L’évangile selon Jean-Luc

Une confusion des plus comiques de la part de Google attribue à Jean-Luc Mélenchon des ouvrages de Jean-Luc Moens sur l’évangélisation. Une manière de transformer le tribun en apôtre ? De révéler son penchant pour la dimension sacrée de la politique ? Pour l’évangile révolutionnaire ? Les voies de Google sont impénétrables.

 

« La religion est là par amour des citoyens français » (Mgr d’Ornellas)

Interrogé par Le Télégramme, Mgr Pierre d’Ornellas apporte sa réponse à la question désormais classique de la place de #lareligion dans la présidentielle :

Quand elle cherche le bien de la société, c’est-à-dire le bien commun, elle a toute sa place. La religion est là par amour des citoyens français.

Il évoque également Sens Commun, La Manif et Les Poissons Roses et rappelle que l’Eglise doit s’impliquer en politique : Lire la suite

Comment restaurer la confiance ?

« Alors que faire ? Monsieur le Président de la République, si je peux me permettre, abandonnez cette idée des trois grandes lois (dont une révision de la Constitution) dont la rédaction et l’adoption ne vont vous attirer que des contrariétés. Faites réaliser une compilation des textes existants relatifs à la responsabilité personnelle des décideurs publics, ils sont bien suffisants.

Et si vous voulez inaugurer une ère nouvelle marquée par l’exigence pour l’avenir de l’irréprochabilité, soldez le passé en utilisant une méthode que votre maître Paul Ricoeur lui-même conseillait : l’amnistie : ‘Le philosophe se gardera de condamner les successives amnisties dont la République française en particulier fait grande consommation, mais il en soulignera le caractère simplement utilitaire, thérapeutique. Et il écoutera la voix de l’inoublieuse mémoire, exclue du champ du pouvoir par l’oublieuse mémoire liée à la Refondation prosaïque du politique. À ce prix, la mince cloison qui sépare l’amnistie de l’amnésie peut être préservée' ».

Régis de Castelnau sur vududroit.com

Revue de Presse : des évêques engagés

Les évêques qui secouent les partis à l’approche des élections ! Oui, vous avez bien lu : il s’agit d’un cri d’alarme et d’une « critique sans concessions envers la classe politique du pays » qui sont lancés par les évêques du Kenya à quelques mois des élections. « Les situations chaotiques que nous voyons démontrent combien le système politique que nous avons en ce moment au Kenya est fragile » rapporte Radio Vatican. Ces évêques critiquent également la « manipulation et les abus » commis par des « personnages sans intégrité et qui ne sont pas assez mûrs pour bien discerner entre le bien et le mal. De telles personnes ne devraient pas être autorisées à se présenter à des fonctions électives en premier lieu ». C’est dit !

D’autres évêques appellent pour leur part à un « patriotisme chrétien “solidaire”, pas “égoïste” ». C’est en Pologne que ça se passe. Selon La Croix, « la Conférence épiscopale polonaise a encouragé, dans un document publié vendredi 28 avril, l’essor d’un patriotisme chrétien “respectueux des autres cultures et des autres convictions religieuses” ». Le journal nous apprend également Lire la suite

« Le plus facile : dire de voter pour tel ou tel ou inviter à la réflexion et au discernement ? »

Interview de Mgr Pontier entre les deux tours de la présidentielle :

On vous reproche de ne pas orienter clairement le vote des catholiques pour tel ou tel candidat. Que répondez-vous ?

Je constate que ces reproches viennent de tous côtés, des soutiens des deux candidats en lice pour le deuxième tour qui aimeraient que l’on choisisse leur candidat. Il y a aussi les partisans de l’abstention ou du vote blanc qui voudraient que l’on soutienne ce choix. Je comprends que l’on puisse être désorienté face à la tournure qu’ont pu prendre les débats. Il faut reconnaître qu’il est difficile de se forger une opinion dans ce climat hystérisé. Mais qu’est-il plus facile : dire de voter pour tel ou tel ou inviter à la réflexion et au discernement ? Dans cette ambiance, il me semble que le rôle de l’Église est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat mais de rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte. […]

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« La Politique n’est pas le dernier mot de la vie des hommes »

Intéressants éléments de Mgr Aillet en vue du second tour : il appelle au discernement, à la prudence et il nous invite à demander à l’Esprit Saint le don de Conseil.

 

Quel que soit le résultat des élections du 7 mai, nous n’oublierons pas pour autant que la Politique n’est pas le dernier mot de la vie des hommes. Après le 7 mai, il sera toujours urgent pour les catholiques d’annoncer l’Evangile avec la conviction « qu’il répond aux nécessités les plus profondes des personnes parce que nous avons tous été créés pour ce que l’Evangile nous propose : l’amitié avec Jésus et l’amour fraternel » (Pape François, Evangelii Gaudium n. 265).

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La messe est dite ?

Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef du journal La Croix, était l’invitée de l’émission politique « C’est dans l’air » ce lundi 17 avril. Lundi de Pâques oblige, l’émission était consacrée à la place des religions dans la campagne présidentielle. Si elle permet quelques clarification sur la nature de Sens Commun à destination d’un public extérieur au monde catholique et si elle dresse un vaste panorama des interactions passées, présentes et futures entre religions et programmes, elle pêche par manque de précision dans l’analyse et la définition des notions. Lire la suite

Vote blanc, discernement et intransigeance

Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, appelle les chrétiens non seulement à voter, mais aussi à éviter l’abstention ou le vote blanc.

Voter, c’est choisir. Voter blanc peut être un aveu d’absence de discernement ou d’une attitude puriste et intransigeante. Comme la politique est toujours un « art du compromis », un chrétien ne peut s’abstenir de voter.

Il s’explique dans un entretien à La Croix :

Ces derniers temps, au cours de mes échanges avec des chrétiens, j’entends souvent : « Quand on voit ce spectacle désolant, on n’ira pas voter ou on votera blanc. » Devant cette attitude de dépit, je leur dis : « Est-ce un acte responsable ? » Leur discours revient plus ou moins à dire : je refuse de discerner ce qui me semble être le mieux pour l’avenir de mon pays, ou alors, il y a tel ou tel élément « non négociable » sur lesquels je ne veux pas transiger, donc je ne me mouille pas. De la part d’un chrétien, ce n’est pas une attitude juste.

Notre ultramodernité est à bout de souffle

Marie-Lucile Kubacki a rencontré une trentaine de chrétiens, pour La Vie et en a retiré cet article passionnant « Voter en chrétien, est-ce possible ? », comme en écho aux interrogations et éclairages délivrés par Pierre Manent. Il ne se résume donc pas à sa chute mais elle vaut en elle-même sa lecture. Comme en écho aux (l’Eglise et les catholiques ont-ils encore quelque chose à dire au pays ?), Antoine Arjakovsky, historien, de confession chrétienne orthodoxe, codirecteur du pôle « société, liberté, paix » du Collège des Bernardins souligne ceci :

« Notre ultramodernité est une pensée qui en vient à douter de tout et c’est la raison pour laquelle les fondamentalistes réagissent parce qu’ils ont besoin de se construire sur des vérités. C’est cela le malaise profond. On vit dans une période d’incertitude, de remise en cause. Mais c’est aussi pour les chrétiens une opportunité pour ressortir une vision équilibrée, d’espérance et de joie. »

Le fondamentalisme est une surréaction aux dérives de l’ultramodernité. Mais pour qui entend se construire une sagesse, une Vérité, le christianisme a son mot à dire, dans « un esprit de force, d’amour et de pondération » (deuxième lettre de Saint Paul à Timothée), pas de fondamentalisme.

Voter en chrétien, est-ce possible ?, La Vie

L’aumônier des parlementaires voit « violence et désarroi » chez les politiques

C’est ce que le Père Laurent Stalla-Bourdillon, aka l’ « aumônier des parlementaires » même si ce n’est pas une aumônerie, rapporte dans une interview au Figaro.

Cette campagne vous semble-t-elle marquée par une forme de violence ? Oui, une violence sans nom. J’observe le préjudice considérable fait à la pensée politique par l’étroitesse du jeu médiatico-politique. D’une certaine façon, les responsables politiques usent et abusent des médias pour exister. En retour, les médias manipulent les politiques comme des marionnettes.

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Mgr Pontier ne prend *vraiment* pas parti

Mgr Georges Pontier ne prend vraiment pas parti et développe d’autres sujets de profonde préoccupation de l’Eglise, parallèlement au rapport à l’argent et à la place de l’étranger. Outre la place des musulmans dans nos sociétés, dans son allocution très politique (au sens noble), il évoque également la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort naturelle – et ceux qui veulent constitutionnaliser l’inverse peuvent se sentir concernés à juste titre.Lire la suite

Mgr Pontier ne prend (presque) pas parti dans la présidentielle

Dans son discours d’ouverture de l’assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, ce mardi 28 mars, Mgr Pontier s’est penché sur l’élection présidentielle qui approche. Les évêques ne donnent évidemment pas de consignes de vote. On notera toutefois l’accent mis par le président de la CEF sur deux points particuliers concernant cette campagne :Lire la suite

Du gouvernement à la gouvernance ou au management…

« Notre pays vit un certain délitement de la politique, devenue désormais moins l’art noble du gouvernement que celui de la gouvernance ou du management. La parole publique, surabondante et hyper-médiatisée, se prend au jeu de la dialectique, devient l’otage de polémiques. Elle lasse le citoyen. Elle obscurcit les véritables enjeux sociétaux, anthropologiques et éthiques. Chacun a le sentiment que la politique est de plus en plus le fait d’incantations, de promesses et de règlements de comptes.

Pour réhabiliter la politique, l’Église propose 4 pistes pour nourrir l’engagement des chrétiens dans la cité ».

Mgr Rey sur chetiensdanslacite.com

Les évêques ont du pain sur la planche

Réunis à Lourdes à partir d’aujourd’hui, du 28 au 31 mars, les évêques vont avoir du pain sur la planche. Principaux sujets à l’ordre du jour : la pédophilie, l’approche des éléctions présidentielles et la diversité des catholiques français (avec une intervention du philosophe Pierre Manent). A noter que, d’après La Croix,

À la clôture de leur Assemblée, vendredi 31 mars, ils publieront un texte intitulé Pour de nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato’si.

Europe : joyeux anniversaire grand-mère

On se rappelle les mots du Pape François au Parlement Européen à Strasbourg, puis lors de la remise du Prix Charlemagne : l’Europe est une vieille grand-mère qui doit aujourd’hui retrouver une part de sa jeunesse.

L’anniversaire du Traité de Rome du 25 mars 1957 est l’occasion de se repencher sur les liens entre projet européen et christianisme, comme nous y invite une émission de France Inter à laquelle a participé Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef adjointe du quotidien La Croix. L’occasion aussi de relire sur le blog des Cahiers Libres une synthèse sur la pensée de Schuman : « l’Europe selon Robert Schuman ».

Surtout, il faut lire le discours du détenteur du Prix Charlemagne, le Pape François, prononcé lorsqu’il a reçu, ce vendredi 24 mars, des dirigeants européens inquiets de la montée des populismes pour leur donner une nouvelle leçon d’Europe. Lire la suite

Faire payer les riches, ou les étrangers ?

Si nous étions en campagne électorale, nous pourrions aborder des sujets de fond, échanger sur l’avenir de notre pays. Si une campagne électorale était ce dont nous rêvons, ce serait une période où la France s’assiérait, le temps de faire posément un bilan, d’envisager les défis à venir, et de comparer les projets proposés.

Mais soit. A la place, nous avons des percées improbables. Des échappées journalistiques ou des appels d’ONG et de think tanks, ceux qui bossent vraiment au quotidien, et désespèrent de voir que les enjeux auxquels ils se consacrent ne sont pas dignes d’intérêt.

Au titre de ces échappées, la Une du Parisien, consacrée à la dépendance. Nul ne peut nier que ce soit un enjeu incontournable pour tous. L’occasion d’entr’apercevoir les propositions des candidats. . Celui pour lequel le problème c’est les riches. Ou celle qui réussit encore à incriminer l’étranger sur ce sujet.

Faites le test

Un premier test à découvrir et à partager à l’approche de la Présidentielle, pour cerner de quel candidat vous êtes le plus proche :

https://www.jevote.info/quiz/elections2017

Et si vous répondez la plupart du temps « ne se prononce pas » et que vos niveaux d’adhésion sont faibles… c’est peut-être que vous appartenez au premier parti de France : les indécis et autre orphelins de candidats correspondant à leurs idées. Même si les réponses sont parfois simplistes, le test peut-être l’occasion d’un bon exercice de discernement sur un ensemble de questions (fiscalité, éducation, défense, …).

Macron, démocrate-chrétien ?

Emmanuel Macron serait-il un héritier, plus ou moins lointain, de la Démocratie-chrétienne ? C’est ce que laissent entendre plusieurs personnalités clairement issues de cette famille de pensée comme le professeur Jean-Dominique Durand, et c’est ce qui a conduit la rédaction de Famille Chrétienne à définir Emmanuel Macron comme “Démocrate post-chrétien”. Le concept est original, nouveau, pertinent.

Lire la suite de l’article de Charles Vaugirard sur les Cahiers Libres

 

La transcendance s’est dissoute dans la présidence normale

« Le faire supplée les fragilités du croire et les déceptions du dire. Pour la transcendance, on repassera. Autrefois, l’Église et l’État s’arrangeaient tant bien que mal pour l’assurer. Et pas seulement sous les rois. La vague nostalgie du gaullisme qui ressurgit épisodiquement dans le bruissement du discours politique tient à cela. Amollie par Chirac, abîmée par le bling-bling sarkozyste, la transcendance s’est dissoute dans la présidence normale. L’horizontalité de la société lui permet d’endurer, d’attendre et de suppléer. Pour la verticalité, il semble qu’il faille encore attendre. Et prier, car on en a besoin ».

Jean-Pierre Denis dans La Vie

Des prêtres et de la politique sur les réseaux

réseauxLa Croix consacre un article à un phénomène nouveau et notable : l’expression politique explicite de prêtres sur les réseaux, qui peut parfois laisser perplexe. Mais fidèle à l’invitation de se mêler de la poutre qui est dans notre œil plutôt que des fesses du voisin, nous nous appliquerons à passer nos tweets au crible de ce que propose le Père Henri Madelin…

ce flou montre un déficit de réflexion, dans l’Église, sur « ce qui fait le propre des réseaux sociaux » : l’immédiateté, la difficulté à tenir une position équilibrée et argumentée… En attendant, et pour ne pas apparaître comme « des diviseurs », prêtres et religieux devraient selon lui se fixer des règles strictes : « confronter leur point de vue avant de l’exprimer publiquement », « se souvenir qu’ils s’adressent toujours à des consciences, être soucieux de former celle des plus jeunes ». Être capables enfin « de se relire dix ans plus tard et d’assumer ce que l’on a écrit ».

… avant d’aller « pleurer amèrement ».

Ce qui manque aux responsables politiques, c’est une vraie liberté

Et si les hommes et les femmes politiques étaient enfermés dans un système qui les empêche d’être vraiment libres ? Et si la crise actuelle, cruellement exposée dans la campagne présidentielle, ne pouvait se résoudre qu’en leur permettant de redevenir vraiment libres dans le débat public ? James Woody, pasteur, […] lance le débat.

Le divorce entre les responsables politiques et les Français ne date pas de cette campagne électorale. Cela fait des années que je visite des personnes qui, au gré de nos discussions, me confient non seulement leur désintérêt de la politique, mais aussi leur défiance à l’égard des personnels politiques qu’elles jugent « pourries » et sans soucis de l’intérêt général. […] Comment se fait-il qu’il n’y ait toujours pas eu la moindre prise de conscience de nos élus ? Comment se fait-il qu’ils aient continué à faire comme si de rien n’était, comme s’il n’y avait aucun problème majeur de ce côté-là ?

Lire la suite de cette tribune dans La Vie

La Présidentielle la plus religieuse de la Ve République

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Un intéressant article paru dans Vingt Minutes analyse les multiples et inédites références au religieux dans la présente campagne présidentielle, en dépassant la seule question de la « manipulation électorale ». De Fillon à Macron, en passant par Mélenchon, les candidats ne semblent plus avoir de gêne pour parler de foi.

20 Minutes a demandé à trois politologues si le fond de l’air avait déjà été aussi « spirituel » à l’approche du scrutin central de la vie politique française. La réponse est unanime : non, clairement pas.

S’il est essentiel de distinguer à quel titre, dans quel contexte et dans quels objectifs les références religieuses sont amenées par chaque candidat (quête d’une nouvelle mystique pour Emmanuel Macron, adaptation aux évolutions de l’électorat de droite pour François Fillon), il est certain qu’elles témoignent d’une porosité inédite du politique aux sujets religieux. La crise actuelle du système politique et le sentiment d’impasse généralisée dans laquelle se trouve la France ne sont sans doute pas étrangers au phénomène. La perception d’un « tournant historique » et d’un retour de l’Histoire amènent les candidats à charcher des points d’ancrage au-delà des références classiques et purement rationnelles : la quête d’une transcendance permet ainsi de suggérer le dépassement des interrogations les plus brûlantes, l’avènement de l’inespéré dans la désespérance.

Reste à savoir qui aura la bénédiction finale des électeurs et quel sera le devenir concret de ces références religieuses dans l’exercice du pouvoir. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur, …

Source photo

Jean-Luc Mélenchon et le Pape François

Famille Chrétienne a interrogé Jean-Luc Mélenchon sur le Pape François. Est notamment abordé le rôle du Pape en matière d’écologie, de politique internationale, autour de la crise des migrants, … Un témoignage de la portée des paroles du Pape dans la sphère politique française.

Les jeunes catholiques : désabusés de la politique ?

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Le seul atelier consacré à la politique, samedi, organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par « les Altercathos ». / Guillaume Poli/Ciric

La Croix est allé enquêté lors de la rencontre annuelle des chrétiens en grande école sur l’intérêt des jeunes catholiques pour les questions politiques. Il en ressort un mélange d’intérêt et de distance vis-à-vis de la politique partisane et de ses débats. L’organisation par les Altercathos, jeune association lyonnaise en charge d’un café associatif, le Simone, d’un atelier sur l’engagement politique montre néanmoins un intérêt certain pour l’engagement politique pris au sens large, jusque dans la vie quotidienne et le vie de quartier :

«Je pense que certains craignent que ce genre de discussion [politiques] ne dégénère, et pensent que l’aumônerie n’est pas forcément le lieu le plus adapté », poursuit l’étudiante en dernière année des Ponts et Chaussées, qui a tout de même organisé, à la rentrée, une soirée autour du texte Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, publié par le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France. […]

Davantage que ce document – que très peu ont lu –, c’est l’encyclique du pape François Laudato si’qui semble s’être imposée comme nouvelle référence chez les jeunes catholiques. D’ailleurs, parmi les ateliers en petits groupes de la fin de l’après-midi, le seul consacré à la politique était organisé au Simone, le café associatif lancé à Lyon par le mouvement « les ­Altercathos », adepte de l’écologie intégrale.

Maintenant tout commence

 

ATHLETISME departLa victoire de Benoît Hamon à la Primaire de la gauche ouvre une nouvelle étape dans la campagne présidentielle.

Les candidats des différents partis étant enfin désignés, les différents protagonistes vont pouvoir entrer dans le cœur de l’affrontement. En particulier, Marine Le Pen – qui a gardé un relatif silence jusqu’alors en laissant monter la déception par le seul jeu de ses concurrents – ne devrait pas tarder à entrer dans l’arène. Même si quelques incertitudes planent encore à droite sur la candidature Fillon, entâchée d’accusations d’emplois fictifs – la désignation du candidat socialiste va ouvrir une nouvelle étape dans le débat politique.

Pour le parti socialiste lui-même, le jeu est loin d’être verrouillé par le résultat de la Primaire : on pourrait croire Benoît Hamon désigné d’office chef légitime de l’opposition pour le cinquennat à venir, mais un faible score des socialistes à la présidentielle pourrait tout aussi bien signifier des règlements de compte sévère au sein du parti après le scrutin. Considérée par les observateurs comme un véritable Congrès du PS, la Primaire de la Gauche pourrait alors n’en être que le premier round, le second se jouant après la présidentielle. Il pourrait ainsi permettre un retour de Manuel Valls et la transformation fondamentale – voire la disparition – du PS.

Les élections présidentielles françaises sont largement suivies à l’étranger, dans un contexte de bouleversements politiques forts intervenus dans plusieurs pays à la suite d’élections ou de réferndums (en Italie, en Angleterre, aux Etats-Unis, …). Les Français vont-ils vouloir eux aussi tourner une page ? De quelle façon ?

Plus que jamais, il est temps de vivre cette campagne dans la prière, tournés vers le monde politique en devenir.

Si vous avez manqué le débat Koz/Dandrieu

Erwan-Morhedec-Laurent-Dandrieu_0_730_409 C’est le débat de ce début d’année 2017 dans le monde catholique français. La parution des deux ouvrages d’Erwan le Morhedec (dit Koz) et de Laurent Dandrieu autour de l’identité chrétienne ne cessent d’alimenter le débat autour du lien entre foi, nation et identité (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second). Il y a même un débat sur le fait de savoir s’il s’agit d’un débat. Ici et là on répète qu’il y a toujours eu des « identitaires » et qu’il y en aura toujours, ou qu’il est inquiétant d’instiller la division entre catholiques, quand on devrait plutôt reserrer les rangs dans les débats du monde contemporains. Pourtant, deux arguments prêchent en faveur de ce débat : un argument de contexte, car il faut bien avouer que les questions d’identité n’ont rien d’anodin dans une période marquée par la crise des migrants et les multiples attentats et que les discours ont éclairement évolué chez les catholiques vers une préoccupation croissante pour ces sujets ; un argument plus ecclésial, car la pensée sociale de l’Eglise se construit aussi à partir des débats entre laïcs. La figure du Pape François – et donc la formulation de cette doctrine sociale – se retrouvent au centre du débat.

La politique est, par essence, l’espace de définition des oppositions. Faire de la politique n’implique pas pour un chrétien de nier les oppositions de fond. Il y en a précisément une, ici, dans le contexte actuel : la catholicisme n’est-il pas en train d’être happé dans une dynamique identitaire générale indexant la foi à un corpus culturel qu’il s’agirait de défendre ?

Il est possible d’avoir un aperçu de ce débat via différents medias : en podcast sur le site de Radio Notre-Dame ou en vidéo sur le site de La Croix.

Source photo : Flavien Edenne ; La Croix

Déo et débats : des catholiques en débat

La dernière édition de l’émission « Déo et débats », diffusée sur KTO le 20 janvier dernier, réunissait Rémi Brague, Jean-Marc Potdevin, Philippe de Roux, Christiane Rancé et Jean-Marie Andrès, autour de différents sujets d’actualité. Ont notamment été évoqués : le débat autour des livres d’Erwan le Morhedec et de Laurent Dandrieu sur l’identité et l’immigration (Identitaire, le mauvais génie du christianisme, publié au Cerf pour le premier, Eglise et immigration, le grand malaise, publié aux Presses de la Renaissance pour le second), l’application Entourage, la Primaire de la gauche, …

Une bonne occasion de faire le point sur les débats qui animent le monde catholique.

 

L’évangile selon Macron

Macron : peut-on croire à l’Emmanuel ?A lire, cette passionnante tribune des AlterCathos : « Une personnalité politique semble vouloir endosser, plus encore que les autres, le costume de Messie national : Emmanuel Macron. Si l’on résume souvent le phénomène Macron à une « bulle médiatique » gonflée d’ambitions personnelles et de soif de renouveau – forme de divertissement médiatique dans un univers politique marqué par l’alternance –, il importe de comprendre en quoi la campagne d’Emmanuel Macron est à prendre au sérieux dans sa manière d’entrer en résonance avec la crise profonde que traverse notre pays. Surtout, il est essentiel de se demander ce que le messie Macron est réellement venu apporter en politique et vers quelle Terre Promise il souhaite nous emmener. Est-il venu pour sauver la politique ou pour la perdre ? ». Extrait de cette contribution au discernement :

Plus largement, il est essentiel de s’interroger sur la place dévolue au politique par rapport à l’économique dans le projet macronien : la politique vise-t-elle à nous projeter dans un horizon de bien commun à partir de l’analyse de la situation actuelle ou a-t-elle pour ambition d’adapter une société aux évolutions de la sphère économique ? La question est cruciale lorsqu’on la rapporte aux interrogations formulées par le Pape François dans l’encyclique Laudato Si, où il exprime ses inquiétudes concernant la soumission du politique à un « paradigme technico-économique ». Un des maux politiques actuels est, pour le Pape François, la renonciation du politique à dessiner un horizon du bien commun à partir des urgences économiques, sociales et écologiques pour se réfugier dans une fonction de chambre d’enregistrement des évolutions techniques et économiques. Emmanuel Macron semble bel et bien participer de cette défaite assumée du politique. Ses allusions à la transition énergétique ne sont d’ailleurs que l’occasion d’évoquer les opportunités à saisir en matière de green business.

Lire la suite…

Eplucher les programmes de la prochaine Présidentielle

15442200_1497887760225477_7043659777134640687_nA l’approche des élections présidentielles, « La Politique une Bonne Nouvelle » vous propose les 11 et 12 mars prochain un weekend d’échange, de lecture et de réflexion sur les programmes électoraux.

Au programme :

– Tables rondes avec hommes et femmes de lettres, de foi, engagées en politique, dans la cité,
 Ateliers pour approfondir les enjeux et les programmes,
– Messe et temps de relecture,
– Jeux pour retrouver le sens du politique,
– Et bien d’autres surprises …

Les infos : contact@politiquebonnenouvelle.eu  ou https://www.facebook.com/events/156435471503370/

Les vœux du Pape au corps diplomatique

Vœux du Pape au corps diplomatique : le texte intégralLe Pape François a reçu ce lundi matin, 9 janvier 2017, l’ensemble des ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, pour le traditionnel discours des vœux au Corps diplomatique, qui permet de faire le point sur les grands dossiers internationaux. Il a choisi cette année de consacrer cette rencontre « au thème de la sécurité et de la paix, puisque dans le climat d’appréhension générale pour le présent et d’incertitude et d’angoisse pour l’avenir, dans lequel nous nous trouvons immergés, je pense important d’adresser une parole d’espérance, qui indique aussi une perspective de chemin. » Radio Vatican propose à la lecture la traduction intégrale de ce discours. En voici quelques extraits choisis :Lire la suite

Vote : un catho peut en cacher un autre (ou plusieurs) …

ffDans un excellent article dans la Revue Esprit, Yann Raison du Cleuziou s’interroge sur la part du vote catholique dans le succès de François Fillon aux primaires des Républicains. Il estime entre autres que n’y voir que la trace d’un catholicisme identitaire sur le retour est au moins une surévaluation et que le vote des catholiques est beaucoup plus dispersé que certains tendant à le faire croire, en donnant des éléments de compréhension sur le moyen terme.

Interpréter le vote en faveur de François Fillon comme un signe inquiétant de la montée en puissance d’un catholicisme identitaire et réactionnaire est donc très abusif. C’est se soumettre à une déclinaison du storytelling élaboré en 2012-2013 pour mettre en récit La Manif Pour Tous.

Et autre élément intéressant, il explique comment certains catholiques réussissent d’autant mieux qu’ils sont discrets sur leur ancrage confessionnel. Un pied de nez par les faits à certains identitaires ?

On peut retrouver l’auteur ainsi que d’autres contributeurs de qualité une soirée à Saint-Merry à Paris le 24 janvier sur le thème : « Elections 2017 : des chrétiens s’interrogent ». A suivre sur le site du Centre pastoral Saint-Merry

 

 

Chine : un peu de théologie politique

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Le cas de l’Église chinoise nous rappelle toujours un principe exprimé avec force par le théologien politique William Cavanaugh : l’Église ne peut être soluble dans une nation, dans une superposition totale du théologique et du politique. Car l’Église a elle-même un rôle politique intrinsèque, pour la simple et bonne raison que les croyants obéissent à Dieu avant d’obéir à un pouvoir terrestre. En cela, l’Église est du monde et pas du monde, elle est fondamentalement une puissance étrangère, non pas parce qu’elle serait à la solde du Vatican, mais d’abord parce qu’elle se place entre les mains de Dieu.

La réunion par le pouvoir chinois ces 27-29 décembre dernier d’une « IXe Assemblée nationale des représentants catholiques », composée des évêques de l’Église officielle chinoise, va à l’encontre de ces principes. Elle a été l’occasion de déclarations du pouvoir chinois indiquant quel rôle il entend donner à l’Eglise, comme le rapporte la Croix :

Les catholiques doivent « mieux s’intégrer dans la société », « combiner le patriotisme à leur ferveur pour l’Église », et « s’unir pour contribuer à la construction du socialisme à caractéristiques chinoises », a martelé au cours de cette réunion Yu Zhengsheng, haut responsable du régime communiste et président du « Comité national de la Conférence politique consultative du peuple chinois » (CPCPC), cité par l’agence officielle Chine nouvelle. L’Église chinoise « doit adhérer au principe de l’administration autonome, s’occuper elle-même des affaires religieuses de façon indépendante et pousser les fidèles à adhérer au processus de « sinisation » de la religion »

En Chine, les religions « n’ont droit de cité que si elles sont autonomes par rapport à toute puissance étrangère« . Le problème donc, c’est que l’Eglise catholique ne peut qu’être, en partie, étrangère… Les questions géopolitiques qui concernent le Vatican sont toujours, en premier lieu, des questions théologiques.

Source photo : Eglises d’Asie.

Prendre le temps de (re)lire la Lettre des évêques

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En cette période de vacances de Noël, Dominique Greiner propose sur son blog hébergé par La Croix une « lecture critique du texte des évêques » sur la politique, Dans un monde qui change retrouver le sens du politique, paru en octobre 2016.

Le théologien nous propose de rouvrir ce texte en le lisant à la lumière des grands textes de la doctrine sociale, à travers une intervention en quatre parties, prononcée le vendredi 16 décembre lors d’un séminaires organisé par le Theologicum de l’Institut catholique, le Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris, et la Faculté Notre-Dame.

Le « non » de la non-violence est un « non » de résistance

Le « non » de la non-violence est un « non » de résistanceIl est tentant de vouloir justifier la violence dès lors que ce serait pour « la bonne cause ». C’est ce à quoi répond le philosophe et écrivain, Jean-Marie Muller membre-fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), pour le site Reporterre.

A travers ses quatre-vingt dix livres en langue anglaise, le leader indien Gandhi nous présente la non-violence dans toute sa richesse et dans toute sa complexité. A le lire, il devient clair que si le mot « non-violence » est formellement négatif, il ne signifie pas que la non-violence est la négation de la violence, mais qu’elle se trouve dans un rapport d’opposition réelle à la violence, c’est-à-dire que sa visée est d’en détruire les causes et les conséquences. Le non que la non-violence oppose à la violence est un non de résistance. En définitive, la non-violence n’est pas tant le refus de la violence que la lutte contre la violence.

Un texte très intéressant qui resitue par ailleurs l’engagement non-violent de Gandhi dans une logique d’efficacité politique plus que de doctrine morale. En cela, il n’est pas sans faire penser au message du pape François pour la prochaine journée mondiale de la paix, exhortant à une politique de la non-violence. C’est ici l’occasion de le rappeler : cette non-violence n’a pas qu’une « simple » valeur morale, qui plus est à promouvoir uniquement en situation de conflit. Elle est en effet toute relative, et ne saurait être réduite au fait de discréditer ou faire taire ses opposants, sur un registre de supériorité morale, de trier entre les bons et les méchants. La non-violence est d’abord garante d’une véritable efficacité de l’engagement politique.

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Réacs, socialos ou juste cathos ?

indexL’engouement subi par une partie de la presse de gauche pour les catholiques ne plaît pas à tout le monde, notamment quand il confine à mettre ceux qui suivent les pas du Christ dans des petites boites ou faire croire qu’il n’existe qu’un vote catholique.

Dominique Quinio dans les colonnes de la Tribune des Semaines Sociales de France s’étonne ainsi que l’on veuille expliquer le succès de François Fillon aux primaires par un « retour du vieux vote réac’ catholique en France ». Non, les catholiques ne sont pas nécessairement réactionnaires parce qu’ils se posent des questions sur le mariage pour tous et oui, le vote catholique est multiple. Et l’Eglise s’emploie à faire vivre le débat en son sein.

Des évêques et des communautés ont décidé de relever le défi [que l’Eglise catholique devienne le lieu privilégié de la confrontation des positions] dans de nombreux diocèses tout au long de la campagne.  […] Manière de prendre la politique au sérieux et de ne pas la réduire aux analyses à l’emporte-pièce. Manière de respecter la diversité des électeurs catholiques, sans renoncer à rechercher, dans notre société divisée,  le bien de tous.

Dans son sillage, René Poujol, de sensibilité plutôt à gauche, s’insurge contre l’enfermement des catholiques par les médias dans le débat sur le mariage pour tous.

Euréka ! Etre de gauche pour un catho, c’est ça : adhérer sans réserve au mariage pour tous. Et par conséquence nourrir son blues du sentiment que l’épiscopat, ouvertement ou par son silence, a pris fait et cause pour les anti mariages gay. Là encore : bonjour la subtilité !

Au-delà, il regrette amèrement qu’une sensibilité catholique soit progressivement exclue des partis de gauche, le PS notamment. On ne peut que le regretter avec lui mais voilà au moins deux illustrations du fait que les catholiques savent rester libres !

 

Pas de candidature des Poissons Roses à la primaire de gauche

Poissons RosesDans La Croix :

Les Poissons roses ne porteront finalement pas de candidature à la primaire « citoyenne » organisée par le Parti socialiste. Leur candidat, Régis Passerieux, ancien cadre du PS et ancien maire d’Agde (Hérault), n’a pas réuni les parrainages nécessaires avant la date limite de dépôt des candidatures, jeudi 15 décembre.

Dans un communiqué diffusé jeudi, les Poissons roses assurent d’ailleurs que sa candidature « a reçu le plus souvent un accueil personnel favorable » lors des rencontres avec les parlementaires. « Retisser les liens partout, fonder une nouvelle économie du partage et de la connaissance, poser des limites à la démesure des désirs des consommateurs, notre message n’a pas laissé indifférent », assure le même texte.

« Nous n’avons plus de place au PS, il faut le dire. Notre vision spirituelle et personnaliste est rejetée par la direction du PS », déplore Philippe de Roux, le porte-parole du courant chrétien, soulignant que les Poissons roses n’ont même pas été reçus par le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

Pour Philippe de Roux, « cette fermeture est suicidaire pour la gauche ». « Nous représentons beaucoup de monde, en particulier dans tous les réseaux de l’action sociale, prévient le porte-parole. Mais aussi un pont avec les musulmans qui ont déserté le PS, principalement en raison des options sociétales. »

« Une grande recomposition est inévitable à gauche », veut croire le porte-parole des Poissons roses après ce désaveu.

Les chrétiens n’ont pas à se brider dans le débat politique

2012-01-12_0003_-_pierre-louis_lensel_bd2-e8a6bEn cette période propice à la réflexion ou à l’effroi devant la survie imprévue des catholiques, le Père Matthieu Rougé revient sur le colloque de l’Observatoire foi et culture qui s’est penché sur le thème : dignité et vocation chrétienne en politique. On peut notamment retenir de l’entretien donné à Paris Notre-Dame cette articulation :

Les catholiques, grâce à la foi, à l’espérance et à la charité qui les habitent ont, plus que tous, à se mettre avec confiance et sérieux au service de la dignité humaine et du bien commun. Il ne s’agit pas pour eux de brandir leur foi comme un étendard mais de faire partager aussi largement que possible les positions éthiques que leur raison peut forger en se laissant illuminer de l’intérieur par la foi.