« Voir des images pornographiques aussi jeune constitue un traumatisme sexuel. » 

C’est le Professeur Nisand qui le dit sur France Info !  Avec plusieurs professionnels de santé, il lance vendredi 15 juin un appel solennel au gouvernement pour lutter contre la diffusion massive d’images pornographiques, auxquelles les enfants sont exposés de manière extrêmement précoce. « Voir des images pornographiques aussi jeune constitue un traumatisme sexuel. D’habitude, on lutte pour la protection de l’enfance, et là, on ne fait rien« , déplore le Pr Nisand. Pourtant, être confronté à de la pornographie très tôt peut avoir des répercussions graves sur le développement, comme l’explique une enquête Ipsos réalisée pour le Fonds actions addictions publiée le 8 juin. Cela peut provoquer « des crises d’anxiété, des troubles du sommeil, nourrir un sentiment douloureux de culpabilité et conduire à une représentation faussée ou déviante des rapports sexuels et amoureux« , précise le rapport. « C’est une atteinte à la santé des femmes« , ajoute le Pr Nisand.

Le Pr Israël Nisand va même plus loin : « Certains enfants sont addicts, ils regardent de la pornographie 3 heures par jours dès l’âge de 10 ans ! » Pour le Cngof, il est donc indispensable de réglementer l’accès aux sites pornographiques. Pour ce faire, il propose notamment de retirer la licence ou d’infliger de lourdes amendes aux fournisseurs d’accès qui enfreindraient la loi française. Un mécanisme simple, pour le Pr Nisand : « Comment se fait-il que le gouvernement puisse lutter contre les sites pédopornogaphiques et jihadistes et qu’il ne fasse rien contre les sites pornographiques ? »

« Il faudrait prévenir les parents du danger de la pornographie, lutter contre les addictions au sein de l’école, y délivrer une vraie information sur la sexualité – ce qui est prévu par la loi mais peu appliqué – et conditionner l’accès à la première image pornographique via la demande d’un code de carte bleue« , résume le Pr Nisand. Sans cela, il lui semble difficile d’empêcher l’accès à de tels contenus. Aujourd’hui en effet, pour n’importe quel enfant, cliquer sur « J’ai 18 ans ou plus » suffit à accéder à des images pornographiques.

La pornographie opère un « hack » du cerveau

Très instructif article de Boris Laurent sur ce fléau des temps modernes :

Les hommes face au sexe sont comme des abeilles tournant autour d’un pot de confiture. Complètement fascinés, prêt à tout pour y accéder, mais très vite pris au piège. Ceci ne date pas d’hier : même les macaques mâles sont prêts à sacrifier de la nourriture pour voir des images érotiques de macaques femelles.

Les yeux ouverts sur le porno

Il est trop tôt pour savoir si cela débouchera sur des mesures effectives, sans parler de mesures efficaces, mais c’est la première fois qu’une préoccupation est seulement exprimée à ce niveau.

Emmanuel Macron a ainsi indiqué qu’ « en 2018, nous devons repenser le cadre de notre régulation des contenus, en particulier les contenus audiovisuels en prenant en compte l’évolution du numérique » .

En revanche, les dénégateurs sont de sortie pour sauver leur porno. Il faudra bien du renfort là-dessus.

La pornographie change la réalité des femmes et des jeunes filles

Manifeste pour que le féminisme s’engage dans le combat contre la pornographie.

« Les gens continueront à nier l’existence de la culture pornographique et les désastres qu’elle crée, mais la réalité est juste en face de nous. Les statistiques nous apprennent des choses au sujet de l’expérience de la vie dans un corps d’adolescente qui ne peuvent pas être ignorées. La culture pornographique est en train de changer la réalité des femmes et des jeunes filles ».

Laurie Oliva sur Ressources Prostitution

La science change de regard sur l’addiction au porno

La pornographie crée une véritable addiction, de même nature que la drogue. Plusieurs études le montrent :

. Trois changements cérébraux significatifs peuvent être mis en corrélation avec la quantité de pornographie consommée ;

. les mêmes activités cérébrales sont observées ches les dépendants de la drogue et de l’alcool ;

. plus on consomme de porno moins il y a d’activité dans le circuit de la récompense, indiquant une désensibilisation, et augmentant le besoin pour une plus grande stimulation (tolérance) ;

. les dépendants de la pornographie correspondent bien avec le modèle accepté de l’addiction : en vouloir toujours plus / insatisfaction croissante.

 

Alors, il te plaît, mon gros pop-up ?

Salutaire mais surprenant : l’inquiétude sur le porno sort un peu des milieux cathos, certes précurseurs mais qui peinent à mobiliser sur le sujet. Alors que Laurence Rossignol annonçait une réflexion pour bloquer l’accès aux mineurs, c’est la Fondation pour l’Innovation Politique qui sort une note sur le sujet (accessible sur le site de la Fondapol dans une note au titre explicite : « Porno addiction : nouvel enjeu de société »).

Et, si le titre de ce billet a coupablement succombé au second degré, cette note illustre aussi la misère sexuelle à laquelle la consommation de porno peut conduire des adultes, en raison de phénomènes neurologiques observés.

Les pages 18 et 19 sont consacrées aux « effets du porno : l’escalade vers l’extrême » – et notamment ce fait qui peut paraître ridicule : un homme peut se trouver sexuellement excité par l’allumage de son ordinateur ou l’apparition d’un pop-up.Lire la suite

Porno : Laurence Rossignol n’abandonne pas

Alors que l’on pourrait penser tous les ministres occupés ailleurs qu’à leurs ministères, Laurence Rossignol semble toujours vouloir agir. Dans une interview au Figaro, elle souligne sa volonté d’action avec un certain courage – courage qui certes n’apparaît qu’en contraste avec la lâcheté de bien des autres. Ainsi lorsqu’on lui oppose le risque de se heurter à la liberté d’expression, elle répond : Lire la suite