernier mot de la vie des hommes. Après le 7 mai, il sera toujours urgent pour les catholiques d’annoncer l’Evangile avec la conviction « qu’il répond aux nécessités les plus profondes des personnes parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Evangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel » (Pape François, Evangelii Gaudium n. 265).

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Cette France qui gronde

« On aurait tort de négliger cette France qui gronde de plus en plus fort, et donnera sans doute 40%, voire davantage, au Front National.

Cette France, c’est celle des perdants de la mondialisation et de l’Europe, celle des marges et des bourgades dont se désintéressent la droite comme la gauche. Cette France-là, non seulement elle est perdante sur tous les tableaux, mais elle est humiliée, jugée trop plouc par les élites urbaines et médiatiques ».

Jean-Claude Guillebaud, sur lavie.fr

Présidentielle : Les évêques de France aux catholiques

« Pas de consignes de vote, mais des points d’attention : après le premier tour de l’élection présidentielle, la Conférence des évêques de France a redit par la voix de son porte-parole quels devaient être les fondamentaux du discernement pour les catholiques.
Toutefois, ‘à la lumière de l’Évangile qui inspire son Enseignement social, l’Église catholique veut éclairer les consciences en donnant des éléments pour le discernement’, explique l’instance épiscopale par la voix de son porte-parole, Mgr Olivier Ribadeau-Dumas ».

Laurence Desjoyaux dans La Vie

Miséricorde pour les hommes, miséricorde pour la terre

« Heureuse coïncidence que la célébration de la fête de la divine miséricorde le jour d’une élection capitale et le lendemain d’une mobilisation mondiale pour une cause, l’écologie, qui n’est plus au cœur des débats publics. L’amour infini du Seigneur, qui ne se lasse jamais de donner son pardon et d’attirer les hommes vers lui, nous rappelle que les ténèbres n’auront pas le dernier mot ; que, même au plus fort du désespoir d’Israël, Dieu n’a pas abandonné son peuple. Le soin de la maison commune nous semble un engagement bien vain face à la menace terroriste ? La peur nous semble devenir le critère ultime de discernement dans l’isoloir ? Ce sont des réflexes humains bien compréhensibles. Mais s’il est une force particulière du christianisme, elle n’est pas dans le poids électoral des catholiques, des protestants, des orthodoxes au moment de dépouiller les votes. Elle est dans la bonne nouvelle de Pâques au plus fort du doute ».

Mahaut Herrmann sur lavie.fr

La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Présidentielle : « Prions pour que le Seigneur intervienne ! »

Patrice de Plunkett partage un texte du Père abbé du Barroux.

Cette élection présidentielle est jouée d’avance. Nous ne sommes pas en démocratie. Le système nous donne le choix entre divers candidats issus du système. Nous pouvons voter pour le moins pire, mais nous avons mieux à faire. Prions pour que le Seigneur intervienne, pour qu’Il donne sa grâce et qu’Il retourne l’élu comme saint Paul sur le chemin de Damas.

Voici donc quelques prières [*] à réciter avec foi en Celui qui a vaincu la mort. J’ai choisi sciemment des psaumes, parce qu’ils sont inspirés du Saint-Esprit.

+ F. Louis-Marie, OSB

abbe

*× les psaumes 21, 72 et 101.

Foi de politiques

Ils ont eu une vie de foi, enfants. Ils sont candidats à la présidentielle. La Croix revient dans un article publié ce lundi sur le parcours de foi des principaux candidats, depuis Jean-Luc Mélenchon jusqu’à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter la manière dont chacun se situe vis à vis de son héritage familial ou de ses choix de jeunesse, vis à vis de l’Eglise et de la pratique religieuse.

Il est plus intéressant encore de se demander quels candidats mobilisent aujourd’hui un imaginaire chrétien dans leur campagne. La palme revient alors sans nul doute au « christique » Emmanuel Macron, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, candidat du « sel de la Terre », véritable prophète de la VIe République. Contrairement à François Fillon, candidat désireux d’incarner des « valeurs catholiques », ces candidats croient que la politique rejoint le religieux à travers une dimension sacrée qui consiste à conduire une peuple vers un horizon qui le transcende. La politique n’est ainsi pas dépourvue de religiosité, de dévots, de pharisiens et de Judas. Certes, le Royaume n’est pas de ce monde et il importe de remettre la politique à sa juste place, mais il est intéressant de se demander si cet afflux de religiosité électorale n’est pas le signe d’un univers politique en quête de salut, espérant toucher l’âme des électeurs à défaut de pouvoir séduire leur raison, le signe de Temps politiques à bout de souffle, qui se défendent d’être les derniers ?

Vote blanc, discernement et intransigeance

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, appelle les chrétiens non seulement à voter, mais aussi à éviter l’abstention ou le vote blanc.

Voter, c’est choisir. Voter blanc peut être un aveu d’absence de discernement ou d’une attitude puriste et intransigeante. Comme la politique est toujours un « art du compromis », un chrétien ne peut s’abstenir de voter.

Il s’explique dans un entretien à La Croix :

Ces derniers temps, au cours de mes échanges avec des chrétiens, j’entends souvent : « Quand on voit ce spectacle désolant, on n’ira pas voter ou on votera blanc. » Devant cette attitude de dépit, je leur dis : « Est-ce un acte responsable ? » Leur discours revient plus ou moins à dire : je refuse de discerner ce qui me semble être le mieux pour l’avenir de mon pays, ou alors, il y a tel ou tel élément « non négociable » sur lesquels je ne veux pas transiger, donc je ne me mouille pas. De la part d’un chrétien, ce n’est pas une attitude juste.

La laïcité menacée ?

« Surprenante polémique dans la ville de Bourgoin-Jallieu (Isère). Pour répondre à l’augmentation du nombre d’électeurs dans cette ville, la mairie a décidé d’installer trois bureaux de vote pour les élections présidentielles dans le gymnase d’un collège privé catholique. Il n’en fallait pas plus pour susciter le courroux du Comité 1905 Auvergne Rhône-Alpes.

Dans une lettre datée du 21 mars, le Comité 1905 interpelle le maire de Bourgoin-Jallieu au sujet de ce bureau de vote. ‘Notre République laïque n’a-t-elle pas suffisamment de locaux pour devoir utiliser des locaux confessionnels ?’, interroge l’association. ‘Demander à des athées ou des agnostiques, à des croyants d’autres religions (…) de se rendre dans un établissement catholique pour aller voter, est-ce une image acceptable de nos institutions ?' ».

Lire plus dans La Croix

Pour qui votez-vous ? Cinq chrétiens répondent

« À quelques semaines de l’élection présidentielle, et au bout d’une campagne électorale qui n’aura ressemblé à aucune autre, la perplexité de beaucoup de Français est connue. Comment « bien voter » en tant que citoyen et en tant que croyant ? Le risque existe d’un vote par défaut ou par élimination, sans parler d’une abstention protestataire ou désenchantée. Pourtant, certains électeurs ont choisi, parfois depuis longtemps, parfois au bout d’une lente évolution personnelle. Cinq d’entre eux ont accepté de nous dire pourquoi, en tant que croyants, ils envisageaient d’apporter leur suffrage à l’un ou l’autre des candidats. Que l’on prenne leur témoignage comme une invitation au débat. Pas plus, pas moins. Car ce dossier n’a pas pour objet de donner des consignes de vote, fussent-elles subliminales. La Vie n’a jamais distribué les cartes électorales. De même, notre plongée dans les programmes n’est constituée que de coups de sonde, aussi éclairants que possible, mais qui n’épuisent pas le débat. Enfin, en nous en tenant aux principaux candidats, tels que la multiplication des sondages permet de l’établir, nous ne voulons pas affirmer que les autres, ces « petits » qui ont obtenu vaille que vaille leurs 500 signatures, n’ont rien à apporter. Il s’agit pour nous, simplement, d’éclairer l’essentiel du débat politique. Non pas peut-être tel que tous nos lecteurs le souhaiteraient, mais tel qu’il se présente pour la majorité des Français.
Jean-Pierre Denis »

Lire le dossier dans La Vie

Voter en chrétien : oui mais comment ?

Un long article publié dans la Vie par Marie-Lucile Kubacki fait état des réflexions actuelles des chrétiens sur leurs critères de vote, à l’approche de la présidentielle.

Bien entendu, si plusieurs points d’attention restent partagés par les chrétiens (respect de la vie, attention au plus faible, au bien commun, à la dignité humaine et à la paix), on constate que les désaccord apparaissent dès lors qu’il s’agit de hiérarchiser ces points, notamment pour évoquer des « points non négociables ». Les constats posés par cet article nous rappellent que les chrétiens appartiennent aussi, chacun, à une sociologie, à une histoire familiale. Lire la suite

Le parti le plus sage, entre chrétiens, est de ne pas se haïr pour des questions controversables

« Dans ces temps difficiles où certains semblent se résoudre à une impossibilité pour les chrétiens de s’engager honnêtement, sans se salir les mains, comme si c’était une fatalité, il faut au contraire saluer ceux qui accomplissent ce service de la politique et qui veulent tenir leur place dans le monde – politique -, sans être du monde. On pourra toujours nous reprocher de n’être pas des saints ; on ne doit pas pouvoir nous reprocher notre indifférence et notre passivité. La peur des coups ou des compromis n’est pas un motif suffisant pour déserter le champ du politique.

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Mgr Pontier ne prend *vraiment* pas parti

Mgr Georges Pontier ne prend vraiment pas parti et développe d’autres sujets de profonde préoccupation de l’Eglise, parallèlement au rapport à l’argent et à la place de l’étranger. Outre la place des musulmans dans nos sociétés, dans son allocution très politique (au sens noble), il évoque également la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort naturelle – et ceux qui veulent constitutionnaliser l’inverse peuvent se sentir concernés à juste titre.Lire la suite

Les évêques ont du pain sur la planche

Réunis à Lourdes à partir d’aujourd’hui, du 28 au 31 mars, les évêques vont avoir du pain sur la planche. Principaux sujets à l’ordre du jour : la pédophilie, l’approche des éléctions présidentielles et la diversité des catholiques français (avec une intervention du philosophe Pierre Manent). A noter que, d’après La Croix,

À la clôture de leur Assemblée, vendredi 31 mars, ils publieront un texte intitulé Pour de nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato’si.

Faites le test

Un premier test à découvrir et à partager à l’approche de la Présidentielle, pour cerner de quel candidat vous êtes le plus proche :

https://www.jevote.info/quiz/elections2017

Et si vous répondez la plupart du temps « ne se prononce pas » et que vos niveaux d’adhésion sont faibles… c’est peut-être que vous appartenez au premier parti de France : les indécis et autre orphelins de candidats correspondant à leurs idées. Même si les réponses sont parfois simplistes, le test peut-être l’occasion d’un bon exercice de discernement sur un ensemble de questions (fiscalité, éducation, défense, …).

Macron, démocrate-chrétien ?

Emmanuel Macron serait-il un héritier, plus ou moins lointain, de la Démocratie-chrétienne ? C’est ce que laissent entendre plusieurs personnalités clairement issues de cette famille de pensée comme le professeur Jean-Dominique Durand, et c’est ce qui a conduit la rédaction de Famille Chrétienne à définir Emmanuel Macron comme “Démocrate post-chrétien”. Le concept est original, nouveau, pertinent.

Lire la suite de l’article de Charles Vaugirard sur les Cahiers Libres

 

Où va notre démocratie ?

« J’ajouterai un mot sur le risque sérieux d’une victoire finale de Marine Le Pen. À ce sujet, la plupart des politiciens et certains médias ne sont pas sans reproches. Ils auront passé leur temps à brandir contre Marine Le Pen la seule arme de la morale et de l’inquisition soupçonneuse, sans jamais répondre aux questions que pose son avancée. En 1984, on s’en souvient, Laurent Fabius avait déclaré : ‘Le Front National pose les bonnes questions mais donne les mauvaises réponses’.

En 2017 – 33 ans plus tard – les dirigeants des grands partis n’essaient toujours pas de donner de bonnes réponses pour contrecarrer les mauvaises. Or les questions posées ne sont pas anodines : oubli des classes populaires, crise de l’Europe, insuccès de l’euro, politique migratoire brouillonne, etc. Oublier d’y répondre, c’est conforter celle qu’on prétend combattre. Hélas ! »

Jean-Claude Guillebaud, dans La Vie

Lettre à Mesdames, Messieurs, les candidats à la Présidence de la République

« Acceptez-vous de nous partager vos diagnostics suivis des traitements que vous entendez mettre en œuvre pour guérir ce corps social enfiévré ? La première urgence est celle de gestes d’hospitalité à l’égard de ceux qui vivent dans la rue et/ou dans des conditions déshumanisantes.

La politique ne se réduit pas à des actes de gestion, elle est une vision dynamique et enthousiaste à l’adresse des concitoyens pour faire se lever au sein de la Nation, des énergies et des synergies créatrices d’espoir. Les réponses sont toujours à la hauteur de la confiance.

Voulez-vous prendre l’engagement de défendre les plus vulnérables pour faire de l’habitat une des grandes causes nationales ? »

Père Bernard Devert, Fondateur d’Habitat et Humanisme

Le premier grand débat : antidote ou poison de la campagne ?

Il y a deux manières de considérer le grand debat de ce soir, entre les cinq principaux candidats à la présidentielle, comme il y a deux manières de considérer les primaires : salut ou aveux de faiblesse démocratique ? On a pu souligner la forte participation aux primaires comme on insistera demain sur le fort niveau d’audience du débat. On évoquera alors le fait que « oui, les Français s’intéressent vraiment à la politique », que l’on aura assisté à un « beau moment de démocratie » et que ce débat aura pu offrir « une séquence d’explication avec les Français, les yeux dans le yeux ». Bref, on saura se rassurer sur la stabilité retrouvée de notre système démocratique, à quelques semaines du premier tour. Vraiment ?

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