Mais ça ne m’empêche pas de louer votre souci de justice…

Belle et spirituelle réponse de Mgr Bozo, évêque de Limoges, à la lettre ouverte d’Ivan Segré interpellant les évêques à propos de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes :

Puisque vous déclarez ne pas attendre notre réponse ‘pour observer que dans cette affaire, le Christ est avec les Zadistes, pas avec les blindés‘, je me permets quant à moi de ne pas attendre votre autorisation pour observer dans l’Évangile que le Christ n’est pas venu que pour les gentils : ‘Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs‘. Bref, je suis moins affirmatif que vous pour dire où est le Christ dans tout cela…

Voyage au centre de la Zad

Jacques a passé 22h à Notre-Dame-des-Landes, quelques jours après les affrontements. Son témoignage dans Limite :

Deux remarques avant de relater mon passage sur la ZAD : sympathisant de l’anarchisme, je suis  pourtant tout à fait non-violent, et même non-puissant. Je suis aussi convaincu que les modes de vies normaux en France aujourd’hui sont insoutenables. Mon opinion sur la ZAD est bien sûr nourrie, entre autres, de ce fond de convictions.

Les influences catholiques du mouvement du Larzac

Tiré tout droit des archives de l’Express, un article de 1977 fait le bilan du mouvement du Larzac, commencé en 1971. Tout en retraçant le lancement de ce mouvement de lutte contre l’extension d’un aéroport militaire, et pour la préservation des exploitations agricoles locales, l’article évoque l’influence de Lanza del Vasto et des mouvements catholiques :

Un seul manifestant jouera un rôle clef : le philosophe Lanza del Vasto, qui vient jeûner au Larzac quelques semaines. Les agriculteurs, souvent anciens militants de la Jac (Jeunesse agricole catholique), précisent, sous son influence, leur stratégie « non violente ».

Que dira-t-on demain des synergies entre catholiques et Notre-Dame-des-Landes ?

Système idéal ? Pas complètement, mais pourquoi pas tenter l’expérience…

« Dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, il n’y a pas de PV de stationnement, pas de contrôleur sanitaire, pas de distributeur Monsanto, pas d’huissier de justice, pas de contrôleur des vaccins. Personne ne viendra emmerder le paysan qui ne traite pas ses bêtes ou ses cultures à coup de produits chimiques, personne ne viendra mettre une amende à celui qui bâtit un abri à outils sans permis de construire ou qui vend ses haricots sans s’être déclaré en préfecture. Ici, nous sommes dans une zone libre, comme il n’en existe presque plus en France et peut-être même en Occident. Paradis sur terre ? Sûrement pas. Mais cela n’existe pas pour nos pommes, il faut s’y faire.

Système idéal ? Pas complètement, mais pourquoi pas tenter l’expérience ? »

Mayeul Jamin dans Limite

De la diversité des réactions :)

« Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au nord de Nantes. Il a également annoncé que les occupants de la Zad devraient être partis d’ici le printemps ».

Dans Ouest-France, petit florilège des réactions face à l’abandon d’un projet datant de 1965… la passion ne se niche pas toujours là où on l’attend !

« Peut-on vivre sans aéroport idéal ? Oui. Peut-on vivre sans eau ? Non. »

touchepaszonehumide« Peut-on vivre sans aéroport idéal ? Oui. Peut-on vivre sans eau ? Non. »
Non, ce n’est pas le discours d’un dangereux idéologue khmer vert mais la conclusion du l’argumentaire du rapporteur public devant la cour administrative d’appel de Nantes cet après-midi. La cour examinait cet après-midi les recours d’associations écologistes et d’opposants à la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Christine Piltant a estimé que la construction du nouvel aéroport entraînerait une dégradation des milieux aquatiques des environs et a donc demandé, au titre de la loi sur l’eau, l’annulation des arrêtés préfectoraux autorisant les travaux à Notre-Dame-des-Landes. L’annulation des arrêtés préfectoraux a également été demandée au titre de la loi sur les espèces protégées. Dans son argumentaire, le rapporteur public a jugé que l’agrandissement de l’aéroport actuel constituait une « alternative crédible » au projet de Notre-Dame-des-Landes.  Comme quoi, les lois de protection de l’environnement ne sont pas faites pour embêter le monde et les braves gens mais pour protéger le bien commun. Le décision de la cour est attendue lundi 14 novembre à 14h.