Revue de presse : Musique, journée du pauvre, pédophilie, sciences, évangélisation…

On commence en musique aujourd’hui, pour la journée des pauvres, je vous propose d’entendre l’hymne Fratello qui a servi pour la première rencontre mondiale des pauvres en 2016, à Rome, place St Pierre. Ce dimanche aura lieu la 2ème édition de cette journée voulue par le pape François, dont je vous invite à découvrir le message intitulé : « un pauvre crie, le Seigneur entend ». C’est sur le site du Vatican, et on y lit ces mots si justes : « Le fait d’être pauvre ne peut se résumer en un seul mot : c’est un cri qui traverse les cieux et rejoint Dieu. Qu’exprime le cri du pauvre, sinon la souffrance et la solitude, sa déception et son espérance ? Nous pouvons nous demander : comment se fait-il que ce cri qui monte jusqu’à Dieu ne parvient pas à nos oreilles et nous laisse indifférents et impassibles ? Au cours d’une telle Journée, nous sommes appelés à un sérieux examen de conscience pour saisir si nous sommes réellement capables d’écouter les pauvres. » Lire la suite

Revue de Presse : Asia bibi, pédophilie, 11 Novembre, sujets ethiques et Jésus…

Une bonne nouvelle pour commencer, Asia bibi est libre… L’annonce est tombée hier dans l’après-midi. Et a été reprise par de nombreux médias, y compris des médias non-chrétiens (il y a même un article dans le Républicain Lorrain d’aujourd’hui !) Sur les réseaux sociaux, son nom apparait dans différentes langues. Selon l’AFP, après sa libération, elle serait partie en avion pour une destination inconnue, un « endroit sûr » pour reprendre les termes de l’article d’Aleteia de ce matin. Car comme le dit La Vie, « Pour Asia Bibi le cauchemar continue ». Même si l’article daté de mardi, ne parle pas de sa libération, on y découvre les risques qui pèsent désormais sur sa vie et sur celle de sa famille. « Nos vies sont en danger. Lire la suite

« Nous voulons changer l’Église pour rendre plus visible sa beauté ! »

Une parole forte des Scouts de France sur les abus sexuels, de pouvoir et de conscience dans l’Eglise

Il n’est plus aujourd’hui le temps de la repentance, plus seulement le temps indispensable de la prière. Le pape François a envoyé un courrier inédit à l’ensemble des catholiques du monde, un appel à l’aide dont on peine encore à percevoir l’envergure, comme n’avait pas été comprise à sa juste valeur sa charge contre les « quinze maladies de la Curie » il y a quatre ans. Nous souhaitons prendre toute notre place dans cette conversion […]. Si nous ne nous engageons pas « dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin », alors tous les efforts pour lutter contre la pédocriminalité seront vains. Nous n’éradiquerons pas le Mal, mais nous pouvons changer la culture qui le favorise.

Bien loin d’opposer clercs et laïcs, le cléricalisme menace chaque catholique. « La masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes », écrivait Bernanos. Sommes-nous cette « masse » ou suivons-nous le Christ ? « J’avais faim et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez accueilli ; j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous m’avez visité ; j’étais en prison et vous êtes venus jusqu’à moi. » Chacun peut discerner sur cette question ; mais collectivement, nous voulons changer l’Église pour rendre plus visible sa beauté. Nous voulons rentrer en résistance contre le repli identitaire, contre toute forme d’arrogance. Nous savons l’immense trésor de la foi reçue de l’Église, que nous voulons passer après nous avec le témoignage de ces chrétiens nombreux et anonymes qui donnent une part de leur vie.

Au sujet de la crise dans l’Eglise…

Chez Radio Vatican :

Le Pape François, après avoir consulté le Conseil des cardinaux, a décidé de convoquer une réunion avec des présidents des conférences épiscopales de l’Église catholique sur le thème de la protection des mineurs. La réunion avec le Pape se tiendra du 21 au 24 février 2019.

 

Message de la Conférence des Evêques de France :

La crise que traverse l’Eglise catholique aujourd’hui, le profond désarroi dans lequel sont plongés beaucoup de fidèles et de clercs sont une invitation à travailler à la juste place de chacun. A la suite de l’appel du Pape maintes fois exprimé, nous invitons à travailler cette question de l’autorité partout où elle se pose dans l’Eglise. C’est ensemble – dans un souci de communion véritable – qu’il nous faut veiller à ce que tous exercent pleinement leur responsabilité.

Dans ces épreuves qui nous atteignent, nous évêques, avec force et humilité nous en appelons à la foi des uns et des autres. C’est le Christ qui est notre Roc. Il nous a promis qu’il ne nous ferait jamais défaut. Nous vous lançons cet appel : « Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous ».

 

Différents textes des évêques de France à retrouver sur cette page.

Lettre du Pape François au peuple de Dieu

« Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26). Le Pape François a rendu publique aujourd’hui une lettre adressée à l’ensemble du peuple de Dieu, en sept langues. Il y appelle tous les baptisés à mettre fin au cléricalisme et à toute forme de corruption spirituelle, sources des abus sexuels, de pouvoir et de conscience, qui ont fait et continuent de faire autant de mal. Il y exprime aussi la honte et la douleur qu’il ressent, après la récente publication du rapport sur les cas d’abus sexuels en Pennsylvanie.

C’est un texte qui nous convoque tous à une solidarité et une compassion effective avec les victimes, en particulier par la pénitence et le jeûne. Le texte est à lire en français ici.

L’indispensable transparence pour soigner, pour grandir

Lu dans le journal La Croix : « À l’initiative de la Conférence des religieux et religieuses de France, 120 supérieurs de communauté réunis à Paris ont entendu le témoignage de trois victimes d’abus sexuels, lundi 11 juin. (…)

Devant les religieux et religieuses, les victimes ont « partagé leur douloureuse histoire, leur rapport à l’Église et à la foi et l’impérieuse nécessité d’écouter les victimes “les yeux dans les yeux” », relate un communiqué de la Corref. Elles ont aussi « insisté sur la confiance bafouée par les abus subis et par les silences de nos institutions et ont demandé que nous entrions tous dans un travail de vérité ».

Dans son discours très fort en ouverture de cette journée, sœur Véronique Margron, dominicaine et présidente de la Corref, a estimé que la « transparence » était « indispensable » sur le sujet, reconnaissant que « pendant des décennies », elle n’avait « pas été le critère d’action de l’Église ». « Nous avons maintenant l’obligation de veiller à tenir un langage de vérité et à renoncer à toute langue de bois comme à ce que les sociologues nomment la “culture de docilité” dans l’Église catholique », a-t-elle poursuivi. »

Et cette écoute, cette réaction, ce désir d’avancer en vérité et en charité ne sont-ils pas signes d’espérance et de confiance ?

Dans le même dossier, on peut lire aussi l’interview de Sr Véronique Margron sur les jeunes religieuses face à ce sujet.

« Et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32)

« Des victimes d’actes de pédophilie au sein de l’Eglise seront reçues lors de la prochaine assemblée plénière des évêques de France à Lourdes, en novembre, a indiqué mardi soir l’épiscopat. » annonce Le Figaro

L’hebdomadaire La Vie signalait déjà cette information et intéressante  lors d’une rencontre inédite organisée entre Mgr Crépy, évêque du Puy-en-Velay et en charge de la lutte contre la pédophilie et le cofondateur d’une association de victimes. 

Source de la photo : La Vie

Au Chili : des vagues et un double tournant pour l’Eglise entière

La démission de l’épiscopat chilien n’en finit pas de faire des vagues. Marie-Lucile Kubacki revient sur cette affaire en cherchant à décrypter tous les enjeux de ce qu’elle appelle un « double tournant » : un article à lire dans La Vie !

Un extrait : « Avec lucidité, le pape y écrit que le renvoi des évêques dont la responsabilité a été établie est nécessaire mais « insuffisante ». Il fait notamment le lien entre l’abus de pouvoir et les abus sexuels, affirmant qu’à l’origine du scandale, il y a la tentation de l’institution de se croire meilleure que les autres : « Cette psychologie élitiste, écrit-il, finit par générer des dynamiques de division, de séparation, de “cercles fermés” qui conduisent à des spiritualités narcissiques et autoritaires où, au lieu d’évangéliser, l’important est de se sentir spécial, différent des autres, comme si ni Jésus Christ ni les autres ne comptaient vraiment. » Il ajoute : « Le messianisme, l’élitisme, le cléricalisme sont tous synonymes de perversion dans l’être ecclésial. » Cela signifie que, désormais, la désignation de responsables et de coupables ne suffit plus. C’est à tout un système qu’il s’agit de mettre fin. »

 

Démission des évêques du #Chili

Les évêques du Chili ont annoncé, vendredi 18 mai à Rome, qu’ils remettaient tous leurs démissions au pape François afin que celui-ci puisse librement disposer d’eux après leur gestion catastrophique des abus sexuels dans leurs pays. C’est « un geste collégial et solidaire pour assumer – non sans douleur – les graves faits advenus et pour que le Saint Père puisse, librement, disposer de nous tous ».

Lire l’article de La Croix

Nouveau classement sans suite pour le cardinal Barbarin

Le diocèse de Lyon a pris officiellement connaissance du classement sans suite rendu le 11 décembre 2016 par le procureur de la République de Lyon au bénéfice du cardinal Philippe Barbarin, « l’enquête n’ayant démontré aucune infraction pénale à l’encontre de l’intéressé  ».

Cette enquête avait été ouverte après la plainte déposée le 14 février 2016, à l’encontre du cardinal par une personne présentée dans la presse comme un « haut responsable du Ministère de l’Intérieur » pour non dénonciation d’agressions sexuelles et pour non-assistance à personne en danger en marge des faits reprochés à l’abbé Jérôme Billioud en 1990 et 1993.

Le parquet de Lyon a estimé qu’il n’y avait pas d’infraction parce que le plaignant avait 17 et 20 ans au moment des faits, et parce que le cardinal Barbarin qui l’a rencontré seulement en 2009, a conseillé à cet homme, devenu majeur, de déposer plainte, ce que l’intéressé a fait. Lire la suite

Pédophilie et récidive : retour par Alain Christnacht

Alain Christnacht, président de la commission d’expertise sur la pédophilie créée par l’Eglise catholique l’an dernier, livre une interview éclairante au Figaro. Il souligne les nouveaux enjeux, évoquant une troisième période : à une période de mutisme a succédé une période durant laquelle il a été demandé aux évêques de dénoncer les prêtres concernés, ce qu’ils ont fait. Une nouvelle période s’est ouverte : celle de la gestion des prêtres ayant été condamnés et ayant effectué leur peine. La commission évalue les risques de récidive, qu’il semble que plusieurs évêques prennent insuffisamment en compte : « beaucoup d’évêques n’ont pas pris conscience que le fait de la sanction pénale – ou l’absence de sanction pénale – ne réglait rien du problème de fond ».Lire la suite

Les évêques ont du pain sur la planche

Réunis à Lourdes à partir d’aujourd’hui, du 28 au 31 mars, les évêques vont avoir du pain sur la planche. Principaux sujets à l’ordre du jour : la pédophilie, l’approche des éléctions présidentielles et la diversité des catholiques français (avec une intervention du philosophe Pierre Manent). A noter que, d’après La Croix,

À la clôture de leur Assemblée, vendredi 31 mars, ils publieront un texte intitulé Pour de nouveaux modes de vie, l’appel de Laudato’si.

Droit de suite, sur la pédophilie

Que faire, au-delà de constater le désastre ?  L’entretien du Père Stéphane Joulain avec La Croix donne certaines pistes.

Si ce n’est pas l’essentiel, il relève d’ailleurs le caractère aussi erroné sur les principes que sur la pratique de la volonté qu’ont pu avoir certains de protéger la réputation de l’Eglise : « Si les gens avaient pu pardonner les crimes des abuseurs, ils ne pardonnent pas, en revanche, le fait que des évêques les aient camouflés ».Lire la suite

Pédophilie : ce qui a été fait, et ce qui reste à faire

Il est probablement illusoire d’attendre de l’ensemble des medias qu’ils fassent profession d’informer mais il reste apparemment possible de faire un état des lieux sérieux de ce que l’Eglise a fait par le passé et de ce qui lui reste à accomplir, comme le propose La Croix sous la plume de Céline Hoyeau.

On y constatera que l’Eglise en France n’est pas restée les bras croisés depuis 2000, et a pu prendre ce problème en considération sans tarder, même si des défaillances, des lenteurs et des décisions peu compréhensibles ont persisté.Lire la suite

Quand l’Eglise dénonce les méthodes de Cash Investigation

Depuis plusieurs semaines, il se savait que Cash Investigation travaillait sur la question de la pédophilie (de la pédophilie dans l’Eglise, les autres contextes n’étant pas manifestement pas dignes d’intérêt). Il semble que, arrivant alors que la « bataille » est passée, Elise Lucet se soit employée à donner une tournure scandaleuse et conflictuelle à des échanges  qui ne l’étaient pas pour justifier son émission, n’hésitant pas à interpeller des personnes absentes pour simuler un refus de l’échange, et à se mettre en scène dans des saynètes qui empruntent davantage à la comédie qu’au travail journalistique. Lire la suite

Pédophilie : une lettre de l’évêque d’Angers

AngersAngers, le 1er février 2017

« Comme vous le savez peut-être, j’ai reçu des témoignages de jeunes adultes qui m’ont confié avoir subis dans leur enfance des comportements inappropriés de la part d’un ancien aumônier, l’abbé Houard, aujourd’hui décédé. Ce sont des agissements graves et profondément destructeurs. Ils demandent un long chemin de guérison. Le fait que ces jeunes aient pu en parler et se confier participe à ce travail essentiel de reconstruction. Il est courageux de leur part qu’ils aient pu s’en ouvrir à moi.

Ce prêtre est aujourd’hui décédé. Il ne s’agit donc pas d’ouvrir une action en justice.

Il s’agit pour moi, d’exprimer simplement ma disponibilité auprès de toute personne qui aurait eu à subir de tels agissements de la part de ce prêtre, espérant ainsi contribuer à les aider dans l’avenir qui s’ouvre devant elles.

Je vous demande, vous aussi de faire preuve de disponibilité, en accueillant le cas échéant, toute personne qui souhaiterait se confier sur ce sujet, et de m’en informer. Je vous demande de témoigner une attention toute particulière aux proches et aux familles de ces personnes victimes de ces actes.

Je vous rappelle l’existence de notre cellule d’accueil et d’écoute des victimes, elle est joignable à l’adresse suivante : paroledevictimespaysdeloire@gmail.com

Je vous demande enfin de porter dans votre prière la souffrance de ces personnes ».

évêque d’Angers

Le Pape préface le livre d’une victime d’abus sexuels

Le Pape réaffirme le principe de la "tolérance zéro" pour les prêtres coupables d'abus sexuels« C’est une épreuve pour la victime d’un pédophile de prendre la parole et de raconter ce qu’elle a enduré, de décrire les traumatismes qui persistent encore des années après. C’est pourquoi le témoignage de Daniel Pittet est nécessaire, précieux et courageux. […]

Comment un prêtre, ordonné au service du Christ et de son Église, peut-il en arriver à causer autant de malheur ? Comment, alors qu’il est consacré pour amener un enfant à Dieu, peut-il le dévorer dans ce que j’ai appelé un «sacrifice diabolique » qui détruit tout à la fois sa proie et la vie de l’Église ? Certaines victimes sont allées jusqu’au suicide. Ces morts pèsent sur mon cœur et sur ma conscience, et sur celle de toute l’Église. À leurs familles j’offre mes sentiments d’amour et de douleur, et, humblement, je demande pardon.

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Lutter contre la pédophilie

Lutter contre la pédophilieLutter contre la pédophilie, c’est le titre d’un guide de la Conférence des Evêques de France, dont la 3e édition sort en librairie le 27 janvier.

La promotion et la diffusion de cet ouvrage s’inscrivent dans les mesures prises pour faire de l’Église, un lieu sûr pour les enfants et les jeunes. Cet ouvrage permettra, dans les différents lieux d’Église, de former les acteurs de terrain à la vigilance et à la juste posture éducative. Il trouve sa traduction numérique sur le site luttercontrelapedophilie.catholique.fr.

La CEF a également publié les résultats d’une enquête sur les faits de pédohpilie qui ont touché l’Eglise :

  • Il y a aujourd’hui 9 clercs (prêtres et diacres diocésains ou religieux) emprisonnés en France pour des faits de violences sexuelles commises sur des mineurs sur un total d’environ 15 000 clercs présents.
  • 37 clercs ont exécuté leur peine et sont sortis de prison.
  • Par ailleurs 26 clercs font l’objet d’une mise en examen, soit moitié moins qu’en 2010.
  • Depuis 6 ans, 137 signalements de faits pédo-criminels ont été signalés aux Procureurs de la République par l’Église.
  • Enfin, 222 victimes se sont manifestées, parmi elles, certaines dévoilaient des faits anciens, ou très anciens, pour lesquels les auteurs pouvaient être morts, avaient fait l’objet de poursuites pour ces faits ou n’avaient fait l’objet d’aucune plainte. Plus de 60% des témoignages que nous avons recueillis concernent des faits survenus avant 1970 ; 35% des faits sont survenus entre 1970 et 2000 et 4% des agressions révélées se sont déroulées depuis les années 2000.

Prions pour ces victimes : que l’amour de Dieu les guérisse et les apaise.

Pour les acteurs de l’Eglise, évêques, prêtres, diacres, religieux et laïcs : qu’ils soient vigilants, attentifs et compatissants.

Pour les auteurs de ces actes : qu’ils reconnaissent le mal qu’ils ont fait, demandent pardon et se convertissent.

Le Pape réaffirme le principe de la « tolérance zéro » pour les prêtres coupables d’abus sexuels

Le Pape réaffirme le principe de la "tolérance zéro" pour les prêtres coupables d'abus sexuelsLe Pape renouvelle l’engagement de l’Église contre la pédophilie : dans une lettre adressée aux évêques du monde entier à l’occasion de la fête des Saints Innocents, le 28 décembre dernier, et rendue publique aujourd’hui, François rappelle la ligne de « tolérance zéro » que les responsables de l’Église catholique doivent assumer face aux cas d’abus sexuels. Extrait :

Écoutons les pleurs et les lamentations de ces enfants ; écoutons aussi les pleurs et les lamentations de notre mère l’Église, qui pleure non seulement devant la souffrance causée à ses enfants les plus petits, mais aussi parce qu’elle connaît le péché de certains de ses membres: la souffrance, l’histoire et la douleur des mineurs qui ont été abusés sexuellement par des prêtres. Péché qui nous fait honte. Des personnes qui avaient la responsabilité de prendre soin de ces enfants ont détruit leur dignité. Nous déplorons cela profondément, et nous demandons pardon. Nous nous unissons à la souffrance des victimes et, à notre tour, nous pleurons le péché. Le péché de tout ce qui est arrivé, le péché d’avoir omis de porter assistance, le péché de taire et de nier, le péché d’abus de pouvoir. L’Église aussi pleure avec amertume ce péché de ses fils, et elle demande pardon. Aujourd’hui, faisant mémoire des Saints Innocents, je veux que nous renouvelions tout notre engagement pour que ces atrocités ne se produisent plus parmi nous. Trouvons le courage indispensable pour promouvoir tous les moyens nécessaires et protéger, en toute chose, la vie de nos enfants pour que de tels crimes ne se répètent plus. Faisons nôtre, clairement et loyalement, la consigne « tolérance zéro » dans ce domaine.

L’intégralité du texte de la lettre sur Radio Vatican.

« Il nous faut sortir du trop long silence coupable de l’Eglise et de la société »

Aujourd’hui, les évêques de France réunis à Lourdes ont vécu une journée de prière pour les victimes d’actes pédophiles dans l’Eglise. La messe a été célébrée pour ces victimes, et pour demander pardon pour les fautes commises par les membres de l’Eglise. Voici l’homélie de Mgr Crépy :

 

Les paroles du Christ nous touchent tout particulièrement ce matin par leur actualité et par leur vérité : « il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute mais malheureux celui par qui cela arrive ! » (Lc 17, 1) Oui, il nous faut oser regarder en face les scandales du péché qui atteignent l’Eglise toute entière. Oui, il nous faut sortir du trop long silence coupable de l’Eglise et de la société et entendre les souffrances des victimes : les actes pédophiles, ces crimes si graves, brisent l’innocence et l’intégrité d’enfants et de jeunes. Oui, il nous faut oser prendre tous les moyens pour que la Maison Eglise devienne un lieu sûr. Oui, il nous faut comme le demande le Pape François, « demander pardon pour les péchés commis par les autorités ecclésiastiques qui ont couvert les auteurs d’abus et ignoré la souffrance des victimes ».
Quand il s’agit des plus fragiles, des plus faibles, des « petits », Jésus parle haut et fort. Ainsi les enfants sont la figure même des vrais disciples : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. » (Mc 10,14) D’où, dans l’évangile que nous venons d’entendre, cette condamnation si claire et si vigoureuse de ceux qui scandalisent et méprisent les petits : « Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite dans la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà. » (Lc 17, 2). Il n’y pas d’excuses ou de demi-mesures pour les actes commis sur un seul de ces petits ! Il y a cette condamnation sans appel du Christ face au scandale vis-à-vis d’un seul de ces petits. L’Evangile ne transige pas avec ce qui porte atteinte et méprise la dignité de tout homme, et plus encore quand il s’agit des plus faibles.

 

Seigneur, fais de ton Église
un lieu de vérité et de liberté,
de justice et de paix,
pour que l´humanité tout entière
renaisse à l´espérance

7 novembre : journée de jeûne et de prière…

… en soutien aux personnes victimes de pédophilie. Communiqué de Mgr Pascal Delannoy, Évêque de Saint-Denis-en-France :

Nous sommes tous marqués par les affaires de pédophilie qui atteignent notre Église. Nous pensons aux victimes qui ont été trompées par ceux qui étaient chargés de les guider. Nous pensons à leur souffrance qui est souvent restée enfouie durant des années avant de pouvoir s’exprimer.

Nous savons, qu’au regard des actes commis et d’une confiance trahie, leur chemin de reconstruction sera long et difficile. Nous pensons aussi, avec les mots de Benoît XVI, à ceux qui ont commis de tels actes : « La justice de Dieu exige que nous rendions compte de nos actions sans rien cacher. Reconnaissez ouvertement vos fautes, soumettez-vous aux exigences de la justice, mais ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu » (lettre aux catholiques d’Irlande du 19 mars 2010). Nous sommes également choqués et blessés lorsque les comportements odieux de quelques-uns sont utilisés pour susciter méfiance et rejet vis-à-vis de tous les prêtres (Cf. Journal La Croix du 24 octobre : « Pédophilie : les prêtres face à l’ère du soupçon »).

À la demande du pape François adressée à toute l’Église d’instituer une journée de prière et de pénitence pour les victimes d’abus sexuels commis sur des mineurs par des membres de l’Église, j’invite les catholiques de notre diocèse à s’associer, par la prière, lundi 7 novembre.

C’est toute l’Église qui demande pardon et qui exprime sa compassion.

En fin de matinée, lundi 7 novembre, les évêques de France réunis en session plénière assisteront à une messe, qui sera célébrée pour le pardon des péchés. Elle sera suivie d’un temps de jeûne et d’adoration. Cette journée s’achèvera par un temps de prière où ils confieront à Dieu la souffrance des victimes tout en lui demandant la grâce qu’elles puissent trouver le soutien nécessaire sur leur chemin de reconstruction.

Abus sexuels : exercer la prudence dans les relations pastorales

Pédophilie : le cardinal Vingt-Trois exhorte ses prêtres à la « prudence »

[…] Il demande à chacun de « faire un sérieux examen de conscience sur l’exercice de la prudence dans ses relations pastorales et personnelles ». « Compte tenu de l’évolution des mœurs, il importe de veiller à ne pas entrer dans une relation trop intime avec les jeunes et les familles » […]

Le cardinal Vingt-Trois informe également les prêtres de son diocèse de la célébration de prière et de pénitence pour les victimes d’abus sexuels qui aura lieu à Lourdes pendant la prochaine assemblée de la Conférence épiscopale en novembre.

Lire la suite sur La Croix.